bouilleurs de cru

Le renouveau de l'Eau Bénite

Le retour du culte originel de Saint Patrick !
Enfin une eau bénite (Whisky Beata en  gaélique, la langue du patron de la christianisation en Europe) qui a de l'esprit ! Bravo ! (Gilbert, c'est toi ?)

Jura. Dans l'église, l'eau-de-vie remplaçait l'eau bénite

  • L'église de Château-Chalon

    L'église de Château-Chalon | Christophe Finot (CC)

Ouest-France avec agence

L'eau bénite était remplacée par de l'alcool dans les bénitiers de l'église de Château-Chalon (Jura). Repéré par des touristes croyant y voir une tradition viticole locale, ce remplacement a surpris les habitants du village la semaine passée. Aujourd'hui, l'eau de vie a disparu mais les responsables de cette farce ne sont toujours pas connus.

C'est une blague de mauvais goût. L’eau des bénitiers de l’église Saint-Pierre, à Château-Chalon (Jura) a été remplacée par de l’eau-de-vie la semaine dernière raconte France Bleu Besançon. C’est la réaction des touristes qui a permis la découverte de l’insolite modification du contenu des bassins.

Les visiteurs se sont en effet renseignés auprès de l’office du tourisme de la commune pour en savoir plus sur la présence d’alcool dans les bénitiers, qu'ils prenaient pour une coutume locale lors des vendanges dans ce village viticole.

Les auteurs toujours inconnus

La mairie a rapidement été alertée et samedi, tout était rentré dans l’ordre. Les deux litres d’alcool utilisés par les auteurs de la manipulation ont à nouveau laissé place à de l’eau bénite. Une habitante du village s’est chargée de faire disparaître toute trace d’eau-de-vie dans l’église.

Les responsables de cette interprétation toute personnelle du changement de l’eau en alcool n’ont pas été identifiés. Mais Christian Vuillaume, le maire de Château-Chalon, a fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de porter plainte.
 

https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/jura-dans-l-eglise-l-eau-de-vie-remplacait-l-eau-benite-5230081
 

"Une blague de mauvais goût" ? Mais pourquoi de mauvais goût ? En tous cas, bravo et tous mes vœux de succès pour les messes à venir !
(et merci Julien pour l'info !)

Faire un joint

Savoir faire un joint

Excusez ce titre aguicheur sinon fumeux, il s'agit ici bien sûr de la manière de luter son alambic pour éviter que tout le monde profite des vapeurs perdues de la distillation…

Aux matériels modernes des solutions performantes que j'évitent autant que mon âge respectable me le permet mais aux anciennes marmites il y avait des solutions toutes simples que je vais vous décrire maintenant.

Ah, si, encore un instant que je vous parle d'un type de joint très pratique que vous trouverez souvent dans le matériel de bouilleur de cru et tous les alambics "Deroy" sont clôts avec ce système : le joint hydraulique. Joint hydrolique
Il s'agit de placer le chapiteau (autrement dit, le couvercle) dans une petite gouttière qui surmonte la marmite. On remplit d'eau, et la vapeur ne pourra plus sortir (sauf si le chauffeur s'endort et que le feu exagère…). Très pratique : le joint se remplit évidemment à chaque cuite, mais ne nécessite pas que le distillateur soit bricoleur, alors tout va bien.
Le principe est que la vapeur des alcools est inférieure à celle de l'eau du joint qui ne devrait pas bouillir, l'eau empêche donc la sortie des gaz. Ce type de joint n'est cependant pas pratique pour la distillation des plantes (hydro-distillation) puisque dans quand on distille des plantes pour les huiles essentielles ou les hydrolats, on monte la température jusqu'à faire bouillir l'eau qui entrainera les principes aromatiques des plantes (ce qui fera bouillir l'eau du joint…). C'est le même principe que le bulleur des fûts de fermentation qui permet aux gaz de s'échapper en empêchant l'air extérieur d'entrer pour contaminer le cru qui bout (le cru du bouilleur de cru pour les nouveaux)

Donc, autrefois, il existait deux façons de luter sa distilleuse : le joint à la farine et le joint à la cendre, et je vais vous expliquer comment les faire (beaucoup de mots pour des trucs hyper simples, mais pour faire un article, 3 lignes c'est pas assez…).

