bouilleurs ambulants

Création du syndicat de défense de la distillation amateure et artisanale

Pour que vive la tradition de la distillation amateure et artisanale Brulaire-oc-Ill_fini.jpg

Tout le monde sait que la tradition française de l’eau-de-vie vient de la tradition des bouilleurs de cru. Ces paysans distillateurs sont connus pour avoir du lutter avec une administration toujours hostile depuis le commencement des taxations sur l’alcool (principe fondamental sur lequel on devrait réfléchir), qui entraine inévitablement la fraude.
La situation s’est tendue toujours plus jusqu’à ce que les derniers privilégiés ne représentent plus de réelle concurence pour l’industrie des spiritueux. L’administration a alors commencée à baisser sa garde et la destruction systématique des alambics a un peu diminuée. En 2003, les syndicats de bouilleurs de crus, fédérés par la FNSRPE ont obtenus une reconnaissance plus universelle et plus juste du droit de produire de l’alcool dans un but non-économique : c’est la nouvelle réglementation sur les bouilleurs de cru.

En même temps, la distillation artisanale (petites distilleries) a elle-aussi vécu une période difficile due a une politique active en matière de santé publique (lutte anti-alcoolique). Cette politique est responsable de la disparition d’une grande partie des petites distilleries mais n’a pas tellement nuit aux industriels des spiritueux (Ricard, ou les importateurs de whiskies &c…) et la consommation générale d'alcool en France n'a pas diminuée autant que la production artisanale.

On assiste aujourd’hui à une renaissance de la distillation artisanale (micro-distilleries), et à un léger retour du bouilleur de cru nouvelle manière (depuis la loi de 2003). Il y a donc un retour d’intérêts pour cette activité traditionnelle : la distillation à l’alambic.
Parallèlement, la loi régissant la distillation artisanale n’a pas évoluée depuis environ… un siècle (le Code Général des Impôts reste fondamentalement le même depuis le début du XX° siècle) ! Son action est maintenant progressivement remplacée par une législation européenne proposée par les lobbies adaptés à la taille de l’Europe : des industriels.
Ce manque de représentativité de notre passion - l’alambic amateur ou artisanal - est un vrai problème pour l’élaboration des lois qui régissent notre activité. C’est un vrai problème pour nous évidemment, mais aussi pour Bruxelles qui regrette de n’avoir pas d’autres interlocuteurs que l’industrie.

Nous sommes maintenant nombreux à ressentir le besoin d’un syndicat de défense de la distillation à l’alambic.
Les syndicats de défenses des Bouilleurs de Cru (FNSRPE) et de Bouilleurs Ambulants restent actifs et continuent leur travail propre, mais ne correspondent pas forcément à la nouvelle génération de micros-distillerie qui émerge depuis environ 10 ans.

Nous avons donc décidé de former un syndicat de défense des bouilleurs de cru et micro-distillateurs, un syndicat de défense de la distillation à l'alambic.

Une réunion de travail et festive de création de ce syndicat se tiendra à la distillerie d’Autignac (Hérault) dans les locaux de l’Atelier du Bouilleur le WE de Pentecôte les 20 et 21 Mai.

Cette première rencontre est ouverte à tous les distillateurs amateurs ou artisans.
L'ordre du jour sera : Création de la structure légale et organisation des groupes de travaux.
Le but de ce syndicat sera de créer une structure de communication avec l’administration (douanes, fraudes, Europe…), de fédérer les informations et les achats de matériel, de proposer des formations à la distillation, de participer à des activités culturelles (démonstrations &c…), et de nombreuses autres choses que l’on décidera ensemble ce we de Pentecôte à Autignac.

Martial Berthaud, le distillateur de l’Atelier du Bouilleur a fait une première lettre que je joins ici Cre ation du syndicat des distilleries artisanales et amateurscre-ation-du-syndicat-des-distilleries-artisanales-et-amateurs.pdf (101.11 Ko), je joins également ma lettre envoyé à tous ceux qui ont répondu au premier appel que nous avons fait pour lancer l’idée de ce syndicat 2 lettre2-lettre.pdf (34.04 Ko). Enfin, vous trouverez ici Horaires penteco te 2018horaires-penteco-te-2018.rtf (17.69 Ko) une grille d’horaires pour les activités de cette première rencontre.

Pour participer : lisez la lettre de Martial et l’emploi du temps proposé, puis contactez l’Atelier du Bouilleur pour vous inscrire et éventuellement réserver une chambre sur place.

