3° partie : Le Fond/ a) L’Alchimie -intro. ; b) la Spagyrie

a) Alchimie, introduction.

Notre science actuelle conçoit une mystérieuse création de l’univers, gracieusement nommée Big Bang, avec quelques éléments qui vont s’organiser, probablement au hasard, pour arriver à l’apparition d’un évènement sans précédent, peut-être même d’origine extra-terrestre : la vie.
Cette conception des choses est à mon avis une transposition refoulée du récit biblique de la création du monde, et qui prépare à une conception de la vie comme étant supérieure à la matière inerte et bien sûr, à la suprématie de l’homme dans la nature.
Cette vision mécanique nous rassure (par ses promesses) dans le désespoir qu’elle a créé et nous place sur terre comme des héros sans cesse en lutte dans un monde hostile grouillant de bactéries et de virus cauchemardesques dont nous aurons (sans doute) bientôt la parfaite maîtrise…
Mentalité rationaliste assez récente (2 siècles dans l’humanité, c’est peu) et parfois encore légèrement adolescente qui indique quelques problèmes relationnels avec la vieille science : l’Alchimie.

Voici ma façon personnelle de voir les choses et leur origine, qui vient de ma pratique de l’alchimie (et de la distillation de l’eau-de-vie…).

Au commencement, au tout début des choses, avant même le début des temps, il n’y a qu’une chose.

Elle ne peut pas se regarder l’ombilic puisqu’elle n’a pas d’ombilic.
Comment même peut-elle savoir qu’elle existe ? Probablement qu’elle ne le sait pas.
Cette chose est la vie, c’est la première des choses. A mon sens, le temps et l’espace sont des développements de cette vie source.

Plus tard, ces derniers plus ou moins en place, la vie prend un aspect matériel sous la forme de quelques éléments connus des astrophysiciens pour être les premiers dans l’univers : gaz méthane, ammoniaque, azote, gaz carbonique, eau &c… bref, tout ce que l’on trouve dans un milieu qui fermente.

Je pense que la fermentation est le premier processus (ou un processus très primitif) de la vie dans la matière et que ce n’est pas pour rien que les éléments cités plus haut sont tellement importants pour les alchimistes.

L’alchimie, telle que je la conçois ici, est une tentative de retrouver cette vie primordiale par un travail en laboratoire pour “réparer” l’être dégénéré actuel (l’homme, ou la nature).
Son principe est spagyrique (du grec spao, séparer, extraire, et ageiros, réunir) c’est-à-dire que l’on considère qu’il faut séparer les éléments choisis pour à nouveau les réunir () après différentes opérations dont la principale est encore la fermentation. Ces éléments (ces êtres) seront alors régénérés, génétiquement modifiés si l’on peut dire, mais pas dans le même sens que les pseudos végétaux qui envahissent aujourd’hui notre planète...
Notre Art, comme disent les alchimistes, s’intéresse à la nature dans son entier et pas seulement à l’homme qui n’est pas forcément considéré comme la raison d’être seule et finale de la “création”. Son but est une médecine universelle qui guérit les maladies du corps, de l’âme (l’ignorance de sa vraie nature), et des métaux (transmutation) ; pour l’alchimie, ce sont trois aspects d’un même problème.

L’alchimie, du moins en Occident, tire sa source dans la terre noire du Nil de l’Egypte ancienne (Al Kemit : la noire), et prend sa forme à Alexandrie dans les siècles précédents notre ère.
Il semble que l’aspect industriel de l’art (métallurgie, teinturerie &c…) ait été - avec la philosophie et la cosmogonie mystique de l’Egypte hellénistique - prédominant au début. La médecine s’y joindra pendant la période musulmane. Elle se développera dans le monde musulman et passera dans la chrétienté par l’Espagne autour du XI° siècle.
A ce moment, les alchimistes sont tous connus pour leurs connaissances en médecine et en métallurgie, et le travail spécifiquement alchimique sera souvent confondu avec ses ramifications qui forment, plus que l’alchimie mère, le sujet de ces chapitres.