Le joint à la farine :
Si vous distillez dans votre cuisine, sur le gaz, le choix est vite fait : tapez dans la réserve de farine du placard. N'importe quelle farine de base fera l'affaire. Je la préfère bio par snobisme et pour éviter les pesticides dans les prés mais ça n'a pas d'importance.
Le truc, s'est de faire simple : on met un peu d'eau dans la farine, juste assez pour que ça colle bien. On ne touille pas trop sinon ça colle plus assez. On ferme la bête et on applique la pâte.
S'il reste des fuites, on en remet un peu plus et on sera quitte à nettoyer un peu plus…
Si vous avez un système qui joint bien et que vous ne craignez pas de vous brûler, alors fermez, allumez, et attendez de voir où ça fuit. Là où ça fuira, vous pourrez mettre de farine sèche (la vapeur se chargera de transformer la poudre en pâte). voilà, c'est tout.
Les avantages : la farine, il y en à dans toutes les cuisines, sauf peut-être aux états-unis (mais eux ils ont le chewing-gum !). Les débris, poussières &c… ne pollueront pas vos précieux breuvages…
L'inconvénient : il faut de la farine et il faut aussi se laver les mains après.
Ce type de joint se pratiquait plutôt dans le sud de la France, et plutôt chez les distillateurs de plantes aromatiques (qui sont, ça tombe bien, plutôt dans le sud de la France). Arnaud de Villeneuve, le doyen des alchimistes français et catalans (XIII° siècle) décrit un procédé similaire à base de farine et de blanc d'œuf (mais je crois qu'en fait il faisait faire sa pâte à joint par le pizzaiolo de la rue du Campnau qui était alsacien et qui ajoutait des œufs à sa pâtes (et, contrairement à ce que l'on lit chez les alchimistes, c'est lui qui a tout appris de la distillation du schnaps au petit Arnaud).

Le joint à la cendre :
Si vous distillez dehors et chauffez au bois, alors vous choisirez le joint à la cendre. C'est très pratique : on chauffe pour distiller, et en plus de la goutte, bonus, on a de la cendre !
Il faut tamiser la cendre pour lui enlever les clous et les bouts de charbons. Une simple passoire de cuisine fera très bien l'affaire. Ensuite, on ajoute de l'eau jusqu'à obtenir une consistance de plâtre, et on applique là où ça va fuir… La chaleur va faire sécher la pâte.
Quand tout est terminé, on casse le lute avec une petite lame ou un bout de bois, on récupère ce qu'on peut de cendre qui servira à la prochaine cuite…
L'avantage, s'est que s'est plus agréable d'avoir ce ciment de cendre sur les paluches que de se mettre de la farine partout. C'est aussi que la cendre, si l'on chauffe au bois (je vous le recommande), c'est gratuit et on n'en manque jamais. L'inconvénient, c'est que quand on l'enlève, ça met de la poussière partout (et si ça tombe dans la goutte, ça augmente, un peu, son PH et diminue son goût en conséquence).
On trouve des alambics luté à la cendre dans le nord de la France, et dans les pays alentours. Il est plus répandu que le précédent et c'est mon préféré.

PS. Je n'ai pas parlé des joint en caoutchouc ou en silicone parce que ce sont des systèmes trop compliqués à changer pour un distillateur qui sait à peine réparer la chambre à air de son vélo (c'est de moi qu'il s'agit). Pour ceux-là, si vous devez changer un vieux joint de ce type, ou un très vieux en amiante, débrouillez-vous pour trouver une solution…

Une prochaine fois, on verra d'autres tuyaux…

PS. Dans quelques jours, j'ajouterai des photos, ça fera plus moderne…

Un film à l'Atelier d'Autignac…

Une vidéo filmée à la distillerie d'Autignac en 2010.

 

Video autignacois 2010

 

Merci à "Autignacois" pour la prise de vue et le montage !

Lien direct : https://www.youtube.com/watch?v=2IX2xDx_73Q

L'Alambic est arrivé !

Le premier alambic de Edelweiss Distillerie, en Valais…

…Est arrivé hier !
C'est notre ami Etienne Jacques (Distillerie de la Gouttière) qui nous l'a vendu. C'est un joli échange puisque j'ai aidé Etienne à démarrer la distillation des alcools, et il nous a donné les bases de la brasserie (du coup, on va aussi brasser).
Nouvel alambic a edelweiss distillerie est arrive 7 7 17

Un alambic à Bain-Marie distillera nos spiritueux et les élixirs, et servira aux bouilleurs familiaux de la région qui nous confieront leur cru (La Suisse connait comme la France les bouilleurs de cru. Ils font ordinairement distiller leurs tonneaux par un distillateur, ou distillent eux-mêmes dans le cadre d'une installation collective comme les alambics communaux de l'est de la France).
Nous avons aussi racheté à l'Atelier du Bouilleur un second appareil du même type que je ramènerai de l'Hérault bientôt. Autre bel échange puisque l'Atelier du Bouilleur m'a succédé à la distillerie d'Autignac.

