bouilleurs ambulants

  • 2026, Micro-distilleries, Boom ou BadaBoum ?

    2026, Micro-distilleries, Boom ou BadaBoum ?
    Un encouragement aux jeunes alcoollègues

    Matthieu-a-Roquemaure-2010.jpg                                                Une démonstration publique, France 2010

    Quand j’ai commencé professionnellement la distillation en 1998, j’avais demandé un rendez-vous à Philippe Traber (Distillerie Metté à Ribeauvillé, Alsace), qui deviendra mon maître et mon ami jusqu’à sa mort. Philippe m’avait répondu « Vous êtes courageux ! ». Nous avions le même âge, il venait de reprendre la distillerie de son parrain Jean-Paul Metté qui était une institution. Reprendre une maison de cette réputation ne semblait pas une gageure, mais démarrer à partir d’un obscur atelier public des campagnes françaises semblait quelque peu utopique, et Philippe avait raison. En fait, ma force à moi, ce n’était pas le confort de reprendre une maison mondialement réputée ni de bénéficier d’un environnement culturel favorable (l’Alsace est la terre bénie pour les distillateurs de spiritueux), ma force à moi était le combat dans lequel je m’engageais.

    Je ne suis pas buveur, et l’alcoolisme n’est certainement pas une chose que j’ai souhaité perpétuer. J’admire toutefois les effets de l’ivresse chez les artistes et nous sommes tous des artistes, surtout dans certains moments difficiles. J’admire la beauté de « l’ivrogne au chœur de la nuit » qui « comme un oiseau, à juré d’être libre » (Like a bird - Léonard Cohen). J’admire aussi la fierté prétentieuse du paysan devant son alambic qui est toujours prêt à repousser les légions romaines… Et aussi quand il débarque chez toi pour te faire goûter sa fameuse bouteille de gnôle que l’on offre respectueusement quand on ne peut la boire… Je m’insurge contre la stupidité crasse de la police du ministère de l’économie qui est probablement la plus dangereusement bête du monde. C’est elle qui a décidé que la meilleure façon de contrôler la distillation autonome dans les campagnes était de la détruire (c’est le point culminant de leur capacité de logique).
    À part ce sens de la beauté des campagnes et de la justice, j’avais pour moi une certaine sensibilité culturelle, et aussi, je distillais déjà un peu d’esprit-de-vin avec mes cornues dans mon laboratoire alchimique depuis longtemps (pas pour boire celui-là !).

    C’est sur ces bases que j’ai décidé de devenir distillateur, c’était ma contribution à l’amélioration de la société, c’est à mon avis ce qui devrait gouverner chacun plus que son intérêt propre. D’ailleurs, encore aujourd'hui quand je fais une recette, c’est toujours la question que je me pose : « De quoi mes voisins ont-ils besoin ? Ont-ils besoin d’être joyeux ? Faut-il améliorer leur système immunitaire ?  Manquons-nous de rêver ? ».
    Naturellement, je me suis porté plutôt vers la prestation de service (la distillation à façon) que sur la production et vente. Mon but était que les gens des campagnes puissent distiller eux-mêmes plutôt que de simplement consommer de l’alcool. J’ai très souvent sorti mes alambics pour distiller en public et répéter inlassablement lors des fêtes de villages « Non, ce n’est pas interdit, oui, on peut distiller légalement et vous y avez droit ». J’ai aussi participé à la campagne pour actualiser la loi sur les Bouilleurs de Cru menée par la Fédération française des bouilleurs de cru (FNSRPE, toujours active, merci !) qui a abouti à la magnifique loi de 2003. Enfin, en 2010, j’ai publié mon manuel « L’ALAMBIC, l’Art de la Distillation » (le premier livre publié par un bouilleur ambulant ou un distillateur professionnel, +8000 exemplaires vendus) et enseigné lors de très nombreux stages à mes alcoollègues potentiels.

    J’ai arrêté deux fois le métier, et deux fois j'ai été repris… La prochaine fois que je jette l’éponge, on ne m’y reprendra plus, j’aurai fait ma part.

    En 2018, avec des jeunes distillateurs, nous avons créé un syndicat pour défendre la distillation à l’alambic (artisans et amateurs). L’Association des Distilleries Indépendantes (ADI), dont la 9° Assemblée Générale se tiendra dans 2 jours.

