C'est l'hiver, meurt la nature. Hommage à Germaine Cousin

Germaine Cousin nous a quitté

Germaine

C'est l'hiver et la nature meurt. Elle renaîtra au printemps…
C'est Germaine Cousin qui nous a quittée cette saison. Germaine, centenaire, sauvée par les plantes dans son enfance, a contribué à la connaissance de l'herboristerie populaire traditionnelle, valaisanne en particulier. Elle s'inscrit dans la grande lignée des passeuses de recettes anciennes. Une bonne-femme qui a fait la bonne-fame de la médecine populaire naturelle…
Merci Germaine ! Au printemps, on pensera à toi ❤
https://www.germainecousin.ch/

L'hommage de Guillaume Besson, Nature en Conscience, chez qui j'ai rencontré Germaine Cousin :

Germaine et Guillaume

✨ Une étoile de plus s’est allumée dans le ciel ✨

Chère Germaine, amie passeuse, grand-mère de cœur, j’ai appris ton départ avec une émotion profonde, et j’ai eu l’honneur de t’accompagner jusqu’à ta dernière demeure. Aujourd’hui, je prends le temps de déposer ces mots, comme on dépose une fleur sur la terre, en signe de gratitude, d’amitié et de reconnaissance.

Notre première rencontre remonte à une quinzaine d’années, lorsque je t’ai invitée pour la première fois au Salon de la Santé par les Plantes à Morgins. Et quelle rencontre… Dès les premiers échanges, ta force tranquille, ton authenticité brute et ta présence lumineuse m’ont profondément touché. C’était aussi l’époque où, avec malice et élégance, tu me proposais de « m’emmener aux champignons » en tout honneur — un sourire en coin, une étincelle complice dans le regard.

Je découvrais le Valais, et pour moi, tu es vite devenue l’incarnation vivante de ce territoire que j’apprécie tant : le lien profond à la terre, la simplicité sans artifice, le partage comme évidence.

Tu m’as accueilli chez toi, à Saint-Martin, et dans ton mayen, ouvrant bien plus que ta porte : tu ouvrais un monde. Tu me partageais tes savoirs, tes récits d’un autre temps, tes anecdotes savoureuses qui continueront de me faire sourire. À travers tes mots, je revivais une époque parfois rude, mais intensément vivante, enracinée dans la nature, guidée par le bon sens et la nécessité.

Tu parlais de me prendre sous ton aile le jour où je me lancerais professionnellement. Promesse tenue ! Ensemble, nous avons organisé plusieurs stages à Morgins, couronnés de succès, portés par ton immense savoir, ton énergie contagieuse et ta passion inébranlable pour la transmission.

Ton accent roulant, ton franc-parler sans détour, tes connaissances ancrées de vécu, ta force de caractère et ton engagement ont été pour moi une source d’inspiration profonde. Avec courage et détermination, tu as su relever la place de la femme dans une vallée où les traditions lui laissaient peu d’espace. Tu n’as pas revendiqué, tu as simplement vécu. Et ce faisant, tu as ouvert des chemins.

En t’écoutant, on comprenait que les plantes n’étaient pas un choix, mais une nécessité : pour se soigner, se nourrir, survivre. Puis quand l’herboristerie s’est transformée, complexifiée, tu as ramené de la simplicité, du respect et de l’évidence dans leur usage.

Ta dernière note a résonné cette année au Salon, à 100 ans - preuve que se soigner au naturel est efficace ! Te voir entourée de personnes venues spécialement pour te rencontrer m’a profondément ému. Quelle trace tu laisses derrière toi… Quelle empreinte douce et puissante à la fois.

Merci, Germaine, pour tout ce que tu as transmis, pour tout ce que tu as incarné, et pour la lumière que tu continueras de faire briller. Tu n’as pas créé ce centre de santé qui te tenait tant à cœur, mais tu as fait bien plus : tu as semé, transmis et ouvert des portes à tant de personnes, moi y compris.

Merci. Et rendez-vous, un jour, au paradis des simples, le plus tard possible…

 

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