Merci à tous !

PS. C’est gratuit, il y a une libre participation pour la nourriture et pour l’accueil (logement &c…). Il y aura bientôt une cotisation pour les participants, mais à l’entrée c’est gratuit…

PPS. Faites passer l’info. Merci !

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PPPS : Je donnerai une formation distillation alcool à la distillerie d'Autignac les 2 jours précédents cette rencontre (les vendredi 18 et samedi 19 Mai), renseignements ici : http://www.devenir-distillateur.com/agenda/distillation/distillation-spiritueux-et-autres-elixirs.html .

Les premières gouttes à Edelweiss Distillerie…

Les premières gouttes de notre nouvelle distillerie ! Matthieu distille au chalet

 

J’ai fondé Edelweiss Distillerie avec Florence Thieblot il y a 1 an lors de notre installation à Sarreyer (Valais). Nous avions pris contact avec la Régie Fédérale des Alcools (RFA) à Berne en Juillet 2017. Enfin, en Février 2018, nous avions toutes les autorisations pour démarrer.
Le délais pour notre installation a été assez long du fait que la RFA a été entre temps reprise par la douane, qui est une organisation internationale qui gère la production d’alcool dans la plupart des pays. Ce remplacement a été suscité pour des raisons d’économies, et il est probable que la douane réussisse ses promesses au moins au début de son administration puisque les bureaux de Bernes ont été vendus, l’alambic mobile de la RFA mis a disposition aux bouilleurs de cru aussi, et le budget formations des bouilleurs supprimé (rappelons que le livre de référence en matière de distillation moderne des fruits, par mm. Tanner et Brunner fut soutenu par la RFA, ainsi que les cours de distillations &c…).
Mais ne soyons pas trop pessimistes : le logiciel qui gère les déclarations de distillation, les transports d’alcools &c… et qui remplace les déclarations papiers élaboré par la douane fonctionne, et c’est une exception en Europe (pourvu que ça dure !).

Mais bref… Aujourd’hui, nous distillons les mirabelles de l’été dernier. Demain je ferai les repasses, puis quelques marcs, un peu de miel fermenté (pour la teinture de propolis), les macérations de gin, et enfin les pommes/génépi et pommes/verveine.
Il faudra alors attendre que les dernières neiges finissent de fondre pour pouvoir accéder au chalet autrement qu’en raquettes pour amener les barriques d’alcools que l’on a distillées au printemps dernier à Autignac, mon ancienne distillerie de l’Hérault aujourd’hui tenue par l’Atelier du Bouilleur (distillations de vins bio & natures pour faire notre absinthe).

Aujourd’hui, c’est un alambic à Bain-Marie de 100 litres qui tourne. C'est notre alcoollègue Etienne Jacques (Distillerie La Gouttière) qui nous l'a trouvé. Dès que le chemin sera accessible en voiture, nous amènerons notre 100 litres à feu nu, plus un petit appareil à essais, spécial spagyrie. Et puis ce sera assez pour cette année, et de toute façon, nous n’avons pas assez de bois pour travailler plus…

Quand-même, distiller au feu de bois en plein air et en face des montagnes enneigées du Valais, c’est un job assez agréable…

Brouilli de mirabelles

Florence distille au chalet

L’hiver est traditionnellement la saison du distillateur et c’est la plus tranquille pour nous. Avec l’arrivée du printemps, les cultures, les préparations de cosmétiques et produits de soins vont nous occuper. L’été enfin, est la saison de l’alchimiste solaire et j’y suis occupé avec les distillations et cuissons solaire pour mes pierres de vin, de miel, et autres préparations spagyriques. À l’automne, il faudra se dépêcher d’amener au chalet les matières premières, le bois &c… avant les premières neiges qui interdiront l’accès… Les douaniers n’oublieront pas leurs skis pour venir nous rendre visite (c’est déjà arrivé, ça aide à mettre une bonne ambiance !) et les villageois viendront chercher leurs bouteilles en raquettes…

Hum… Je me découvre un style quelque peu champêtre ce premier jour près de l’alambic…

PS. Je réalise que je retrouve ici, avec ce simple alambic de 100 chauffé au bois et installé en plein air les sensations que j’avais à mes tout débuts en 1998 à Jaugey (Côte d’Or). C’était une installation centenaire, les bouilleurs l’étaient aussi probablement… Le travail était assez dur mais pleins de sensations puissantes et douces : odeurs, sons, mouvements… Pas de bruits de moteurs, pas d’odeurs industrielles, juste des poules, des vaches, et des paysans dans la neige…