Mais mon but dans ce petit exposé n’est pas tant l’histoire exhaustive de l’alchimie et de ses acteurs que de transmettre une certaine philosophie appliquée à ma vie de distillateur, je renvoie le lecteur intéressé par le sujet à la bibliographie en fin de volume pour passer brièvement à Paracelse, le père de la spagyrie moderne, de notre médecine iatrochimique (qui utilise des remèdes chimiques), ainsi que de pas mal de médecines dites douces.

Théophraste Bombast von Hohenheim, dit Paracelse, est né en 1493 près de Zürich. Initié à la médecine et à l’alchimie par son père, il développa sa connaissance pratique de la nature dans les mines et les forges du Tyrol, et sa connaissance médicale en soignant les mineurs.
Médecin extraordinaire auteur de nombreuses guérisons remarquables (Froben, Erasme…), écrivain prolifique, et vagabond au caractère impétueux “Toujours ivre et toujours lucide” (Rabelais), il laissera à sa mort précoce en 1541 une empreinte profonde sur la médecine et sur l’alchimie, qui n’a pas fini de nous inspirer.
Le système de Paracelse est  hermétique et en même temps très méthodique et expérimental. Hermétique, parce qu’inspiré de la tradition dont Hermès (ou Thot ou encore Mercure selon qu’il vienne de Grèce, d’Egypte, ou de Rome) est le père légendaire - voir sa table d’émeraude reproduite en fin d’article.
A la base de l’hermétisme se trouve le mode de pensée analogique, radicalement différent de la pensée analytique. L’analogie est intuitive et sensible, et permet des découvertes que l’on ne peut obtenir par l’analyse. L’inverse valant également, je ne considère pas que l’un de ces deux modes de fonctionnement soit exclusivement suffisant ou même simplement supérieur à l’autre.
L’analogie permet de faire des correspondances entre des éléments, de les classer selon leurs signatures, de comprendre leurs influences relatives malgré leurs différences physiques ou chimiques. Ainsi, le principe homéopathique similia similibus curentur (les semblables sont guéris par les semblables) est une application de ces principes comme on le constate par exemple avec la dilution du Tournesol qui soulage des désagréments du décalage horaire causé par les voyages en avion.

Le principe des signatures est un classement des éléments (plantes, minéraux, corps célestes…) qui suggère l’influence d’un principe (représenté par l’une des sept planètes traditionnelles, ou l’un des quatre éléments d’Aristote) sur tous les êtres qui portent sa signature. Ainsi, le Millepertuis est une plante régie par le Soleil (sa macération dans l’huile d’olive se fait d’ailleurs exposée au soleil), et l’Armoise est dite vénusienne, ce qui est en accord avec ses propriétés thérapeutiques (elle est indiquée pour l’aménorrhée) au point qu’on la qualifie de plante des femmes.
La théorie des signatures a récemment trouvé une preuve de sa cohérence avec les cristallisations sensibles au chlorure de cuivre, système d’analyse mis au point par l’antroposophe E. Pfeiffer en Suisse au début du XX° siècle.

Ces principes hermétiques, rappelés par Paracelse sur les bases de l’Alchimie, sont à l’origine de beaucoup de nos médecines douces qui en sont plus ou moins directement issues.


b) La spagyrie


Le mot apparaît la première fois chez Paracelse. Cest une méthode thérapeutique basée sur une vision énergétique globale de l’homme dans l’univers. Cette méthode a connu au XX° siècle un certain développement avec Alexandre Von Bernus (Médecine et alchimie, Belfond 1969) et surtout Fr. Albertus (Albert Riedel) dont le Manuel de l’alchimiste a été traduit en français par MAAT/LPN en 1974 (bibiographie). Ces deux auteurs ont fortement influencés la plupart des écoles spagyriques actuelles en Europe ou en Amérique du Nord.

Dans la théorie, la préparation spagyrique consiste à séparer les trois principes d’une plante pour les réunir après les avoir mûris ou purifiés. L’opération doit être reconduite plusieurs fois jusqu’à l’obtention d’un élixir, voire d’une pierre végétale (de l’arabe Al Iksir, la pierre ; ou du grec Kseron, médicament).
Ces trois principes sont :

a) Le soufre, qui est l’âme de la plante, c’est l’huile essentielle.
b) Le mercure, son esprit, liquide extracteur obtenu par la fermentation, puis distillation, c’est tout simplement notre alcool, ou esprit-de-vin (ou parfois, selon les besoins, un produit voisin comme le vinaigre rectifié).
c) Le sel de la plante, son corps, qui est formé des restes de la calcination de la plante.

