alambic

Alambic de balcon

Les balcons innocents…

Pensiez-vous que les paraboles que l'on voit sur les balcons des grands immeubles servent à fournir cette drogue psychique que l'on appelle la télé ? Point du tout ! Si les habitants des quartiers surpeuplés des banlieues ne sont pas nourris par la nature et le calme, ils n'en sont pas si abrutis pour autant et ces capteurs cosmiques de balcons ont peut-être une destination toute autre que que le gavage par les glou-gloussements idiots des pantins d'écrans !

Voyez plutôt :

Distiller au balcon
Le site où l'on apprend que l'énergie solaire n'est pas que utilisée par les extras-terrestres, mais aussi par les distillateurs : http://www.vaucanson.org/php5/Accueil/index.php/distilla-sun

The a la menthe ou…

Merci à Nathalie, Salomé et Samuel qui ont participés à ce projet distilation pour l'info.

Je veux m'installer…

Bonjour Matthieu, je veux devenir distillateur…

Une question qui devient de plus en plus fréquente ! :-)

D'ailleurs j'en profite pour vous rappeller que j'organise des stages distillation qui prennent en compte les aspects légaux de l'affaire, et bien sûr les aspects techniques &c… Vous trouverez les dates dans
l'agenda.

 

La dernière :

Bonjour Matthieu,
je suis l'heureux possesseur de votre livre et passioné par la distillation. Je suis actuellement en charge d'une distillerie à l'étranger et souhaite pouvoir venir installer une microdistillerie en France. Je souhaite proceder par étapes successives : je fais actuellement l'acquisition de futs, que je considere comme exceptionnels et souhaite donc faire venir du rhum mais aussi du whisky (distillé avec le même alambic que celui dont je compte faire venir bientôt) et les mettre a vieillir, le temps que je puisse avoir cet alambic.
Ma question est la suivante: quelles démarches précisement dois-je faire pour faire venir des spiritueux de l'étranger et les stocker chez moi? Je suis un peu perdu avec vos explications, et j'en suis désolé, qui partent du postulat que: je suis d'abord distillateur et je stocke. Là, je souhaite faire l'inverse pendant deux ans.
Pouvez-vous m'aider? Je vous en serai infiniment reconnaissant. Bien cordialement, JP.

Bonjour JP,

Je ne suis pas sûr d'avoir précisément compris tout votre problème, mais je peux résumer en espérant que vous y trouverez les bonnes réponses.
 
Si vous voulez monter une micro-distillerie en France avec entrepôt, que l'alambic arrive avant ou après les fûts, c'est pareil. Il vous faut présenter votre projet aux douanes avec :
 
- Un n° de siret (artisan, micro-entreprise ça va très bien).
- Une demande d'acquisition d'alambic (puisque vous le connaissez, la demande sera mise en route et finalisée avec les autres étapes).
- Une demande d'agrément de distillateur que la douane mettra en place auprès de la préfecture.
- Le plan de la distillerie.
 
Si les quantités sont limités, vous pourrez être exonéré de cautionnement bancaire (régime "petit opérateur"), cela simplifiera grandement votre installation.
Lorsque vous aurez votre agrément &c…, que les douanes vous considéreront alors comme un fraudeur potentiel, je veux dire, comme un professionnel de la distillation en règle, alors vous aurez les documents utiles pour l'importation de vos précieuses barriques élevable en suspension de droits d'accises…
Il ne vous restera plus qu'à trinquer à ma santé et profiter de la belle vie de distillateur !
 
Mais je reste à votre disposition pour toute autre question pratique en attendant.
 
Amicalement
Matthieu
 
PS. Y a t-il un douanier parmi les lecteurs qui pourrait confirmer ou compléter les infos données ? MERCI !!!
 

Congrès 2016 des bouilleurs de cru et des bouilleurs ambulants !

Le Congrès annuel des bouilleurs !