 

Pour nous faire distiller votre cru, vin, fruits &c… Prenez contact avec nous : les alambics seront opérationnels à la fin de l'été !
 

Hier également, le nombre de visiteurs de ce site à dépassé le million. C'est n'est pas extrêmement important, mais ça montre l'intérêt de la distillation amateurs et artisanale… J'ai démarré ce site en 2009 après la première édition de L'ALAMBIC, l'Art de la Distillation (que je vend toujours, n'attendez pas Noël pour vous l'offrir !).

Edelweiss distillerie logo 1

 

Edelweiss Distillerie (Suisse)

Distiller au pays de l'Etoile d'Argent
                                                                                   Edelweiss distillerie logo

Et bien voila, cette semaine je vais chercher un nouvel alambic pour une nouvelle distillerie…
Mes amis savent que j'ai arrêté la distillation des spiritueux en 2014 pour refiler la patate chaude à mes amis Quentin Le Cléac'h et Martial Berthaud qui ont fondé l'Atelier du Bouilleur à Autignac, et bientôt une autre structure dans la région dont je vous donnerai des nouvelles dès que Quentin avance sur son projet.

Pour éviter le blues du bouilleur, j'avais quand-même gardé un petit alambic de 50 litres pour distiller mes roses (j'ai donc changé de statut : je ne suis plus distillateur de spiritueux, distillateur de PPAM -Plantes à Parfums, Aromatiques et Médicinales- seulement, ce qui est beaucoup plus léger au niveau administratif)… Deroy 50 litres
Petite parenthèse, j'avais acheté cet alambic à un syndicat de bouilleurs de cru d'un hameau de Moselle. ((photo simplex Deroy 1898))  Avec ce Simplex Deroy de 50 litres à feu nu et à repasse, tous les bouilleurs du coin venaient distiller leurs mirabelles (petite marmite, pour une production… au moins importante).

Et puis durant l'été 2016, j'ai traversé les Alpes pour m'installer avec  Florence Thiéblot dans le rôle de la Fée Verte au pays de l'Absinthe (oui, oui, je sais, mais je reviendrai sur ce sujet controversé…) et de l'Étoile d'Argent pour fonder la distillerie Edelweiss (Edelweiss Distillerie SARL).
Rose, Absinthe, Edelweiss… 3 belles plantes…

La Suisse est le pays qui a vu naitre Paracelse, et les médecines naturelles issues de l'alchimie et de la spagyrie (la spagyrie est une médecine crée par Paracelse au XVI° siècle) et les Helvètes sont plus familiers que les français avec les vertus des plantes, et avec les médecines naturelles et l'auto-médication. Je vais donc pouvoir réunir mes deux passions que sont la distillation des spiritueux et la fabrication d'élixirs alchimiques et je compte bien distiller des élixirs qui, à l'instar des moines du Moyen-Âge, serviront à se faire plaisir entre amis tout en entretenant sa santé.
Ainsi, nous allons tenter de produire des spiritueux, des élixirs spagyriques (mais très bons à boire !), et aussi, des cosmétiques et autres préparations de la ferme.

Distillation des alcools :
La distillerie, et presque tout le Valais, est entourée d'Absinthe valaisanne (Arthemisia Vallesiaca) sauvage. Il s'agit d'une sous-espèce locale de Grande Absinthe (Arthemisia Absinthium) aux arômes extraordinaires et qui est à l'Arthemisia Absinthium ce que cette dernière est à la laitue (dont le distillat, d'après Dorvaux, ne manque pas de vertus médicinales, reconnaissons-le…).
Programme Fée Verte du Valais en cours donc, des vertes, des bleues, et des blanches à la suisse… Je vous en reparlerai.
On fera aussi d'autres eaux-de-vie, de vins, de fruits, des macérations à-la-valaisanne (les bouilleurs suisses ont leurs petits trucs que je découvre petit-à-petit), de la gentiane, du génépi…
On fera aussi de la prestation de service pour les bouilleurs familiaux &c… (contactez-nous !)
On commence les distillations avec un vigneron Bio Déméter du Valais courant Juillet.