    Le nombre de créations de micros-distilleries est devenu exponentiel et, d’une façon bien logique, le nombre de fermetures n’a également cessé de croître (mais le bilan reste très positif). C’est normal, mais j’ai quand-même envie de donner mon avis. Ça y est, l’introduction est terminée.

    Tu viens de t’installer, ou tu veux t’installer. Que veux-tu ? Faire de l’argent ? La niche est classieuse et attirante… Oui, c’est plutôt classe d’être micro-distillateur ! Choper une médaille avec son Gin ou son Whisky… Mais l’économie européenne est agonisante, et l’administration est plus agressive avec les distillateurs spiritueux qu’avec n’importe qui (ça pourrait être aussi le cas pour des petits producteurs de tabacs indépendants, mais malheureusement, il n’y en a pas). En fait, toute l’économie semble être faite pour la centralisation de la production et tend vers la disparition des indépendants. Si tu veux faire de l’argent, il ne faut pas travailler, il faut se vendre. Tu veux distiller pour trinquer avec tes potes ? J’approuve ! trinquer est un très beau rituel de notre société. Les sniffeurs de cocaïne n’ont pas ce genre de rituel de partage et de souhaits de santé. Profites-en ! Avec les années, tu verras que l’on boit moins… Alors peut-être faut-il penser à faire des spiritueux médicinaux ? C’est une belle piste à défricher ! L’entretien de la santé est la base de la distillation des eaux-de-vie et de l’alimentation en général (t’as pas fini d’avoir des ennuis avec la pensée unique !). Tu veux créer un îlot de résistance pour lutter contre la soupe mondialiste ? Super ! mais adhérer au syndicat local (une association locale de bouilleurs de cru), ou en monter un le cas échéant sera plus facile et plus gratifiant, et très efficace pour le lien social, local, et l’économie du village (économie au sens large).
    En tous cas, si tu veux monter une micro-distillerie en achetant tes plantes ou tes fruits à la distribution et tes alcools-bases à l’industrie pour faire une boisson esthétique qui n’a pas d’autre but que d’être « bon », ce que récuse Raymond Dumay dans son merveilleux « Célébration des alcools », tu peux compter sur tes talents de gestionnaire et de communicant ! Un alcool « bon goût » est la plupart du temps trop superficiel pour répondre à nos vrais besoins actuels. Faire de l’alcool pour faire de l’argent, ou parce que c’est « bon », ou parce que c’est la classe ne sera peut-être pas suffisant. Il est temps de penser aux autres. Il est temps de réfléchir aux besoin de la société dans laquelle on vit et aux remèdes qu’on peut lui apporter. L’alcool amateur ou artisanal est, je crois et malgré les apparences, l’un des remèdes importants pour notre société. Et puis votre nouvelle distillerie ne décollera sans doute pas comme une fusée SpaceX, en revanche, elle trouvera petit-à-petit sa place sur la terre. Et vous en baverez, vous souffrirez de la persécution des Fraudes, et des Douanes, de l’ « Environnement »… Mais en fait vous ne souffrirez pas plus que n’importe quel paysan qui entretient son pays, pas plus que n’importe quel petit artisan qui anime son village…
    Soyez intègres, intransigeants, ne cédez jamais aux conneries de l’administration. Résistez ! Gardez en tête que vous ne vous battez pas pour « gagner votre vie », mais pour améliorer notre vie à tous. Échangez ! Résistez ! Ne vous courbez pas ! Et on y arrivera…
    (Non, je n’ai rien bu, je suis toujours comme ça, depuis 28 ans)
    Oui, on peut y arriver, mais il faut se battre contre les cadavres d’une société moribonde qui ne veut pas abdiquer…

    On pourra alors trinquer à la santé des alambics des villages !

    ps. Si vous êtes choqué par ma verve contre l’administration, relisez bien mes mots et n’ajoutez rien : je ne condamne personne et je suis respectueux des lois (même si je ne les approuve pas souvent). Au cours de ma vie de distillateur, j’ai reçu des menaces de mort de la part d’agents de l’administration et des déclarations qui balancent entre la bêtise la plus méchante et la méchanceté la plus bête. L’effet qu’elles ont eues a souvent été une immense fatigue, mais on sait pourquoi on se bat et la vie est aussi pleine de satisfactions et de bon retours. Malgré tout, c’est vraiment un super métier que d’être distillateur !

    C’est vraiment un super métier !

    Pas de modération !

    Matthieu Frécon, Sarreyer, hiver 2026.