Matthieu à Jaugey 1998
 

J’ai perdu ces sensations plutôt féériques lorsque je me suis installé dans l’Hérault. J’ai du augmenter le parc d’alambics, j’ai du remplacer le bois par le gaz, mes clients parlaient produits, rendements, marché… Les douanes, heu… j’arrête là…

Matthieu


Florence thieblot et matthieu fre con

Edelweiss distillerie logo

Le renouveau de l'Eau Bénite

Le retour du culte originel de Saint Patrick !
Enfin une eau bénite (Whisky Beata en  gaélique, la langue du patron de la christianisation en Europe) qui a de l'esprit ! Bravo ! (Gilbert, c'est toi ?)

Jura. Dans l'église, l'eau-de-vie remplaçait l'eau bénite

  • L'église de Château-Chalon

    L'église de Château-Chalon | Christophe Finot (CC)

Ouest-France avec agence

L'eau bénite était remplacée par de l'alcool dans les bénitiers de l'église de Château-Chalon (Jura). Repéré par des touristes croyant y voir une tradition viticole locale, ce remplacement a surpris les habitants du village la semaine passée. Aujourd'hui, l'eau de vie a disparu mais les responsables de cette farce ne sont toujours pas connus.

C'est une blague de mauvais goût. L’eau des bénitiers de l’église Saint-Pierre, à Château-Chalon (Jura) a été remplacée par de l’eau-de-vie la semaine dernière raconte France Bleu Besançon. C’est la réaction des touristes qui a permis la découverte de l’insolite modification du contenu des bassins.

Les visiteurs se sont en effet renseignés auprès de l’office du tourisme de la commune pour en savoir plus sur la présence d’alcool dans les bénitiers, qu'ils prenaient pour une coutume locale lors des vendanges dans ce village viticole.

Les auteurs toujours inconnus

La mairie a rapidement été alertée et samedi, tout était rentré dans l’ordre. Les deux litres d’alcool utilisés par les auteurs de la manipulation ont à nouveau laissé place à de l’eau bénite. Une habitante du village s’est chargée de faire disparaître toute trace d’eau-de-vie dans l’église.

Les responsables de cette interprétation toute personnelle du changement de l’eau en alcool n’ont pas été identifiés. Mais Christian Vuillaume, le maire de Château-Chalon, a fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de porter plainte.
 

https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/jura-dans-l-eglise-l-eau-de-vie-remplacait-l-eau-benite-5230081
 

"Une blague de mauvais goût" ? Mais pourquoi de mauvais goût ? En tous cas, bravo et tous mes vœux de succès pour les messes à venir !
(et merci Julien pour l'info !)

Faire un joint

Savoir faire un joint

Excusez ce titre aguicheur sinon fumeux, il s'agit ici bien sûr de la manière de luter son alambic pour éviter que tout le monde profite des vapeurs perdues de la distillation…

Aux matériels modernes des solutions performantes que j'évitent autant que mon âge respectable me le permet mais aux anciennes marmites il y avait des solutions toutes simples que je vais vous décrire maintenant.

Ah, si, encore un instant que je vous parle d'un type de joint très pratique que vous trouverez souvent dans le matériel de bouilleur de cru et tous les alambics "Deroy" sont clôts avec ce système : le joint hydraulique. Joint hydrolique
Il s'agit de placer le chapiteau (autrement dit, le couvercle) dans une petite gouttière qui surmonte la marmite. On remplit d'eau, et la vapeur ne pourra plus sortir (sauf si le chauffeur s'endort et que le feu exagère…). Très pratique : le joint se remplit évidemment à chaque cuite, mais ne nécessite pas que le distillateur soit bricoleur, alors tout va bien.
Le principe est que la vapeur des alcools est inférieure à celle de l'eau du joint qui ne devrait pas bouillir, l'eau empêche donc la sortie des gaz. Ce type de joint n'est cependant pas pratique pour la distillation des plantes (hydro-distillation) puisque dans quand on distille des plantes pour les huiles essentielles ou les hydrolats, on monte la température jusqu'à faire bouillir l'eau qui entrainera les principes aromatiques des plantes (ce qui fera bouillir l'eau du joint…). C'est le même principe que le bulleur des fûts de fermentation qui permet aux gaz de s'échapper en empêchant l'air extérieur d'entrer pour contaminer le cru qui bout (le cru du bouilleur de cru pour les nouveaux)

Donc, autrefois, il existait deux façons de luter sa distilleuse : le joint à la farine et le joint à la cendre, et je vais vous expliquer comment les faire (beaucoup de mots pour des trucs hyper simples, mais pour faire un article, 3 lignes c'est pas assez…).