Et la loi…
Quelle est la différence entre les législations française et suisse ?
La législation en Suisse est plus stricte qu'en France, les droits d'accises y sont plus élevés, les mesures (et les horaires… non, je plaisante !) sont quelques peu plus précises &c…
Il y a quand-même une chose positive dans ce pays sans président, c'est que quand vous téléphonez à l'administration, votre interlocuteur décroche, et quand vous lui posez une question, il y répond, ou s'efforce d'y répondre…
C'est là toute la différence qui fait que distiller (ou faire n'importe quoi d'autre) devient possible et agréable ici alors que la même situation en France tourne rapidement au cauchemar…
Je reviendrai sur cette question épineuse de l'administration française, ou européenne maintenant, en matière de distillation artisanale…

Les élixirs
                      
Labo de vacances d e te Cuisson solaire de lies de vin
Avec l'été, en dehors des cueillettes et récoltes, c'est le moment de distiller et de calciner avec le soleil. Je prépare les élixirs solaires de vin et de miel, et les pierres d'absinthe, de vin, et de roses.
Ces élixirs seront commercialisés dans le cadre de la règlement des spiritueux, ainsi qu'il est possible en Suisse (comme les élixirs floraux de Bach).

Les cosmétiques
En Suisse, il est assez facile d'avoir un laboratoire pour fabriquer artisanalement des cosmétiques, des huiles de plantes, des savons, des crèmes et baumes… Une petite influence de la philosophie et des techniques spagyriques se fait évidemment sentir dans nos procédés.

Il est prévu de faire des stages. Stages distillation, spagyrie, cosmétiques (Demandez le ptrogramme !).

Je voulais juste vous présenter "Edelweiss Distillerie" sise à Sarreyer, altitude 1300 m. au pied du Mont-Fort, emprès des pistes de Verbier.

On reparlera bientôt de cette façon de concevoir la distillation : Faire conjointement des spiritueux pour la table et les amis, ainsi que des élixirs pour la santé, et des petits flacons pour la beauté…
Mais pour l'heure, je dois vous laisser pour aller désherber la plantation d'aromatiques…

PS. Ah, j'oubliais : Distillation à repasse et chauffage au bois, label Bio Suisse… Cela va sans dire…

Edelweiss Distillerie, Batterie des mayens 129, 1948 Sarreyer, Suisse

Edelweiss distillerie logo 1

 

Avec modération la prudence svp !

Modération
(scions, scions, scions du bois, pour le père, pour le père…)

J'ai aujourd'hui reçu la question suivante. Ma réponse suit…

Bonjour,
Je viens de retrouver, dans une cave, quelques bouteilles d'eau de vie de marc, distillée par mon grand-père, vraisemblablement dans les années 1950.
Par sécurité, j'ai fait faire un dosage de méthanol par un laboratoire d'analyse œnologique. Le résultat est de 3197,7 mg/l.
Selon vous, ce résultat rend-il ce marc impropre à une consommation modérée.
Merci d'avance des informations que vous pourrez me donner.
Cordialement

J.L.

Bonjour J.L.,
Comment était votre grand-père ? n'a t'il pas bu sans doute moins modérément que vous cette gnôle en guise de viatique ? Pourquoi voulez-vous qu'un usage modéré soit dangereux ? Il y a toutes les raisons de penser que le danger est bien au-delà des essais organoleptiques que j'espère vous allez faire joyeusement !
Ayons un peu confiance en nos ancêtres et arrêtons de nous prendre pour des dieux avec nos laboratoires et nos normes de sécurité !
J'espère que votre marc va vous faire tout le bien que votre grand-père vous souhaiterait s'il dégustait avec vous !
Goutez, et vous m'en direz des nouvelles !
À la bonne vôtre !
Amicalement
Matthieu

PS. Le taux que vous me donnez est probablement 319,77mg/HL AP., ce qui est fréquent pour l'époque.