    Logo vertical

  • Devenez distillateur ! Programme des stages

    Devenez Distillateur !
    Programme 2024 des stages pratique de distillations spiritueux
    (France - Suisse)


    Matthieu distillation 2023 2Cela fait maintenant plus de 12 ans que je donne des stages pratiques pour devenir distillateur alcool, amateur ou professionnel. Des centaines de personnes ont suivis ces stages de 2 jours et plusieurs dizaines d’artisans distillateurs ont démarré leur distillerie avec moi. J’ai assuré le suivi de nombres d'entre eux dont certains sont actuellement également formateurs.

    Après avoir tenu Atelier Public en Côte d’Or, puis dans l’Hérault (Montpeyroux, Faugères) depuis 1998, je suis installé en Valais (Suisse) depuis 2016 où je me suis spécialisé dans les eaux-de-vie de plantes, principalement l'absinthe, mais également gin, pastis, arquebuse, suédois/thériaque &c… Une bonne part de mon travail et de mes recherches actuels est tournée vers les plantes aromatiques et médicinales (PPAM), culture, herboristerie, et distillation. J’enseigne la spagyrie (alchimie végétale et médicinale) dans différentes écoles d'herboristerie, de naturopathie, ou des lycées agricoles en Suisse ou en France.

    Cette année, après avoir fait de longues recherches sur les recettes anciennes (Eau de la Reine de Hongrie, Arquebuse, Chartreuse…), j'ai décidé de modifier le programme de ma formation de distillation spiritueux pour ajouter les connaissances des liquoristes de la Renaissance à la Belle Époque, voire faire des incursions dans l'Antiquité (Thériaque et recettes de la Grèce Antique).
    discussions-au-coin-du-feu-jura.jpg

    Je vous présente le nouveau programme (très dense) de ce stage de deux jours…

    Le premier jour se passe autour d'un alambic traditionnel en cuivre et à repasse. dessin-de-fanny-mazet.jpg

    Matin : Distillation de vin. « Cuite » (première passe) du vin. Qualités et défauts d’un vin à distiller. Les différents types d’alambics et lequel choisir. Théorie de la distillation à repasse ou à colonne. Théorie de la fermentation alcoolique. Pratique de la fermentation naturelle et de la distillation des différents fruits.

    Après-Midi : « Repasse » du brouilli (la première distillation) du matin. Comment faire ses coupes (têtes et queues) en pratique ? Pratique de la macération (petits fruits, plantes). Spiritueux et liqueurs de plantes aromatiques. Construction des recettes médiévales/Renaissance. Les grandes familles : Gin/vodka/Aquavit, Anisés méditerranéens (Pastis/Absinthes), Arquebuses, Chartreuse &c… Préparation d’une Eau de Mélisse des Carmes ou d’une Arquebuse (sélection des plantes, pesage, broyage, mise en macération/percolation).

    Soir : Dégustation d’eaux-de-vie blanches. Technique de dégustation. Détection des défauts de fabrication. Appréciation et introduction à l’étude de l’ivresse. Les participants sont encouragés à apporter leurs propres eaux-de-vie. Dégustations d’Eaux-de-vie de maîtres.

    Le second jour se passe au laboratoire, avec un alambic d’essai.

    Matin : Distillation d’un hydrolat (lavande, mélisse…). Présentation sur la distillation des plantes aromatiques et médicinales, huiles essentielles et hydrolats.  Comment s’installer légalement comme artisan ou amateur ? Comment ouvrir une micro-distillerie, ou un syndicat de Bouilleur de crus ? Distillation (alcoolique) de l’Eau de Mélisse, ou de l’Arquebuse selon la préparation de la veille, avec dégustation. Pratique de la fermentation/distillation des fruits exotiques. Pratique de la fermentation/distillation des grains (saccharification).

    Midi : Dégustation d’une Absinthe (La Chandelle Verte). Histoire et mythe de la Fée Verte.

    Après-midi : Après la distillation : élevage et réglage des eaux-de-vie blanches ou élevées en fûts. Herboristerie et liquoristerie. Étude physiologique de l’ivresse. Relations entre l’herboristerie (médecine galénique) et l’hermétisme (distillation alchimique). Histoire de la Thériaque dans la médecine et dans la liquoristerie.
    Enseigne-HB1.jpg

    Les participants repartent avec un flacon de l’Eau de Mélisse ou l’Arquebuse distillée le second jour.