Ces termes, comme souvent dans ce domaine, ne désignent pas des éléments chimiques précis, mais des principes. C’est cette nuance subtile qui nous fait facilement confondre hermétique avec obscur, ce qui est souvent un sujet d’agacement pour nos esprits scientifiques un peu trop modernes…
Le soufre de chaque plante est différent, alors que le mercure est unique dans le règne végétal, le sel est en général le résidu de la calcination de la plante traitée, mais on le remplace parfois (ce qui est – à mon avis, une erreur) par du carbonate de potassium acheté dans le commerce (D’après moi, il est toujours plus instructif de préparer soi-même ses propres produits).
Dans la pratique, il s’agit d’extraire le soufre (l’huile essentielle) de la plante par une circulation de cette plante fraîche ou sèche (les graines, ou parties supérieures en général) dans l’alcool (alcool de vin de préférence) acüé par une forte rectification, 96° est suffisant à mon avis, et purifié de ses phlègmes lors des distillations successives (jusqu’à 6 ou 7).
C’est Raymond Lulle qui a le premier posé au XIII° siècle les éléments de ce travail spécifique. L’extracteur de soxhlet est l’instrument habituel pour cette opération mais si l’on n’est pas équipé, une longue macération à bonne température, 35/40°c., pendant un mois peut permettre une extraction suffisante (la simple macération a surtout l’avantage d’éviter la cuisson de la teinture).
Notre teinture obtenue (c’est alors une simple teinture-mère), il faut calciner les restes de la plante en augmentant leur quantité avec d’autres plantes sèches de la même variété pour obtenir un sel gris/blanc (un simple four de cuisine peut ne pas suffire, d’ailleurs cette opération n’est pas toujours la bienvenue dans une cuisine…).
Ce sel est parfois lessivé avec de l’eau distillée par vos soins, ce qui est facile à faire quand on a déjà distillé son esprit-de-vin, et re-calciné (la partie recherchée dans ces sels est la partie soluble qui se récupère par évaporation, ou distillation, de cette eau de lessivage).
Si la calcination est mal conduite, il est possible que le Feu du Sel soit perdu pendant une inflammation indésirable.
A ce stade, et c’est là que l’on quitte le domaine des teintures-mères, il faut cohober (c’est-à-dire reverser, en une fois ou progressivement) la teinture sur son sel. On laisse digérer quelque temps en couveuse, laquelle correspond pour certains à l’athanor des anciens (à 35/40°c.), on sépare à nouveau par distillation, on recommence les calcinations et lessivages du sel, et l’on cohobe encore.

L’élixir ainsi obtenu peut être consommé tel quel (quelques gouttes) ou poussé plus loin dans les mêmes opérations jusqu’à ce que le sel prenne un aspect fondant, cireux : c’est une pierre végétale, difficile à obtenir mais réputée pour sa puissante vertu thérapeutique.

Cette opération est la principale en spagyrie. C’est un certain travail qui demande au préalable une bonne maîtrise de la distillation de l’esprit-de-vin (c’est la base de la pratique).
D’autres travaux sont également très intéressants, mais je renvoie l’intéressé à La Nature Dévoilée (voir bibliographie), grand classique de cet art datant du XVIII° siècle qui donne mille recettes et transmet parfaitement l’esprit spagyrique dans un langage très simple et très didactique.

L’utilisation d’une teinture spagyrique peut obéir aux règles s’appliquant aux teintures-mères classiques (selon les propriétés thérapeutiques connues des plantes) ou, dans un cadre plus hermétique, en accord avec la signature de la plante, dans un but énergétique plus global.
L’intérêt, à mon avis, se trouve entre les deux : c’est-à-dire qu’il est important de tenir compte des deux systèmes de pensée et de ne pas négliger les propriétés hermétiques et classiques de chaque plante en particulier.
Par exemple, le Chardon Marie est réputé être sous l’influence de Jupiter, ce qui n’empêche pas qu’il reste la plante médicinale que l’on connaît en herboristerie avec ses propriétés spécifiques. Disons que plus le produit est poussé loin dans les opérations, plus les propriétés classiques de la plante laissent la place à l’énergie, à l’être au sens paracelsien.
Ce principe de sublimation du produit d’origine se retrouve d’ailleurs dans l’homéopathie où la faible dilution correspond à un type de maladie, alors que la haute dilution s’adresse plutôt à un ensemble de symptômes, pour une catégorie de personnes.

