3° partie : Le Fond/L'esprit Devin/ d) Les élixirs floraux du Dr. Bach

Les élixirs floraux du Dr. Bach
les «Fleurs de Bach»


Disciple de Paracelse et d’Hahnemann, cet homéopathe anglais du début du XX° siècle a mis au point une méthode extrêmement simple d’auto-médication : les Élixirs Floraux.

Il s’agit d’extraire, ou plutôt, de capter, la capacité qu’a une fleur à apporter au sujet, qui n’est d’ailleurs pas forcément malade, un caractère qui est propre à cette fleur et dont le manque (ou l’excès d’un caractère opposé) chez cette personne est éventuellement la cause d’un désordre.

Ce système apporte deux avantages qui sont absents dans la plupart de nos méthodes thérapeutiques, dont l’homéopathie :

a) il peut être utilisé par une personne bien portante sans but thérapeutique,
b) il ne nuit pas (Primum non nocere est le principe idéal absolu de la médecine).

Ce caractère particulier permet à son inventeur d’appeler le premier ouvrage dans lequel il décrit sa méthode : Guéris-toi toi-même.
Ce petit texte forme la première partie du livre La guérison par les fleurs (paru en 1931) qui est l’unique ouvrage du Dr. Edward Bach lui-même (un recueil de conférence excepté). Il contient la totalité de la philosophie et de la pratique de cette nouvelle médecine, tout à fait accessible, je ne peux que conseiller de s’y reporter : les informations que je donne ici en sont presque exclusivement inspirées (voir bibliographie).

D’après Bach, les maladies proviennent d’un désaccord entre l’âme et la personnalité entraînant un désordre émotionnel et, à la suite, la maladie. La guérison survient alors non pas en contrariant le vice responsable mais en développant la vertu négligée, “apporter la lumière sur les zones d’ombres” écrit Bach. Les fleurs jouent ici un rôle d’harmonisateur et rééquilibrant émotionnel.
Le principe consiste en une macération au soleil des fleurs dans l’eau d’une source voisine (Bach insiste sur l’importance d’imiter la nature dans sa simplicité, d’où l’intérêt qu’il trouve à utiliser l’eau se trouvant naturellement dans l’environnement des fleurs recueillies), puis à stabiliser l’extraction avec de l’eau-de-vie (du brandy).

Le procédé précis est une tentative pour imiter le processus distillatoire de la rosée matinale : il s’agit de, tôt le matin, recouvrir délicatement de pétales de fleurs la surface d’un récipient en verre empli d’une eau tout juste recueillie à une source voisine. Le récipient est alors exposé pendant environ 4 heures au soleil un jour sans nuages. Après quoi, les fleurs sont enlevées et l’on rajoute au liquide autant d’eau-de-vie pour stabiliser la préparation (on utilise traditionnellement le cognac ou un autre alcool de vin élevé en fût de chêne –vigne et chêne comptent d’ailleurs parmi les 38 plantes sélectionnées par Bach). C’est la méthode dite de plein soleil.
Cette préparation ne sert généralement pas directement sous cette forme mais quelques gouttes sont diluées dans une bouteille d’eau également alcoolisée (influence de la technique homéopathique), qui est administrée à raison de quelques gouttes pures ou diluées dans un verre d’eau.

Quelques fleurs ne sont pas préparées de cette façon mais sont mises à bouillir pendant ½ heure dans de l’eau pure, le liquide refroidi est alors filtré et l’alcool est ajouté comme précédemment (méthode par ébullition).

Bach, observateur sensitif de la nature a établi les propriétés de 12 d’abord, puis bientôt 38 fleurs de la campagne voisine pour soigner 7 groupes de maux. Ces familles de maux sont : peur, incertitude, insuffisance d’intérêt dans le présent, solitude, hypersensibilité, découragement ou désespérance et, souci excessif du bien-être des autres. Par exemple : l’étoile de Bethléem (ou dame d’onze heure) est rangée dans la catégorie désespoir et apporte la consolation et donne la paix intérieure en cas de chagrin ou de deuil ; la fleur de muscade, parmi les fleurs qui soignent la peur, apporte la force tranquille et l’humour en cas de timidité et de peur chronique &c…
La liste des fleurs, leur application et leur mode de préparation sont décrites en détail dans La guérison par les fleurs, je reproduis ici simplement cette liste en renvoyant le lecteur intéressé au livre de Bach donné en bibliographie pour l’application complète.