    • Pas de prérequis nécessaires : l’atelier est accessible à tous, mêmes débutants. Ils s’adresse aux (futurs) amateurs et aux (futurs) professionnels.
    • Les participants peuvent enregistrer le cours et prendre des notes.
    • Il est possible de poser de recontacter Matthieu par mail après le stage.

    Lieux de formations :
    En France : à la Distillerie Helvia (Ardèche)
    En Suisse : à la Distillerie de Bagnes (Edelweiss Distillerie), à Sarreyer (Valais).

    Les dates & lieux sont données dans l’agenda de ce site.

    Autour de l ambicdiscussions-au-coin-du-feu-jura.jpg

     

  • Le boom des micros-distilleries en France…

    Le boom des micros-distilleries

    Quand j'ai commencé en 1998, j'avais été voir le regretté Philippe Traber à Ribeauvillé (distillerie Metté). Lui expliquant que je voulais devenir distillateur, il m'avais répondu "Tu es courageux !". C'est vrai qu'à l'époque, on pouvait compter les artisans-distillateurs parmis les espèces en voies d'extinction proche…  Et bien, on a pas mal bossé, les stages, les publications, ce site notamment, le Syndicat des Distillateurs Indéepndants (et l'excellent travail de la FNSRPE aussi)… bref, un quart de siècle plus tard, nous sommes nombreux à être courageux !
    Vive l'alambic !

    Distilleriesboom

    Copie d'écran du groupe facebook BlaBla entre distillateurs, animé par le Syndicat des Distillateurs Indépendants.

  • Création du syndicat de défense de la distillation amateure et artisanale

    Pour que vive la tradition de la distillation amateure et artisanale Brulaire-oc-Ill_fini.jpg

    Tout le monde sait que la tradition française de l’eau-de-vie vient de la tradition des bouilleurs de cru. Ces paysans distillateurs sont connus pour avoir du lutter avec une administration toujours hostile depuis le commencement des taxations sur l’alcool (principe fondamental sur lequel on devrait réfléchir), qui entraine inévitablement la fraude.
    La situation s’est tendue toujours plus jusqu’à ce que les derniers privilégiés ne représentent plus de réelle concurence pour l’industrie des spiritueux. L’administration a alors commencée à baisser sa garde et la destruction systématique des alambics a un peu diminuée. En 2003, les syndicats de bouilleurs de crus, fédérés par la FNSRPE ont obtenus une reconnaissance plus universelle et plus juste du droit de produire de l’alcool dans un but non-économique : c’est la nouvelle réglementation sur les bouilleurs de cru.

    En même temps, la distillation artisanale (petites distilleries) a elle-aussi vécu une période difficile due a une politique active en matière de santé publique (lutte anti-alcoolique). Cette politique est responsable de la disparition d’une grande partie des petites distilleries mais n’a pas tellement nuit aux industriels des spiritueux (Ricard, ou les importateurs de whiskies &c…) et la consommation générale d'alcool en France n'a pas diminuée autant que la production artisanale.

    On assiste aujourd’hui à une renaissance de la distillation artisanale (micro-distilleries), et à un léger retour du bouilleur de cru nouvelle manière (depuis la loi de 2003). Il y a donc un retour d’intérêts pour cette activité traditionnelle : la distillation à l’alambic.
    Parallèlement, la loi régissant la distillation artisanale n’a pas évoluée depuis environ… un siècle (le Code Général des Impôts reste fondamentalement le même depuis le début du XX° siècle) ! Son action est maintenant progressivement remplacée par une législation européenne proposée par les lobbies adaptés à la taille de l’Europe : des industriels.
    Ce manque de représentativité de notre passion - l’alambic amateur ou artisanal - est un vrai problème pour l’élaboration des lois qui régissent notre activité. C’est un vrai problème pour nous évidemment, mais aussi pour Bruxelles qui regrette de n’avoir pas d’autres interlocuteurs que l’industrie.

    Nous sommes maintenant nombreux à ressentir le besoin d’un syndicat de défense de la distillation à l’alambic.
    Les syndicats de défenses des Bouilleurs de Cru (FNSRPE) et de Bouilleurs Ambulants restent actifs et continuent leur travail propre, mais ne correspondent pas forcément à la nouvelle génération de micros-distillerie qui émerge depuis environ 10 ans.

    Nous avons donc décidé de former un syndicat de défense des bouilleurs de cru et micro-distillateurs, un syndicat de défense de la distillation à l'alambic.