Il a été fait mention du vinaigre rectifié pour parfois servir de mercure spagyrique. Le vinaigre, l’acide acétique, est une oxydation de l’alcool (on peut dire que c’est une seconde fermentation). La différence communément admise entre les deux vient de leur degré de fixité : l’alcool est plus volatil que le vinaigre (qui bout à 117°c.) et la direction prise pour la préparation sera différente.
L’utilisation du vinaigre pour les élixirs spagyriques n’est pas fréquente mais il est quand même utile de donner quelques éléments pour sa préparation.
Le vinaigre se concentre soit par congélation (à la manière de l’Apple Jack, voir plus haut), ce qui permet de conserver l’acide avec les principaux autres éléments qui se décongèlent d’abord, l’eau seule restant isolée ; soit par distillation pour ne garder que l’acide, ce qui est plus difficile. Pour distiller le vinaigre, Dorvault conseille d’augmenter la température d’ébullition de l’eau en saturant le vinaigre de sel (simple sel de cuisine : chlorure de sodium) : l’acide passe alors avant l’eau et les autres composés.
Il faut aussi noter la différence entre le vinaigre de vin (acide acétique) et le vinaigre de cidre, différent dans sa composition.
Enfin, parmi les mercures spagyriques, citons encore l’éther, extrêmement volatil (il bout à 35°). L’éther sulfurique se fabrique (toujours d’après Dorvault) en versant doucement de l’acide sulfurique sur de l’alcool pendant sa distillation (information transmise à titre indicatif : personnellement, je n’ai jamais osé essayer…).

Dans ce travail spécifique, la fermentation est présente dans l’obtention du mercure sous la forme de fermentation alcoolique (). Il existe d’autres formes de fermentations tout à fait intéressantes qui produisent d’autres types de mercures mais je ne préfère pas trop développer ce sujet dans un ouvrage consacré à la distillation. Citons quand même, pour exciter la curiosité, la fermentation de certaines plantes (Dorvault cite le Chénopodium vulvaria) dans le carbonate de potassium ou de sodium, qui produit de l’ammoniaque (peu utile pour la confection d’élixirs ou de liqueurs, j’en conviens…). De même, les purins obtenus par macération dans l’eau (les jardiniers connaissent bien le purin d’ortie) sont des fermentations très utiles pour certaines extractions. J’insiste un peu sur ce point car, comme je l’écris au début de cet article, je considère que la fermentation est une forme primitive de la vie.

Pour conclure ce petit chapitre de présentation de la spagyrie, il faut rappeler que l’être, l’ens pour employer le terme de Paracelse, de la plante (si l’on travaille dans le règne végétal, qui est le plus fréquemment visité, mais non le seul en spagyrie) est notre principe de base. C’est-à-dire que l’attention est portée sur la vie (pardonnez mes répétitions…), plus que sur la matière même qui n’est que son support et qui en dépend totalement.

Les principes hermétiques ou naturels se rapportant à la vie doivent toujours être présents à l’esprit du spagiriste, ce que lui rappelle la devise le sage cherche à imiter la nature.
Comme le sait bien l’agriculteur, travailler avec les saisons (les deux premiers signes du printemps sont connus pour permettre le commencement du travail), ou les phases de la lune est d’une importance non négligeable.

Plus simplement encore, prendre le temps de laisser mûrir les macérations, respecter la douceur des températures, ou observer les conditions et le milieu naturel de croissance des plantes sont indispensables : il s’agit d’être invité à découvrir les secrets de la nature, pas de la violer.