Le joint à la farine :
Si vous distillez dans votre cuisine, sur le gaz, le choix est vite fait : tapez dans la réserve de farine du placard. N'importe quelle farine de base fera l'affaire. Je la préfère bio par snobisme et pour éviter les pesticides dans les prés mais ça n'a pas d'importance.
Le truc, s'est de faire simple : on met un peu d'eau dans la farine, juste assez pour que ça colle bien. On ne touille pas trop sinon ça colle plus assez. On ferme la bête et on applique la pâte.
S'il reste des fuites, on en remet un peu plus et on sera quitte à nettoyer un peu plus…
Si vous avez un système qui joint bien et que vous ne craignez pas de vous brûler, alors fermez, allumez, et attendez de voir où ça fuit. Là où ça fuira, vous pourrez mettre de farine sèche (la vapeur se chargera de transformer la poudre en pâte). voilà, c'est tout.
Les avantages : la farine, il y en à dans toutes les cuisines, sauf peut-être aux états-unis (mais eux ils ont le chewing-gum !). Les débris, poussières &c… ne pollueront pas vos précieux breuvages…
L'inconvénient : il faut de la farine et il faut aussi se laver les mains après.
Ce type de joint se pratiquait plutôt dans le sud de la France, et plutôt chez les distillateurs de plantes aromatiques (qui sont, ça tombe bien, plutôt dans le sud de la France). Arnaud de Villeneuve, le doyen des alchimistes français et catalans (XIII° siècle) décrit un procédé similaire à base de farine et de blanc d'œuf (mais je crois qu'en fait il faisait faire sa pâte à joint par le pizzaiolo de la rue du Campnau qui était alsacien et qui ajoutait des œufs à sa pâtes (et, contrairement à ce que l'on lit chez les alchimistes, c'est lui qui a tout appris de la distillation du schnaps au petit Arnaud).

Le joint à la cendre :
Si vous distillez dehors et chauffez au bois, alors vous choisirez le joint à la cendre. C'est très pratique : on chauffe pour distiller, et en plus de la goutte, bonus, on a de la cendre !
Il faut tamiser la cendre pour lui enlever les clous et les bouts de charbons. Une simple passoire de cuisine fera très bien l'affaire. Ensuite, on ajoute de l'eau jusqu'à obtenir une consistance de plâtre, et on applique là où ça va fuir… La chaleur va faire sécher la pâte.
Quand tout est terminé, on casse le lute avec une petite lame ou un bout de bois, on récupère ce qu'on peut de cendre qui servira à la prochaine cuite…
L'avantage, s'est que s'est plus agréable d'avoir ce ciment de cendre sur les paluches que de se mettre de la farine partout. C'est aussi que la cendre, si l'on chauffe au bois (je vous le recommande), c'est gratuit et on n'en manque jamais. L'inconvénient, c'est que quand on l'enlève, ça met de la poussière partout (et si ça tombe dans la goutte, ça augmente, un peu, son PH et diminue son goût en conséquence).
On trouve des alambics luté à la cendre dans le nord de la France, et dans les pays alentours. Il est plus répandu que le précédent et c'est mon préféré.

PS. Je n'ai pas parlé des joint en caoutchouc ou en silicone parce que ce sont des systèmes trop compliqués à changer pour un distillateur qui sait à peine réparer la chambre à air de son vélo (c'est de moi qu'il s'agit). Pour ceux-là, si vous devez changer un vieux joint de ce type, ou un très vieux en amiante, débrouillez-vous pour trouver une solution…

Une prochaine fois, on verra d'autres tuyaux…

PS. Dans quelques jours, j'ajouterai des photos, ça fera plus moderne…

Une nouvelle distillerie à Uzès

Quentin martial a autignac

Quentin Le Cléac'h (à gauche) et Martial Berthaud (à droite) à Autignac en 2014

Un revenant dans le monde l'esprit (de vin…), Quentin Le Cléac'h vient de remonter une distillerie spiritueux à Uzès (Gard) !
Quentin avait d'abord repris ma distillerie à Autignac avec Martial Berthaud, lequel distille toujours, voyez plutôt : https://www.atelier-du-bouilleur.fr/fr/, puis il monte maintenant son unité dans le Gard.