    Une réunion de travail et festive de création de ce syndicat se tiendra à la distillerie d’Autignac (Hérault) dans les locaux de l’Atelier du Bouilleur le WE de Pentecôte les 20 et 21 Mai.

    Cette première rencontre est ouverte à tous les distillateurs amateurs ou artisans.
    L'ordre du jour sera : Création de la structure légale et organisation des groupes de travaux.
    Le but de ce syndicat sera de créer une structure de communication avec l’administration (douanes, fraudes, Europe…), de fédérer les informations et les achats de matériel, de proposer des formations à la distillation, de participer à des activités culturelles (démonstrations &c…), et de nombreuses autres choses que l’on décidera ensemble ce we de Pentecôte à Autignac.

    Martial Berthaud, le distillateur de l’Atelier du Bouilleur a fait une première lettre que je joins ici Cre ation du syndicat des distilleries artisanales et amateurscre-ation-du-syndicat-des-distilleries-artisanales-et-amateurs.pdf (101.11 Ko), je joins également ma lettre envoyé à tous ceux qui ont répondu au premier appel que nous avons fait pour lancer l’idée de ce syndicat 2 lettre2-lettre.pdf (34.04 Ko). Enfin, vous trouverez ici Horaires penteco te 2018horaires-penteco-te-2018.rtf (17.69 Ko) une grille d’horaires pour les activités de cette première rencontre.

    Pour participer : lisez la lettre de Martial et l’emploi du temps proposé, puis contactez l’Atelier du Bouilleur pour vous inscrire et éventuellement réserver une chambre sur place.

    Merci à tous !

    PS. C’est gratuit, il y a une libre participation pour la nourriture et pour l’accueil (logement &c…). Il y aura bientôt une cotisation pour les participants, mais à l’entrée c’est gratuit…

    PPS. Faites passer l’info. Merci !

    discussions-au-coin-du-feu-jura.jpg

    PPPS : Je donnerai une formation distillation alcool à la distillerie d'Autignac les 2 jours précédents cette rencontre (les vendredi 18 et samedi 19 Mai), renseignements ici : http://www.devenir-distillateur.com/agenda/distillation/distillation-spiritueux-et-autres-elixirs.html .

  • Les premières gouttes à Edelweiss Distillerie…

    Les premières gouttes de notre nouvelle distillerie ! Matthieu distille au chalet

     

    J’ai fondé Edelweiss Distillerie avec Florence Thieblot il y a 1 an lors de notre installation à Sarreyer (Valais). Nous avions pris contact avec la Régie Fédérale des Alcools (RFA) à Berne en Juillet 2017. Enfin, en Février 2018, nous avions toutes les autorisations pour démarrer.
    Le délais pour notre installation a été assez long du fait que la RFA a été entre temps reprise par la douane, qui est une organisation internationale qui gère la production d’alcool dans la plupart des pays. Ce remplacement a été suscité pour des raisons d’économies, et il est probable que la douane réussisse ses promesses au moins au début de son administration puisque les bureaux de Bernes ont été vendus, l’alambic mobile de la RFA mis a disposition aux bouilleurs de cru aussi, et le budget formations des bouilleurs supprimé (rappelons que le livre de référence en matière de distillation moderne des fruits, par mm. Tanner et Brunner fut soutenu par la RFA, ainsi que les cours de distillations &c…).
    Mais ne soyons pas trop pessimistes : le logiciel qui gère les déclarations de distillation, les transports d’alcools &c… et qui remplace les déclarations papiers élaboré par la douane fonctionne, et c’est une exception en Europe (pourvu que ça dure !).

    Mais bref… Aujourd’hui, nous distillons les mirabelles de l’été dernier. Demain je ferai les repasses, puis quelques marcs, un peu de miel fermenté (pour la teinture de propolis), les macérations de gin, et enfin les pommes/génépi et pommes/verveine.
    Il faudra alors attendre que les dernières neiges finissent de fondre pour pouvoir accéder au chalet autrement qu’en raquettes pour amener les barriques d’alcools que l’on a distillées au printemps dernier à Autignac, mon ancienne distillerie de l’Hérault aujourd’hui tenue par l’Atelier du Bouilleur (distillations de vins bio & natures pour faire notre absinthe).