 

Voir aussi sur ce site l'article Spagyrie et Alchimie

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Commentaires (19)

1. Remy 31/10/2015

Bonjour
Je ne comprends pas bien le lien entre teinture-mère et huile-essentielle, que vous semblez rendre équivalentes. Pourtant il me semble que si ces deux produits répondent à l'idée d'extraction d'une "essence" par un "esprit", cet esprit est une macération alcoolique pour la teinture-mère, et une hydro-distillation pour l'huile essentielle. Je me trompe ?

2. Matthieu 01/11/2015

Bonjour Rémy,
Je ne vois pas ce qui vous fait penser cela : Les principes alchimiques peuvent être exprimés par plusieurs produits s'ils remplissent la fonction du principe et on ne doit pas les confondre.
Par exemple, le caractère d'une plante (son "soufre") peut être manifesté par exemple par l'HE de cette plante. L'alcool quand à lui, est le support de la vie de ce végétal (son "mercure"). Le mariage des deux forme une teinture (l'HE teint l'alcool) qui elle, n'est rien d'autre qu'une étape dans le processus de la pierre végétale.
Mais ce n'est pas forcément simplifier les choses que de tenter de les expliquer à partir d'un point excentré de la pédagogie.
Je ne sais pas si mes explications vous auront été utiles…
Amicalement
Matthieu

3. Remy 02/11/2015

Merci pour votre réponse.
Ce qui m'a conduit à formuler cette question, c'est que j'imagine la teinture comme extraction d'un "soufre" par l'alcool. Ce qui a priori, est très différent de la dilution d'une huile essentielle dans l'alcool ?
En fait, la question serait, qu'obtient on par évaporation de l'alcool d'une macération ? Peut on le qualifier d'huile essentielle ?

4. Matthieu 02/11/2015

Rémy,
Il y a confusion… Tu parle de soufre, mais qu'est-ce que le soufre ? Je te conseille de reprendre les concepts au début. Lis "La Nature Dévoilée" (autrement nommée "La Chaine d'Or d'Homère" - http://www.devenir-distillateur.com/blog/annonces-livres-stages/la-chaine-d-or-d-homere.html). C'est un peu "L'Alchimie pour les nuls" et tu verras qu'il n'est pas question de soufre, de mercure &c… avant la fin de la seconde partie. En revanche, tu aborderas les principes alchimiques avec plus de facilité. Sinon, je ne peux mieux te conseiller que d'acheter le cours de Stéphane Barillet : "Le Grand Œuvre Alchimique" (http://art-du-vivant.com/blogcfio/le-grand-oeuvre-alchimique/)qui te fera gagner un temps précieux.
Pour répondre d'une façon un peu triviale et un peu pro en même temps à ta dernière question, le parfumeur nomme le résidus de distillation d'une teinture alcoolisée "concrète", c'est justement ce qu'il manque à ton travail qui reste abstrait ;-)
Tu semble enlisé dans trop d'informations dont tu ne saisi pas le sens et que tu mélanges à l'aveuglette, c'est une situation pénible et pour en sortir, il n'y a qu'une solution : oublier tout et reprendre les bases au début. Eventuellement, inscrits-toi à l'un de mes stages spagyrie/médecines alchimiques dont c'est l'objet.
Amicalement

5. Remy 02/11/2015

Euh... pourquoi pas ; mais ma question n'était pas spécialement "alchimique", ni orientée "pratique", mais simplement chimique et conceptuelle, au sens le plus terre à terre.
Et il semble que la notion de "concrète" que vous apportez, ainsi que celle d'absolue qui la prolonge (d'après Wikipedia) répond bien à la question. Merci

6. Defoy Martine 07/05/2016

Bonjour,
En 1987, à partir du traité de spagyrie de J.Bersez et A.Masson, j'ai fabriqué des teintures mères à des fin cosmétiques. Ces teintures mères sont toujours parfaitement stables et je les utilise.
Mais, ce sont les dilutions qui sont utilisables ; or, pour confectionner ces dilutions il faut quelques gouttes d'huile soluble.
En 1987, on en trouvait en pharmacie, maintenant les pharmaciens ne savent même plus ce que c'est .
Il ne m'en reste que très peu. Savez-vous où je pourrais m'en procurer ?
Très cordialement,
Martine