En attendant d'en savoir plus sur ses projets pour vous les annoncer ici, voici ses coordonnées : q.lecleach@gmail.com , Bouilleurs, préparez vos tonneaux !

A la santé de cette nouvelle nouvelle distillerie ! (nouvelle nouvelle parce que qu'il y en a pas mal de nouvelles qui se montent ces-temps-ci ! :-) )


PS.
Tiens, d'ailleurs, dans la région, il y a un autre nouveau nouveau qui vient de me faire signe : c'est Olivier Luspin dans l'Aveyron : La muse du Verger (production/prestation de service) A St. Beauzely (12620). 06 09 59 91 36.
Longue vie à l'eau-de-vie !

Un film à l'Atelier d'Autignac…

Une vidéo filmée à la distillerie d'Autignac en 2010.

 

Video autignacois 2010

 

Merci à "Autignacois" pour la prise de vue et le montage !

Lien direct : https://www.youtube.com/watch?v=2IX2xDx_73Q

L'Alambic est arrivé !

Le premier alambic de Edelweiss Distillerie, en Valais…

…Est arrivé hier !
C'est notre ami Etienne Jacques (Distillerie de la Gouttière) qui nous l'a vendu. C'est un joli échange puisque j'ai aidé Etienne à démarrer la distillation des alcools, et il nous a donné les bases de la brasserie (du coup, on va aussi brasser).
Nouvel alambic a edelweiss distillerie est arrive 7 7 17

Un alambic à Bain-Marie distillera nos spiritueux et les élixirs, et servira aux bouilleurs familiaux de la région qui nous confieront leur cru (La Suisse connait comme la France les bouilleurs de cru. Ils font ordinairement distiller leurs tonneaux par un distillateur, ou distillent eux-mêmes dans le cadre d'une installation collective comme les alambics communaux de l'est de la France).
Nous avons aussi racheté à l'Atelier du Bouilleur un second appareil du même type que je ramènerai de l'Hérault bientôt. Autre bel échange puisque l'Atelier du Bouilleur m'a succédé à la distillerie d'Autignac.

 

Pour nous faire distiller votre cru, vin, fruits &c… Prenez contact avec nous : les alambics seront opérationnels à la fin de l'été !
 

Hier également, le nombre de visiteurs de ce site à dépassé le million. C'est n'est pas extrêmement important, mais ça montre l'intérêt de la distillation amateurs et artisanale… J'ai démarré ce site en 2009 après la première édition de L'ALAMBIC, l'Art de la Distillation (que je vend toujours, n'attendez pas Noël pour vous l'offrir !).

Edelweiss distillerie logo 1

 

Edelweiss Distillerie (Suisse)

Distiller au pays de l'Etoile d'Argent
                                                                                   Edelweiss distillerie logo

Et bien voila, cette semaine je vais chercher un nouvel alambic pour une nouvelle distillerie…
Mes amis savent que j'ai arrêté la distillation des spiritueux en 2014 pour refiler la patate chaude à mes amis Quentin Le Cléac'h et Martial Berthaud qui ont fondé l'Atelier du Bouilleur à Autignac, et bientôt une autre structure dans la région dont je vous donnerai des nouvelles dès que Quentin avance sur son projet.

Pour éviter le blues du bouilleur, j'avais quand-même gardé un petit alambic de 50 litres pour distiller mes roses (j'ai donc changé de statut : je ne suis plus distillateur de spiritueux, distillateur de PPAM -Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales- seulement, ce qui est beaucoup plus léger au niveau administratif)… Deroy 50 litres
Petite parenthèse, j'avais acheté cet alambic à un syndicat de bouilleurs de cru d'un hameau de Moselle. ((photo simplex Deroy 1898))  Avec ce Simplex Deroy de 50 litres à feu nu et à repasse, tous les bouilleurs du coin venaient distiller leurs mirabelles (petite marmite, pour une production… au moins importante).