    Aujourd’hui, c’est un alambic à Bain-Marie de 100 litres qui tourne. C'est notre alcoollègue Etienne Jacques (Distillerie La Gouttière) qui nous l'a trouvé. Dès que le chemin sera accessible en voiture, nous amènerons notre 100 litres à feu nu, plus un petit appareil à essais, spécial spagyrie. Et puis ce sera assez pour cette année, et de toute façon, nous n’avons pas assez de bois pour travailler plus…

    Quand-même, distiller au feu de bois en plein air et en face des montagnes enneigées du Valais, c’est un job assez agréable…

    Brouilli de mirabelles

    Florence distille au chalet

    L’hiver est traditionnellement la saison du distillateur et c’est la plus tranquille pour nous. Avec l’arrivée du printemps, les cultures, les préparations de cosmétiques et produits de soins vont nous occuper. L’été enfin, est la saison de l’alchimiste solaire et j’y suis occupé avec les distillations et cuissons solaire pour mes pierres de vin, de miel, et autres préparations spagyriques. À l’automne, il faudra se dépêcher d’amener au chalet les matières premières, le bois &c… avant les premières neiges qui interdiront l’accès… Les douaniers n’oublieront pas leurs skis pour venir nous rendre visite (c’est déjà arrivé, ça aide à mettre une bonne ambiance !) et les villageois viendront chercher leurs bouteilles en raquettes…

    Hum… Je me découvre un style quelque peu champêtre ce premier jour près de l’alambic…

    PS. Je réalise que je retrouve ici, avec ce simple alambic de 100 chauffé au bois et installé en plein air les sensations que j’avais à mes tout débuts en 1998 à Jaugey (Côte d’Or). C’était une installation centenaire, les bouilleurs l’étaient aussi probablement… Le travail était assez dur mais pleins de sensations puissantes et douces : odeurs, sons, mouvements… Pas de bruits de moteurs, pas d’odeurs industrielles, juste des poules, des vaches, et des paysans dans la neige…

    Matthieu à Jaugey 1998
     

    J’ai perdu ces sensations plutôt féériques lorsque je me suis installé dans l’Hérault. J’ai du augmenter le parc d’alambics, j’ai du remplacer le bois par le gaz, mes clients parlaient produits, rendements, marché… Les douanes, heu… j’arrête là…

    Matthieu


    Florence thieblot et matthieu fre con

    Edelweiss distillerie logo

  • Le renouveau de l'Eau Bénite

    Le retour du culte originel de Saint Patrick !
    Enfin une eau bénite (Whisky Beata en  gaélique, la langue du patron de la christianisation en Europe) qui a de l'esprit ! Bravo ! (Gilbert, c'est toi ?)

    Jura. Dans l'église, l'eau-de-vie remplaçait l'eau bénite

    • L'église de Château-Chalon

      L'église de Château-Chalon | Christophe Finot (CC)

    Ouest-France avec agence

    L'eau bénite était remplacée par de l'alcool dans les bénitiers de l'église de Château-Chalon (Jura). Repéré par des touristes croyant y voir une tradition viticole locale, ce remplacement a surpris les habitants du village la semaine passée. Aujourd'hui, l'eau de vie a disparu mais les responsables de cette farce ne sont toujours pas connus.

    C'est une blague de mauvais goût. L’eau des bénitiers de l’église Saint-Pierre, à Château-Chalon (Jura) a été remplacée par de l’eau-de-vie la semaine dernière raconte France Bleu Besançon. C’est la réaction des touristes qui a permis la découverte de l’insolite modification du contenu des bassins.

    Les visiteurs se sont en effet renseignés auprès de l’office du tourisme de la commune pour en savoir plus sur la présence d’alcool dans les bénitiers, qu'ils prenaient pour une coutume locale lors des vendanges dans ce village viticole.

    Les auteurs toujours inconnus

    La mairie a rapidement été alertée et samedi, tout était rentré dans l’ordre. Les deux litres d’alcool utilisés par les auteurs de la manipulation ont à nouveau laissé place à de l’eau bénite. Une habitante du village s’est chargée de faire disparaître toute trace d’eau-de-vie dans l’église.

    Les responsables de cette interprétation toute personnelle du changement de l’eau en alcool n’ont pas été identifiés. Mais Christian Vuillaume, le maire de Château-Chalon, a fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de porter plainte.
     

    https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/jura-dans-l-eglise-l-eau-de-vie-remplacait-l-eau-benite-5230081
     

    "Une blague de mauvais goût" ? Mais pourquoi de mauvais goût ? En tous cas, bravo et tous mes vœux de succès pour les messes à venir !
    (et merci Julien pour l'info !)