……………………………………………………………………………

     C'est vrai que l'usage de la coupe est récent : je connais d'ailleurs encore beaucoup de distillateurs qui ne coupe que très symboliquement (et certains font d'excellents breuvages !).
Personnellement, moi qui ne suit que rarement moderne et encore moins souvent sévère, j'ai choisi la coupe de tête plutôt féroce : environ 10 % de l'alcool total (coupe faite au pif évidemment)… C'est en fait une question de goût, et de capacité du gosier (le mien est loin d'être blindé).
J'admire tous les alcools, avec ou sans méthanol, du moment qu'ils sont cohérents avec leur destination : pays, culture…

J'ai toujours travaillé avec des alambics en cuivre et à repasse, et je sais d'expérience que ces appareils permettent une bonne séparation des "non-alcools" (alcools non-éthyliques, comme le méthanol par exemple) tout en gardant un merveilleux rendu aromatique.

Voici un résultat d'analyses d'alcool de vin, le vin de Didier Barral, vin "nature" qui m'a toujours étonné par son absence de têtes et de queues à la distillation, et pourtant, à l'alnalyse, on est en-dessous du taux minimum de non-alcools (qui sont censés assurer une plus grande richesse aromatique, par rapport à la distillation industrielle spécialisée en alcool neutre en fait).
Cette Fine Faugères Barral 2000 est l'une des très bonnes eaux-de-vie que j'ai faite dans ma vie.

Caussiniojouls 2000

(à droite : moi à Caussiniojouls, distillation de la Fine Faugères 2000)

     Elle est pas belle ma coupe ?

Méthanol : 87 mg/Hl AP (87 milligrammes par hectolitre d'alcool pur) (Analyses par Philippe Cayrol chez UDM, que je remercie pour leur précieuse collaboration).

Sources : Mon livre sur la distillation qui ne raconte pas que des conneries…  (en vente ici)

Fine barral

 

Distille à Sion

La distille à Sion…

Non, je ne suis pas en Orient, dans l'un des berceaux de la distillation des plantes aromatiques et de l'alchimie… Mais près de Sion dans le Valais suisse pour un projet de distillation dont je vous parlerai plus bientôt.
J'ai souvent fait l'éloge des distillateurs suisses et de leur administration, la Régie Fédérale des Alcools (RFA). Il se trouve que l'alambic fait partie du patrimoine de ce beau pays tout autant qu'en France, et dans presque tous les pays du monde en fait…
Mais je m'égare…
La tradition de la distillation familiale en Suisse reste développée et les bouilleurs familiaux (c'est le nom local pour les bouilleurs de cru) ne manquent pas d'apporter leur tonneau à la distillerie locale. Ces distilleries sont le plus souvent d'anciennes installations ambulantes qui se sont sédentarisées, pour des raisons de confort le plus souvent. En Suisse, tous les producteurs ont le droit de faire bouillir leur cru, les taxes à verser sont d'environ 29 CHF par litre d'AP, ce qui est moins cher qu'en France si l'on tient compte de la différence du niveau de vie qui est bien supérieur chez les Hêlvètes (d'ailleurs ils ne mettent pas de trous dans leur gruyère). Il y a une remise pour les agriculteurs pour les 30 premiers litres (avant, c'était 5 litres, mais l'administration à décidé que 30 litres, c'est mieux et ça fait moins de papiers à remplir). Jusque-là, ça ressemble à la France. Là où ça commence à différer, c'est que les producteurs peuvent vendre leurs eaux-de-vie purement et simplement dès qu'ils ont payé l'impôt (les 29 francs ou moins) et qu'ils déclarent leurs gains en fin d'année.
Là où ça diffère franchement, c'est au niveau de la relation avec l'administration, mais je vais essayer de ne pas entrer trop dans les détails parce que c'est un sujet douloureux pour les bouilleurs français… Disons simplement que la Suisse est un état démocratique et que l'administration est au service de la population pour appliquer les règlements qu'elle a voté. Il n'y a donc pas de raison d'être en conflit généralisé puisque tout le monde (les bouilleurs et l'administration) travaillent dans le même sens (oui, je sais, je suis un peu enthousiaste, mais plus je connais la situation ici en Suisse, plus je le reste. Pourvu que ça dure !).
Bref…
J'avais déjà parlé de mon ami et collègue Armin Marchon (www.brennerei-marchon.ch/), près de Berne qui distille en propre production, fait de la prestation de service et déambule quelques semaines dans les campagnes proches de Bösingen. Voici maintenant quelques souvenirs de mes voisins et amis dans le Valais : la distillerie Tissières à Saint Léonard (https://www.valaisannet.com/alimentation/distillerie/tissieres-distillerie-a-st-leonard-en-valais.html) et celle de Charly Sauthier à Charrat (https://yellow.local.ch/fr/d/Charrat/1906/Distillerie/Sauthier-Fils-SA-dNDDnep4-cgxD5NQAvQp2w).