7. Matthieu 07/05/2016

Bonjour Martine,
Je ne sais pas ce que vous appelez "huile soluble". Votre problème semble être de diluer une teinture alcoolique dans de l'huile pour en faire un cosmétique. Si c'est cela, ce n'est pas compliqué ! Pour répondre à votre question, je viens de verser un peu d'alcool fort (env. 70°) dans environ 10 fois son volume d'huile d'olive, et le tout s'est instantanément marié… Mais c'est vrai que le mélange de quelques gouttes d'huile dans 10 fois leur volume d'alcool ne se mélange pas (mais je ne vois pas pourquoi on aurait à faire cette opération).
Si vous avez plus d'infos sur cette "huile soluble", dites-moi.
J'espère vus avoir aidé pour vos cosmétiques alchimiques ! :-)

8. Defoy Martine 07/05/2016

Non, non, mes TM ne sont pas alcooliques, elles ont été obtenues par broyat et putréfaction aqueuse,puis calcination de la partie épaisse, recombinaison avec la partie liquide, et filtration.
L'huile soluble est utilisée au niveau des dilutions, son rôle est d'aider le produit à franchir la barrière de la peau.

9. schein (site web) 06/05/2017

Bonjour,
En vous lisant, je ne peux que tousser mais enfin j'espère que vous aurez le courage et l'honnêteté de laisser mon commentaire ! J'en suis pas sur.
Déjà, pour résumer vous auriez meilleures temps de lire le livre de Elisabeth Sahtouris, "La danse de Gaïa", biologiste-conférencière et ancienne enseignante au MIT, ainsi que vulgarisatrice de la science si vous voulez parler des "archéobactérie, des archaea et des archébachs"etc... Ceci pour les 3-4 premiers paragraphes, car ce n'est pas clair et ce n'est pas développé.
Pour reprendre ce que vous citer et Le livre "La Nature dévoilée", pouvez vous m'expliquer ce que veux dire: Au commencement, au tout début des choses, avant même le début des temps, il n’y a qu’une chose. pardonnez moi mais cela ne veux rien dire.
Par contre il est écrit dans le livre La Nature dévoilée (c'est ça la Philosophie de Paracelse ou des Anciens ou selon la Tradition)chapitre deux, au début du texte:
Dieu à tiré la Nature du néant par la vertu de son Verbe qu'il avait engendré de toute éternité. Il voulut, et le verbe engendra une vapeur, un brouillard ou une fumée immense, et y imprima sa vertu, c'est-à-dire un esprit plein de force et de puissance.
Tout est dit dans cette introduction, et la plus belle preuve c'est que dans cette phrase il est caché un secret. Mais c'est bien une science hérmétique, donc fermée.
On peut aussi également l'exprimer différemment, par "Au début de la terre il n'y avait rien, qu'un chaos originel (hautement organisé) et par son souffle il y imprima un esprit et une force, qui c'est matérialiser petit à petit en une vapeur.
En plus vous écrivez que vous êtes alchimiste...? Mais dite-moi ou trouvez-vous vos quintessence ?
Et bien pour vous aider un peu, elles sont dans le texte ci-dessus, et Paracelse travaillait toujours que les Quintessences.
Je n'irais pas plus loin mais les 4 pilliers de la médecine de Paracelse était et sont toujours "La philosophie-L'astronomie ou Astrologie- L'Alchimie et la Vertu. Présenter Paracelse sans ses piliers n'est pas la théorie de Paracelse.
Alors je vous en prie rester modeste et ou alors vous voulez passez pour un envieux ou un souffleur comme l'on disait à une certaine époque.
Bien à vous cher Monsieur

10. croquignole (site web) 10/05/2017

Bonjour Shein.
Mais évidemment que je vais laisser publier votre commentaire si typique du langage des alchimistes du XX°, une époque illustrée par ses interminables disputes et bavardages stériles toussés (merci pour l'expression) par des oisifs gonflés par l'orgueil qu'ils ont tiré de leur érudition livresque… époque heureusement révolue !

Mais, si vous avez envie de nous parler de vos travaux, n'hésitez pas, la porte est ouverte et je serai heureux de vous remercier pour une contribution positive à l'alchimie.
Merci !
Matthieu

11. Adivajra 04/06/2017

Bonjour Matthieu, merci pour ton site, merci de partager ta passion!