  • Faire un joint

    Savoir faire un joint

    Excusez ce titre aguicheur sinon fumeux, il s'agit ici bien sûr de la manière de luter son alambic pour éviter que tout le monde profite des vapeurs perdues de la distillation…

    Aux matériels modernes des solutions performantes que j'évitent autant que mon âge respectable me le permet mais aux anciennes marmites il y avait des solutions toutes simples que je vais vous décrire maintenant.

    Ah, si, encore un instant que je vous parle d'un type de joint très pratique que vous trouverez souvent dans le matériel de bouilleur de cru et tous les alambics "Deroy" sont clôts avec ce système : le joint hydraulique. Joint hydrolique
    Il s'agit de placer le chapiteau (autrement dit, le couvercle) dans une petite gouttière qui surmonte la marmite. On remplit d'eau, et la vapeur ne pourra plus sortir (sauf si le chauffeur s'endort et que le feu exagère…). Très pratique : le joint se remplit évidemment à chaque cuite, mais ne nécessite pas que le distillateur soit bricoleur, alors tout va bien.
    Le principe est que la vapeur des alcools est inférieure à celle de l'eau du joint qui ne devrait pas bouillir, l'eau empêche donc la sortie des gaz. Ce type de joint n'est cependant pas pratique pour la distillation des plantes (hydro-distillation) puisque dans quand on distille des plantes pour les huiles essentielles ou les hydrolats, on monte la température jusqu'à faire bouillir l'eau qui entrainera les principes aromatiques des plantes (ce qui fera bouillir l'eau du joint…). C'est le même principe que le bulleur des fûts de fermentation qui permet aux gaz de s'échapper en empêchant l'air extérieur d'entrer pour contaminer le cru qui bout (le cru du bouilleur de cru pour les nouveaux)

    Donc, autrefois, il existait deux façons de luter sa distilleuse : le joint à la farine et le joint à la cendre, et je vais vous expliquer comment les faire (beaucoup de mots pour des trucs hyper simples, mais pour faire un article, 3 lignes c'est pas assez…).

    Le joint à la farine :
    Si vous distillez dans votre cuisine, sur le gaz, le choix est vite fait : tapez dans la réserve de farine du placard. N'importe quelle farine de base fera l'affaire. Je la préfère bio par snobisme et pour éviter les pesticides dans les prés mais ça n'a pas d'importance.
    Le truc, s'est de faire simple : on met un peu d'eau dans la farine, juste assez pour que ça colle bien. On ne touille pas trop sinon ça colle plus assez. On ferme la bête et on applique la pâte.
    S'il reste des fuites, on en remet un peu plus et on sera quitte à nettoyer un peu plus…
    Si vous avez un système qui joint bien et que vous ne craignez pas de vous brûler, alors fermez, allumez, et attendez de voir où ça fuit. Là où ça fuira, vous pourrez mettre de farine sèche (la vapeur se chargera de transformer la poudre en pâte). voilà, c'est tout.
    Les avantages : la farine, il y en à dans toutes les cuisines, sauf peut-être aux états-unis (mais eux ils ont le chewing-gum !). Les débris, poussières &c… ne pollueront pas vos précieux breuvages…
    L'inconvénient : il faut de la farine et il faut aussi se laver les mains après.
    Ce type de joint se pratiquait plutôt dans le sud de la France, et plutôt chez les distillateurs de plantes aromatiques (qui sont, ça tombe bien, plutôt dans le sud de la France). Arnaud de Villeneuve, le doyen des alchimistes français et catalans (XIII° siècle) décrit un procédé similaire à base de farine et de blanc d'œuf (mais je crois qu'en fait il faisait faire sa pâte à joint par le pizzaiolo de la rue du Campnau qui était alsacien et qui ajoutait des œufs à sa pâtes (et, contrairement à ce que l'on lit chez les alchimistes, c'est lui qui a tout appris de la distillation du schnaps au petit Arnaud).