La distillerie teissie res a st le onard          La distillerie Tissières à St. Léonard

Florence une agricultrice distillatrice dont je vous reparlerai biento t

Florence Thieblot, une paysanne-distillatrice du Valais dont je vous reparlerai bientôt…

Jean charles le distillateur avec florence alcoolle gueN y a t il de ja pas trop d eau
Il y en a d'autres, mais je ne les connais pas encore (la Suisse, c'est comme le Maroc : on se fait des amis très facilement et il n'est pas facile de les laisser pour poursuivre son chemin - loin de moi l'idée de m'en plaindre !). Ces deux distilleries ont des alambics à vapeur avec 2 vases de 120 litres. Les clients amènent leurs bidons et viennent chercher leur gnôle le lendemain comme dans les campagnes de France. L'alcool est en général réglé à 50°. Le fait que les paysans vendent souvent leur production participe à la perpétuation de la tradition et l'alcool consommé en Valais est loin d'être exclusivement d'origine industriel comme en France.

La distillerie charly sauthierLa distillerie Charly Sauthier à Charrat (au fond, un alambic Holstein à vapeur).
Frédéric pèse le Génépi d'Isabelle Gabioud ("Les Simples"), productrice de plantes aromatiques et médicinales (et de génépi…) valaisanne.

J'ai découvert ici une tradition de macération de plantes dans les moûts que je ne connaissais pas en France, et les fermiers suisses ont souvent une très bonne connaissance des plantes sauvages. Ici, on met souvent des plantes (génépi surtout, mais aussi tout un tas d'autres comme l'achillée musquée &c… je reviendrai là-dessus dès que je serai un peu plus cultivé en plantes sauvages) dans les fruits mis à fermenter (coings, ou une poire peu aromatique par exemple). D'ailleurs on boit beaucoup d'absinthe dans les bistrots (surtout au café du Mont-Fort à Sarreyer, je vous en reparlerai bientôt !) ce qui est un signe de cette familiarité des valaisans avec les herbes (entre parenthèses, il y a des herboristes ici… Ce statut avait été supprimé comme en France, mais il a été réintroduit. C'est donc possible ! Qu'on se le dise !).

Je pense que je vais rester un peu ici en Valais, entre les plantes et les eaux-de-vie médicinales…

Jean charles et moi a la distilleuse de st le onard(Mais que disent-ils devant leur marmite ?)

PS. Pour le titre, désolé, je n'ai pas trouvé mieux, ni pire d'ailleurs…

 

Distiller avec la lune

Distiller avec la lune…

ne signifie pas distiller sous la lune à l'image des clandestins anglois (moonshiners) !

Voici un extrait du calendrier lunaire de Michel Gros qui nous apprend que l'astre argenté ne fait pas que faire monter les salades en graines ou agacer l'insomniaque mais préside aussi à la qualité de la gnôle…

Distiller avec la lune

Ce joli petit livre se commande ici : http://www.fermedesaintemarthe.com/A-2574-calendrier-lunaire-2017.aspx (8,50 €)

 

Calendrier lunaire 2017

Bonnes Fêtes… et bonnes "cuites" !

Apprenez la distillation

Apprenez la distillation !

Cette année, 3 Week-end de formation à la distillation sont prévus à la distillerie d'Autignac, le premier se passe mi Octobre…

Deux jours pour se former à la distillation artisanale, autour d'un alambic traditionnel de bouilleur de cru. Une formation faite pour les amateurs et pour les futurs professionnels, sans pré-requis préalable.

Le premier jour est consacré à la technique de la distillation des eaux-de-vie, depuis le traitement des fruits jusqu'à la dégustation. D'ailleurs, il est prévu une dégustation en fin de journée : amenez vos distillats ! même si ce ne sont pas des chefs d'œivres accomplis, nous verrons alors ce qui va et ce qu'il faut améliorer.
L'alambic utilisé sera un petit alambic en cuivre de 100 litres, à repasse, que j'ai longtemps utilisé dans mes pérégrinations de bouilleur ambulant et qui est maintenant utilisé par l'Atelier du Bouilleur qui nous accueille.