Et puis durant l'été 2016, j'ai traversé les Alpes pour m'installer avec  Florence Thiéblot dans le rôle de la Fée Verte au pays de l'Absinthe (oui, oui, je sais, mais je reviendrai sur ce sujet controversé…) et de l'Étoile d'Argent pour fonder la distillerie Edelweiss (Edelweiss Distillerie SARL).
Rose, Absinthe, Edelweiss… 3 belles plantes…

La Suisse est le pays qui a vu naitre Paracelse, et les médecines naturelles issues de l'alchimie et de la spagyrie (la spagyrie est une médecine crée par Paracelse au XVI° siècle) et les Helvètes sont plus familiers que les français avec les vertus des plantes, et avec les médecines naturelles et l'auto-médication. Je vais donc pouvoir réunir mes deux passions que sont la distillation des spiritueux et la fabrication d'élixirs alchimiques et je compte bien distiller des élixirs qui, à l'instar des moines du Moyen-Âge, serviront à se faire plaisir entre amis tout en entretenant sa santé.
Ainsi, nous allons tenter de produire des spiritueux, des élixirs spagyriques (mais très bons à boire !), et aussi, des cosmétiques et autres préparations de la ferme.

Distillation des alcools :
La distillerie, et presque tout le Valais, est entourée d'Absinthe valaisanne (Arthemisia Vallesiaca) sauvage. Il s'agit d'une sous-espèce locale de Grande Absinthe (Arthemisia Absinthium) aux arômes extraordinaires et qui est à l'Arthemisia Absinthium ce que cette dernière est à la laitue (dont le distillat, d'après Dorvaux, ne manque pas de vertus médicinales, reconnaissons-le…).
Programme Fée Verte du Valais en cours donc, des vertes, des bleues, et des blanches à la suisse… Je vous en reparlerai.
On fera aussi d'autres eaux-de-vie, de vins, de fruits, des macérations à-la-valaisanne (les bouilleurs suisses ont leurs petits trucs que je découvre petit-à-petit), de la gentiane, du génépi…
On fera aussi de la prestation de service pour les bouilleurs familiaux &c… (contactez-nous !)
On commence les distillations avec un vigneron Bio Déméter du Valais courant Juillet.

Et la loi…
Quelle est la différence entre les législations française et suisse ?
La législation en Suisse est plus stricte qu'en France, les droits d'accises y sont plus élevés, les mesures (et les horaires… non, je plaisante !) sont quelques peu plus précises &c…
Il y a quand-même une chose positive dans ce pays sans président, c'est que quand vous téléphonez à l'administration, votre interlocuteur décroche, et quand vous lui posez une question, il y répond, ou s'efforce d'y répondre…
C'est là toute la différence qui fait que distiller (ou faire n'importe quoi d'autre) devient possible et agréable ici alors que la même situation en France tourne rapidement au cauchemar…
Je reviendrai sur cette question épineuse de l'administration française, ou européenne maintenant, en matière de distillation artisanale…

Les élixirs
                      
Labo de vacances d e te Cuisson solaire de lies de vin
Avec l'été, en dehors des cueillettes et récoltes, c'est le moment de distiller et de calciner avec le soleil. Je prépare les élixirs solaires de vin et de miel, et les pierres d'absinthe, de vin, et de roses.
Ces élixirs seront commercialisés dans le cadre de la règlement des spiritueux, ainsi qu'il est possible en Suisse (comme les élixirs floraux de Bach).

Les cosmétiques
En Suisse, il est assez facile d'avoir un laboratoire pour fabriquer artisanalement des cosmétiques, des huiles de plantes, des savons, des crèmes et baumes… Une petite influence de la philosophie et des techniques spagyriques se fait évidemment sentir dans nos procédés.

Il est prévu de faire des stages. Stages distillation, spagyrie, cosmétiques (Demandez le ptrogramme !).

Je voulais juste vous présenter "Edelweiss Distillerie" sise à Sarreyer, altitude 1300 m. au pied du Mont-Fort, emprès des pistes de Verbier.

On reparlera bientôt de cette façon de concevoir la distillation : Faire conjointement des spiritueux pour la table et les amis, ainsi que des élixirs pour la santé, et des petits flacons pour la beauté…
Mais pour l'heure, je dois vous laisser pour aller désherber la plantation d'aromatiques…

PS. Ah, j'oubliais : Distillation à repasse et chauffage au bois, label Bio Suisse… Cela va sans dire…

Edelweiss Distillerie, Batterie des mayens 129, 1948 Sarreyer, Suisse

Edelweiss distillerie logo 1

 

Avec modération la prudence svp !