    Le joint à la cendre :
    Si vous distillez dehors et chauffez au bois, alors vous choisirez le joint à la cendre. C'est très pratique : on chauffe pour distiller, et en plus de la goutte, bonus, on a de la cendre !
    Il faut tamiser la cendre pour lui enlever les clous et les bouts de charbons. Une simple passoire de cuisine fera très bien l'affaire. Ensuite, on ajoute de l'eau jusqu'à obtenir une consistance de plâtre, et on applique là où ça va fuir… La chaleur va faire sécher la pâte.
    Quand tout est terminé, on casse le lute avec une petite lame ou un bout de bois, on récupère ce qu'on peut de cendre qui servira à la prochaine cuite…
    L'avantage, s'est que s'est plus agréable d'avoir ce ciment de cendre sur les paluches que de se mettre de la farine partout. C'est aussi que la cendre, si l'on chauffe au bois (je vous le recommande), c'est gratuit et on n'en manque jamais. L'inconvénient, c'est que quand on l'enlève, ça met de la poussière partout (et si ça tombe dans la goutte, ça augmente, un peu, son PH et diminue son goût en conséquence).
    On trouve des alambics luté à la cendre dans le nord de la France, et dans les pays alentours. Il est plus répandu que le précédent et c'est mon préféré.

    PS. Je n'ai pas parlé des joint en caoutchouc ou en silicone parce que ce sont des systèmes trop compliqués à changer pour un distillateur qui sait à peine réparer la chambre à air de son vélo (c'est de moi qu'il s'agit). Pour ceux-là, si vous devez changer un vieux joint de ce type, ou un très vieux en amiante, débrouillez-vous pour trouver une solution…

    Une prochaine fois, on verra d'autres tuyaux…

    PS. Dans quelques jours, j'ajouterai des photos, ça fera plus moderne…

  • Une nouvelle distillerie à Uzès

    Quentin martial a autignac

    Quentin Le Cléac'h (à gauche) et Martial Berthaud (à droite) à Autignac en 2014

    Un revenant dans le monde l'esprit (de vin…), Quentin Le Cléac'h vient de remonter une distillerie spiritueux à Uzès (Gard) !
    Quentin avait d'abord repris ma distillerie à Autignac avec Martial Berthaud, lequel distille toujours, voyez plutôt : https://www.atelier-du-bouilleur.fr/fr/, puis il monte maintenant son unité dans le Gard.

    En attendant d'en savoir plus sur ses projets pour vous les annoncer ici, voici ses coordonnées : q.lecleach@gmail.com , Bouilleurs, préparez vos tonneaux !

    A la santé de cette nouvelle nouvelle distillerie ! (nouvelle nouvelle parce que qu'il y en a pas mal de nouvelles qui se montent ces-temps-ci ! :-) )


    PS.
    Tiens, d'ailleurs, dans la région, il y a un autre nouveau nouveau qui vient de me faire signe : c'est Olivier Luspin dans l'Aveyron : La muse du Verger (production/prestation de service) A St. Beauzely (12620). 06 09 59 91 36.
    Longue vie à l'eau-de-vie !

  • Un film à l'Atelier d'Autignac…

    Une vidéo filmée à la distillerie d'Autignac en 2010.

     

    Video autignacois 2010

     

    Merci à "Autignacois" pour la prise de vue et le montage !

    Lien direct : https://www.youtube.com/watch?v=2IX2xDx_73Q

  • L'Alambic est arrivé !

    Le premier alambic de Edelweiss Distillerie, en Valais…

    …Est arrivé hier !
    C'est notre ami Etienne Jacques (Distillerie de la Gouttière) qui nous l'a vendu. C'est un joli échange puisque j'ai aidé Etienne à démarrer la distillation des alcools, et il nous a donné les bases de la brasserie (du coup, on va aussi brasser).
    Nouvel alambic a edelweiss distillerie est arrive 7 7 17

    Un alambic à Bain-Marie distillera nos spiritueux et les élixirs, et servira aux bouilleurs familiaux de la région qui nous confieront leur cru (La Suisse connait comme la France les bouilleurs de cru. Ils font ordinairement distiller leurs tonneaux par un distillateur, ou distillent eux-mêmes dans le cadre d'une installation collective comme les alambics communaux de l'est de la France).
    Nous avons aussi racheté à l'Atelier du Bouilleur un second appareil du même type que je ramènerai de l'Hérault bientôt. Autre bel échange puisque l'Atelier du Bouilleur m'a succédé à la distillerie d'Autignac.

     

    Pour nous faire distiller votre cru, vin, fruits &c… Prenez contact avec nous : les alambics seront opérationnels à la fin de l'été !
     

    Hier également, le nombre de visiteurs de ce site à dépassé le million. C'est n'est pas extrêmement important, mais ça montre l'intérêt de la distillation amateurs et artisanale… J'ai démarré ce site en 2009 après la première édition de L'ALAMBIC, l'Art de la Distillation (que je vend toujours, n'attendez pas Noël pour vous l'offrir !).

    Edelweiss distillerie logo 1