D'aprés ce que j'entends de toi en te lisant, tu sembles être venu à la distillation par l'alchimie/spagyrie :-), c'est, je pense, ce qui me rend ta lecture agréable...

Je trouve également le discours de 'schein' caractéristique de l'air du temps, nos semblables sont de doctes et 'trés-parfait' professeurs, toujours prompts à remettre 'les pendules à l'heure', à coups de discours où les sentences de jugements ad hominem sont rendus immédiatement en s'agrémentant de raccourcis condescendants ^^

Bien entendu la bienveillance est une commodité obsolète chez ses nouveaux professeurs, tout comme l'humilité ou le bénéfice du doute....

Enfin, bref j'ai découvert ton site par une recherche sur LPN, j'aimerais entamer leurs études de spagyrie qui sont disponibles, ici ou sur portae lucis, mais j'ai l'impression que ce souhait sonne un brin anachronique, ce qui est bien dommage, et qui doit expliquer pourquoi il n'existe pas de plateforme d'échange, du moins à ma connaissance.

Comme je te soupçonne d'être un ancien disciple de Jean Dubuis :-), j'aimerais savoir si tu connais quelquechose, un endroit, un site où d'autres personnes aurait eu la même idée que moi?

En te lisant j'ai appris l'existence du cfio, ça semble intéressant, mais actuellement les préceptes énoncés ds le manifesto r+c et que J.Dubuis avait fait sien me semble non seulement les garants de sa légitimité mais ont en plus le mérite de me rendre accessible cet enseignement.... alors que ds les conditions qui sont les miennes, S. Barillet me les rends inacessibles:-(

Encore merci pour ton site et ton enthousiasme!

12. adi 04/06/2017

Au commencement, au tout début des choses, avant même le début des temps, il n’y a qu’une chose. pardonnez moi mais cela ne veux rien dire


Pardonnez-moi à mon tour, de vous reprendre mais ça veut dire exactement la même chose que la phrase de la Nature dévoilée que vous citez:
Dieu à tiré la Nature du néant par la vertu de son Verbe qu'il avait engendré de toute éternité. Il voulut, et le verbe engendra une vapeur, un brouillard ou une fumée immense, et y imprima sa vertu, c'est-à-dire un esprit plein de force et de puissance.


C'est simplement le résultat d'un souci, autant d'actualisation de la mise en forme, de généralisasition du propos en lui ôtant un caractère trop religieux, que dans une optique toute pédagogique qui permet de faciliter au lecteur la compréhension des analogies et conséquences directes et dérivées qui découlent de ce postulat...

Enfin votre reformulation à vous :
On peut aussi également l'exprimer différemment, par "Au début de la terre il n'y avait rien, qu'un chaos originel (hautement organisé) et par son souffle il y imprima un esprit et une force, qui c'est matérialiser petit à petit en une vapeur.

elle, n'est pas digne de l'originale et si j'osais une petite pique, je dirais qu'elle est à l'image de l'horizon de votre compréhension: "restreinte" ^^

En effet, l'acte créateur du verbe Divin s'applique à la "Création", et pas seulement à l'infime partie que la Terre y représente.

Sur ce j'ajoute que moi aussi à l'instar de l'auteur de ce blog, je lirais avec intérêt le fruit de vos expérimentations :)