Modération
(scions, scions, scions du bois, pour le père, pour le père…)

J'ai aujourd'hui reçu la question suivante. Ma réponse suit…

Bonjour,
Je viens de retrouver, dans une cave, quelques bouteilles d'eau de vie de marc, distillée par mon grand-père, vraisemblablement dans les années 1950.
Par sécurité, j'ai fait faire un dosage de méthanol par un laboratoire d'analyse œnologique. Le résultat est de 3197,7 mg/l.
Selon vous, ce résultat rend-il ce marc impropre à une consommation modérée.
Merci d'avance des informations que vous pourrez me donner.
Cordialement

J.L.

Bonjour J.L.,
Comment était votre grand-père ? n'a t'il pas bu sans doute moins modérément que vous cette gnôle en guise de viatique ? Pourquoi voulez-vous qu'un usage modéré soit dangereux ? Il y a toutes les raisons de penser que le danger est bien au-delà des essais organoleptiques que j'espère vous allez faire joyeusement !
Ayons un peu confiance en nos ancêtres et arrêtons de nous prendre pour des dieux avec nos laboratoires et nos normes de sécurité !
J'espère que votre marc va vous faire tout le bien que votre grand-père vous souhaiterait s'il dégustait avec vous !
Goutez, et vous m'en direz des nouvelles !
À la bonne vôtre !
Amicalement
Matthieu

PS. Le taux que vous me donnez est probablement 319,77mg/HL AP., ce qui est fréquent pour l'époque.

……………………………………………………………………………

     C'est vrai que l'usage de la coupe est récent : je connais d'ailleurs encore beaucoup de distillateurs qui ne coupe que très symboliquement (et certains font d'excellents breuvages !).
Personnellement, moi qui ne suit que rarement moderne et encore moins souvent sévère, j'ai choisi la coupe de tête plutôt féroce : environ 10 % de l'alcool total (coupe faite au pif évidemment)… C'est en fait une question de goût, et de capacité du gosier (le mien est loin d'être blindé).
J'admire tous les alcools, avec ou sans méthanol, du moment qu'ils sont cohérents avec leur destination : pays, culture…

J'ai toujours travaillé avec des alambics en cuivre et à repasse, et je sais d'expérience que ces appareils permettent une bonne séparation des "non-alcools" (alcools non-éthyliques, comme le méthanol par exemple) tout en gardant un merveilleux rendu aromatique.

Voici un résultat d'analyses d'alcool de vin, le vin de Didier Barral, vin "nature" qui m'a toujours étonné par son absence de têtes et de queues à la distillation, et pourtant, à l'alnalyse, on est en-dessous du taux minimum de non-alcools (qui sont censés assurer une plus grande richesse aromatique, par rapport à la distillation industrielle spécialisée en alcool neutre en fait).
Cette Fine Faugères Barral 2000 est l'une des très bonnes eaux-de-vie que j'ai faite dans ma vie.

Caussiniojouls 2000

(à droite : moi à Caussiniojouls, distillation de la Fine Faugères 2000)

     Elle est pas belle ma coupe ?

Méthanol : 87 mg/Hl AP (87 milligrammes par hectolitre d'alcool pur) (Analyses par Philippe Cayrol chez UDM, que je remercie pour leur précieuse collaboration).

Sources : Mon livre sur la distillation qui ne raconte pas que des conneries…  (en vente ici)

Fine barral

 