Les 12 fleurs dont les noms sont suivis d’une * sont les premières découvertes et sont à l’origine du système tout entier. Celles dont les noms sont suivis d’un ° sont préparées par ébullition, les autres sont préparées selon la méthode de plein soleil.
Une tradition, inutile et peu pratique, fait que l’on a l’habitude de nommer les élixirs floraux par les noms anglais des fleurs, je reproduis ici ces noms avec leurs traductions en français et en latin.

• Pour ceux qui ont peur :
Hélianthème (Rock rose, Hélianthénum nummularium)
Muscade* (Mimulus, Mimulus guttatus)
Prunier Mirobolant° (Cherry plum, prunus cerasifera)
Tremble° (Aspen, Populus tremula)
Marronnier rouge° (Red chesnut, Aesculus carnea)

• Pour ceux qui souffrent d’incertitude :
Pumbago* (Cerato, Ceratostigma villmottiana)
Alène* (Scleranthus, Scerantus Annuus)
Gentiane amarelle* (Gentian, Gentiana amarella)
Ajonc (Gorse, Ulex europoeus)
Charme commun° (Hornbeam, Carpinus betulus)
Folle avoine° (Wild oat, Bromus ramosus)

• Pour ceux qui n’ont pas assez d’intérêt pour le présent :
Clématite* (Clématis, Clematis vitalba)
Chèvrefeuille° (Honeysukle, Lonicera caprifolium)
Eglantine° (Wild rose, Rosa canina)
Olivier (Olive, Olea Europoea)
Fleur de Marronnier blanc (White chestnut, Aesculus hippocastanum)
Moutarde sauvage° (Mustard, Sinapis arvensis)
Bourgeons de Marronnier° (Chesnut bud, Aesculus hippocastanum)
• Contre le sentiment de solitude :
Violette d’eau* (Water violet, Hottonia palustris)
Impatience* (Impatiens, Impatiens glandulifera)
Bruyère (Heather, Calluna vulgaris)

• Contre l’hypersensibilité aux influences et aux idées :
Aigremoine* (Agrimony, Agrimonia eupatoria)
Centaurée* (Centaury Centaurium imbellatum)
Noyer° (Walnut, Juglans regia)
Houx° (Holly, ilex aquifolium)

• Dans l’abattement et le désespoir :
Mélèze° (Larch, Larix decidua)
Pin sylvestre° (Pine, Pinus sylvestris)
Orme champêtre° (Elm, Ulmus procera)
Châtaignier° (Sweet chestnut, Castanea sativa)
Etoile de Bethléem, ou Dame d’onze heures° (Star of Bethleem, Ornithogalum umbellatum)
Saule° (Willow, Salix vitellina)
Chêne pédonculé (Oak, Quercus robur)
Pommier sauvage° (Crab apple, Malus pumila)

• Pour ceux dont le souci du bien-être d’autrui est excessif :
Chicorée sauvage* (Chicory, Cichorium intybus)
Verveine* (Vervain, Verbena officinalis)
Vigne (Vine, Vitis vinifera)
Hêtre° (Beech, Fagus Sylvatica)
Eau de source (Rock water)

De plus, Bach a établi des associations d’élixirs comme son remède de secours (rescue remedy) avec lequel il aurait sauvé la vie d’un pêcheur. Ce complexe rassemble la dame d’onze heures, l’Hélianthème, le prunier, l’impatience et la clématite.
Cette méthode est tellement simple et sans danger que de nombreuses personnes ont cherché les propriétés de nouvelles fleurs qui ont parfois été rajoutées dans les listes de certains laboratoires aux 38 originellement choisies par Bach lui-même.

La pratique des élixirs floraux est une excellente introduction à l’art de préparer ses propres remèdes et prendre en charge sa propre santé (quand cela reste possible et sans risques évidemment), art de nos grands-mères avec leurs remèdes de bonnes femmes et qui est totalement négligé à notre époque de totale assistance médicale.

Indépendamment du système philosophique et thérapeutique de Edward Bach, je me suis parfois inspiré de sa méthode d’extraction pour faire une teinture-mère de fleur (ou parfois d’une autre partie de la plante) en favorisant l’arôme dans l’extraction. Je prépare la plante à la manière des élixirs floraux pour ensuite rajouter l’esprit-de-vin pour que l’alcool fort puisse à son tour extraire les principes à sa manière propre (ce qui permet deux extractions différentes : par l’eau et par l’alcool). Le résultat est une teinture de degré plutôt faible (50°/60°) qui possède une couleur et une odeur (et donc des propriétés) très délicates.

Commentaires (1)

1. jean (site web) 02/04/2012

Article complet, il ne faut pas oublier les nouvelles fleurs de bach créées par de grands laboratoires reconnus, qui ont repris les travaux du Docteur Bach.

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