Pax et Bonum

13. Matthieu 10/06/2017

Bonjour Adi,
Merci pour tes messages, je vais tenter de répondre au premier (le second semble s'adresser à Shein).
J'ai bien connu Jean Dubuis en effet, et je conserve l'enthousiasme qu'il m'a transmis. Effectivement, l'enseignement est un peu désuet maintenant, mais reste incontournable : c'est un classique de la spagyrie en France. Tu trouveras les cours originaux sur www.gouttelettes-de-rosee.ch.
Pour ce qui est des tarifs de Stéphane Barillet, je pense que le prix du "Grand-Œuvre Alchimique" est peu cher si l'on compare avec la somme de livres, cours, et stages que tu va sans doute payer et qui ne te donneront finalement pas grand chose en regard de ce chef-d'œuvre de pédagogie et de culture. Tu peux lui faire part de tes difficultés financières, il te proposera sans doute une facilité.
Enfin, les préceptes de la "Fama" (la version Dubuis) sont très beaux (bien que très différents des 5 règles de la Fama de 1614 !), mais si les alchimistes pédagogues actuels devaient attendre comme Jean d'arriver à la retraite pour se mettre à l'enseignement, on ne trouverai pas grand chose à se mettre sous la dent (surtout moi qui n'aura sans doute jamais de retraite !) ! Il faut se souvenir que l'alchimie autrefois s'intégrait dans des corps de métiers (médecins, ingénieurs &c…), ce qui n'est plus le cas. Aujourd'hui, Stéphane Barillet est un exemple d'alchimiste professionnel, moi aussi (avec mes alambics, mes livres et mes stages) et on ne devrait pas s'en plaindre je crois : l'important est la qualité de la transmission et le sens du partage.
Amicalement
Matthieu

14. adivajra 09/07/2017

merci de ta réponse Matthieu et mes meilleurs voeux de réussite pour Edelweiss ^^

J'ai contacté Stéphane Barillet, il m'a fait la réponse classique, disons celle qu'on est en droit d'attendre de lui (les difficultés financières disparaitront si c'est bien la voie qui m'est destinée...ou quelquechose dans ce goût là ; ce qui revient à dire qu'il suffirait de trouver sa voie spirituelle pour que les difficultés de chacun puissent disparaitre comme par enchantement, je simplifie bien sûr mais c'est lui qui a commencé ^^)

Si je me décide à te répondre alors que j'ai lu ta réponse depuis quelques temps déjà, c'est que je suis tombé sur un extrait du livre de Jean Luc Roimé, Alchimie kabbalistique : spagirie végétale et radiesthésie vibratoire, qui ce me semble, doit être l'un de tes "condisciples"...hihiihihi
J'ai trouvé disponible les 100 premières pages du bouquin sur internet mais le livre broché semble introuvable à moins que, par miracle tu saurais toi où pouvoir l'acquérir, c'est ma première question la seconde, qui devrait précéder celle-ci d'ailleurs, c'est ton avis sur l'auteur et son bouquin (si tu l'as lu..)

Merci pour tes sites et leur message vivifiant, en espérant que tu trouves le temps et l'envie de me répondre
A bientôt, merci

15. Matthieu 09/07/2017

Bonjour Adivajra,
Je connais JL Roime, qui est effectivement issu de LPN mais je n'ai pas lu ce livre (mais je le ferai avec plaisir si je le trouve).
Pour Stéphane, dommage… je persiste à penser que son "Grand Œuvre Alchimique" reste la meilleure affaire actuellement… tu trouveras bien une solution pour avancer sur ton chemin !
Bonne continuation !
Matthieu

16. Aline 28/09/2017

Bonjour Matthieu,
Connaissez-vous le livre de Jean Mavéric R+C "La médecine hermétique des plantes ou l'extraction des quintessences par art spagyrique" (1911) et si oui, qu'en pensez-vous?
Merci et à très bientôt en belgique

17. Matthieu 29/09/2017

Bonjour Aline,
Le livre de Mavérick est assez complet et très intéressant quand on a déjà un peu de flacon (d'expérience ;-) ). Il est assez systématique comme on le faisait toujours à l'époque (1911) pour paraitre crédible. Mais pour démarrer, rien de tel que "Les élixirs floraux de Viviane" (Viviane le Moullec, éditions du Dauphin) qui est beaucoup plus convivial et pédagogique. Après cela, le Mavérick reste une référence pour ces recettes.
J'aime son introduction à l'homéopathie, son végétarisme, et sa recette à base de laitue !
On en reparlera en Belgique !
Vous avez essayé des recettes de ce livre ?

18. Aline 29/09/2017

Je n'ai encore rien essayé du tout :-), je suis complètement novice en pratique spagyrique. Toute neuve! Au plaisir de vivre cette initiation très prochainement

19. Aline 29/09/2017

Et merci pour le conseil (le livre de Viviane le Moullec)! Sera-t-il possible d'acheter votre livre lors du we du 14?

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