Distille à Sion

La distille à Sion…

Non, je ne suis pas en Orient, dans l'un des berceaux de la distillation des plantes aromatiques et de l'alchimie… Mais près de Sion dans le Valais suisse pour un projet de distillation dont je vous parlerai plus bientôt.
J'ai souvent fait l'éloge des distillateurs suisses et de leur administration, la Régie Fédérale des Alcools (RFA). Il se trouve que l'alambic fait partie du patrimoine de ce beau pays tout autant qu'en France, et dans presque tous les pays du monde en fait…
Mais je m'égare…
La tradition de la distillation familiale en Suisse reste développée et les bouilleurs familiaux (c'est le nom local pour les bouilleurs de cru) ne manquent pas d'apporter leur tonneau à la distillerie locale. Ces distilleries sont le plus souvent d'anciennes installations ambulantes qui se sont sédentarisées, pour des raisons de confort le plus souvent. En Suisse, tous les producteurs ont le droit de faire bouillir leur cru, les taxes à verser sont d'environ 29 CHF par litre d'AP, ce qui est moins cher qu'en France si l'on tient compte de la différence du niveau de vie qui est bien supérieur chez les Hêlvètes (d'ailleurs ils ne mettent pas de trous dans leur gruyère). Il y a une remise pour les agriculteurs pour les 30 premiers litres (avant, c'était 5 litres, mais l'administration à décidé que 30 litres, c'est mieux et ça fait moins de papiers à remplir). Jusque-là, ça ressemble à la France. Là où ça commence à différer, c'est que les producteurs peuvent vendre leurs eaux-de-vie purement et simplement dès qu'ils ont payé l'impôt (les 29 francs ou moins) et qu'ils déclarent leurs gains en fin d'année.
Là où ça diffère franchement, c'est au niveau de la relation avec l'administration, mais je vais essayer de ne pas entrer trop dans les détails parce que c'est un sujet douloureux pour les bouilleurs français… Disons simplement que la Suisse est un état démocratique et que l'administration est au service de la population pour appliquer les règlements qu'elle a voté. Il n'y a donc pas de raison d'être en conflit généralisé puisque tout le monde (les bouilleurs et l'administration) travaillent dans le même sens (oui, je sais, je suis un peu enthousiaste, mais plus je connais la situation ici en Suisse, plus je le reste. Pourvu que ça dure !).
Bref…
J'avais déjà parlé de mon ami et collègue Armin Marchon (www.brennerei-marchon.ch/), près de Berne qui distille en propre production, fait de la prestation de service et déambule quelques semaines dans les campagnes proches de Bösingen. Voici maintenant quelques souvenirs de mes voisins et amis dans le Valais : la distillerie Tissières à Saint Léonard (https://www.valaisannet.com/alimentation/distillerie/tissieres-distillerie-a-st-leonard-en-valais.html) et celle de Charly Sauthier à Charrat (https://yellow.local.ch/fr/d/Charrat/1906/Distillerie/Sauthier-Fils-SA-dNDDnep4-cgxD5NQAvQp2w).

La distillerie teissie res a st le onard          La distillerie Tissières à St. Léonard

Florence une agricultrice distillatrice dont je vous reparlerai biento t

Florence Thieblot, une paysanne-distillatrice du Valais dont je vous reparlerai bientôt…

Jean charles le distillateur avec florence alcoolle gueN y a t il de ja pas trop d eau
Il y en a d'autres, mais je ne les connais pas encore (la Suisse, c'est comme le Maroc : on se fait des amis très facilement et il n'est pas facile de les laisser pour poursuivre son chemin - loin de moi l'idée de m'en plaindre !). Ces deux distilleries ont des alambics à vapeur avec 2 vases de 120 litres. Les clients amènent leurs bidons et viennent chercher leur gnôle le lendemain comme dans les campagnes de France. L'alcool est en général réglé à 50°. Le fait que les paysans vendent souvent leur production participe à la perpétuation de la tradition et l'alcool consommé en Valais est loin d'être exclusivement d'origine industriel comme en France.

La distillerie charly sauthierLa distillerie Charly Sauthier à Charrat (au fond, un alambic Holstein à vapeur).
Frédéric pèse le Génépi d'Isabelle Gabioud ("Les Simples"), productrice de plantes aromatiques et médicinales (et de génépi…) valaisanne.

J'ai découvert ici une tradition de macération de plantes dans les moûts que je ne connaissais pas en France, et les fermiers suisses ont souvent une très bonne connaissance des plantes sauvages. Ici, on met souvent des plantes (génépi surtout, mais aussi tout un tas d'autres comme l'achillée musquée &c… je reviendrai là-dessus dès que je serai un peu plus cultivé en plantes sauvages) dans les fruits mis à fermenter (coings, ou une poire peu aromatique par exemple). D'ailleurs on boit beaucoup d'absinthe dans les bistrots (surtout au café du Mont-Fort à Sarreyer, je vous en reparlerai bientôt !) ce qui est un signe de cette familiarité des valaisans avec les herbes (entre parenthèses, il y a des herboristes ici… Ce statut avait été supprimé comme en France, mais il a été réintroduit. C'est donc possible ! Qu'on se le dise !).

Je pense que je vais rester un peu ici en Valais, entre les plantes et les eaux-de-vie médicinales…

Jean charles et moi a la distilleuse de st le onard(Mais que disent-ils devant leur marmite ?)

PS. Pour le titre, désolé, je n'ai pas trouvé mieux, ni pire d'ailleurs…