Le second jour est consacré à la magie des spiritueux, à l'alchimie plutôt. On fera un petit tour des distillats dans le monde de la préhistoire à nos jours, distillats alcoolisés ou non, destinés à la boisson ou destiné à la santé. On verra (et on expérinementera) ensemble un certain nombres de techniques classiques qui ont servit aux alchimistes et aux distillateurs. Onabordera la philosophie alchimique qui a présidée à l'élaboration de plus d'un élixir de moines. Nous ferons, et gouterons, un élixir d'absinthe fabriqué selon la technique spagyrique, la spagyrie est l'une des médecines alchimiques dont la philosphie et les pratiques sont de précieuses sources d'inspiration pour les distillateurs, liquoristes &c… encore aujourd'hui.

L'Atelier du Bouilleur met à la disposition des participants la cuisine et des chambres aménagées en dortoirs pour ceux qui le souhaitent. Nous pourrons partager nos repas, et Martial (le responsable de la distillerie) a de toutes façons l'habitude de préparer des pizzas ou d'autres plats (il ne manquera rien, ne vous inquiétez pas !)

Pour vous inscrire, il vous faut m'écrire (alcoollege-livre@yahoo.fr), vous recevrez une réponse rapidement ainsi que les infos pratiques. Il n'est pas nécessaire d'envoyer des arrhes : le règlement se fera sur place le samedi à l'accueil à 9h.
Si vous souhaitez profiter des dortoirs, il vous faut prévenir Martial à l'Atelier du Bouilleur (contact(arobase)atelier-du-bouilleur.fr).

À bientôt !Autour de l ambic

Je veux m'installer…

Bonjour Matthieu, je veux devenir distillateur…

Une question qui devient de plus en plus fréquente ! :-)

D'ailleurs j'en profite pour vous rappeller que j'organise des stages distillation qui prennent en compte les aspects légaux de l'affaire, et bien sûr les aspects techniques &c… Vous trouverez les dates dans
l'agenda.

 

La dernière :

Bonjour Matthieu,
je suis l'heureux possesseur de votre livre et passioné par la distillation. Je suis actuellement en charge d'une distillerie à l'étranger et souhaite pouvoir venir installer une microdistillerie en France. Je souhaite proceder par étapes successives : je fais actuellement l'acquisition de futs, que je considere comme exceptionnels et souhaite donc faire venir du rhum mais aussi du whisky (distillé avec le même alambic que celui dont je compte faire venir bientôt) et les mettre a vieillir, le temps que je puisse avoir cet alambic.
Ma question est la suivante: quelles démarches précisement dois-je faire pour faire venir des spiritueux de l'étranger et les stocker chez moi? Je suis un peu perdu avec vos explications, et j'en suis désolé, qui partent du postulat que: je suis d'abord distillateur et je stocke. Là, je souhaite faire l'inverse pendant deux ans.
Pouvez-vous m'aider? Je vous en serai infiniment reconnaissant. Bien cordialement, JP.

Bonjour JP,

Je ne suis pas sûr d'avoir précisément compris tout votre problème, mais je peux résumer en espérant que vous y trouverez les bonnes réponses.
 
Si vous voulez monter une micro-distillerie en France avec entrepôt, que l'alambic arrive avant ou après les fûts, c'est pareil. Il vous faut présenter votre projet aux douanes avec :
 
- Un n° de siret (artisan, micro-entreprise ça va très bien).
- Une demande d'acquisition d'alambic (puisque vous le connaissez, la demande sera mise en route et finalisée avec les autres étapes).
- Une demande d'agrément de distillateur que la douane mettra en place auprès de la préfecture.
- Le plan de la distillerie.
 
Si les quantités sont limités, vous pourrez être exonéré de cautionnement bancaire (régime "petit opérateur"), cela simplifiera grandement votre installation.
Lorsque vous aurez votre agrément &c…, que les douanes vous considéreront alors comme un fraudeur potentiel, je veux dire, comme un professionnel de la distillation en règle, alors vous aurez les documents utiles pour l'importation de vos précieuses barriques élevable en suspension de droits d'accises…
Il ne vous restera plus qu'à trinquer à ma santé et profiter de la belle vie de distillateur !
 
Mais je reste à votre disposition pour toute autre question pratique en attendant.
 
Amicalement
Matthieu
 
PS. Y a t-il un douanier parmi les lecteurs qui pourrait confirmer ou compléter les infos données ? MERCI !!!