C'est comme la réunion annuelle des druides dans la forêt des Carnutes… Cette année, c'est en Normandie, haut lieu de distillation, et les rapports entre bouileurs et gabelous a certainement été l'une des sources d'inspiration pour les créateurs des aventures d'Astérix…

Cette vénérable réunion réunit les deux syndicats concernés par la distillation amateure ou artisanale : les bouilleurs de cru (FNSRPE) qui sont les amateurs passionnés, et la fédération des bouilleurs ambulants, qui sont les distillateurs qui distillent pour la plupart des premiers.

Outre les gueuletons assemblées générales de chacun des syndicats, il y aura des conférences et sans doute des dégustations…
Les visiteurs sont les bienvenus et vous trouverez les renseignements sur le site de la
FNSRPE.
Logo fnsrpe

En plus des représentants des syndicats, et peut-être ceux des douanes, il y aura aussi nos amis suisses : M. Etter, le directeur de la Régie Fédérale des Alcools vient de prendre sa retraite et ce sera son successeur Marc Gilliéron, qui représentera nos voisins. Les suisses ont toujours apportés une attention toute particulière à la production des eaux-de-vie qu'ils considèrent comme étant un élément du patrimoine national. C'est la Régie Fédérale des Alcools qui se charge de la formation et de l'information des bouilleurs familiaux, et qui est à l'origine du premier livre sur la technique de distillation "moderne" en français. Voyez plutôt : https://www.eav.admin.ch/eav/fr/home.html (si on avait ça chez nous…).

Ça tombe en pleine récolte et distillation de roses, je n'y serai donc pas malheureusement…

Alors, bon congrès !

 

La Fédération Nationale des Bouilleurs de cru et la Fédération des Bouilleurs ambulants organisent le congrès National à BAGNOLES de l'ORNE.

Les 29,30 Avril et 1er et 2 Mai 2016 à BAGNOLES de l'ORNE

Accès à Bagnoles de l'Orne

 

Combien de litres dans mon tonneau ?

A l'attention des nouveaux controleurs des douanes qui ont parfois du mal à s'y retrouver dans l'univers fascinant de l'entrepôt du distillateur…

 

(…) Voici la table pour calculer le volume de liquide que contient une barrique…

 

Calcul du remplissage des barriques

(la même en PDF : Calcul du remplissage des barriquescalcul-du-remplissage-des-barriques.pdf (820.61 Ko) )

 

Pour t'en servir tu dois mesurer avec une tige la hauteur du liquide (le "mouillé") ainsi que la hauteur jusqu'à la bonde.

Tu divises la première par la seconde ce qui te donne un nombre dont tu prends les premiers chiffres après la virgule.

Dans la table, ce nombre correspond à un autre que tu multiplies par le volume total de ta barrique.

Exemple:

Si tu as 50 de hauteur totale et 40 de mouillé, 40 / 50 = 0,80

80 correspond à 8764 sur la table.

Si ta barrique fait 120 litres, alors 8764 X 120 = 1051680

Tu gardes les 3 premiers chiffres et tu as la quantité de liquide, soit 105 litres dans l'exemple. (…)

 

La calcul a l'air assez simple (!), mais pour moi la barrique reste un récipient à l'hermétisme insondable…

 

Merci à Quentin Le Cléach (http://www.atelier-du-bouilleur.fr/) et à Philippe Cayrol (http://www.groupeudm.com/) pour cette table et le mode d'emploi !

Coincer la bulle

L'Automne, un temps pour buller…

 

Photo bulleur

Et en action : Bulleurbulleur.mov (387 b)

Cet ingénieux système qui permet de voir le déroulement de la fermentation dans le tonneau qui reste secret tout en évitant les explosions qui sont toujours salissantes dans la distillerie.
Il est très utilisé dans les pays où l'on distille principalement des grains (Belgique en tête). Cette photo est prise au Canada, qui est un pays riche du mélange des traditions françaises et anglo-saxonnes et qui connait un fort renouveau de la distillation artisanale, nous auront l'occasion d'en reparler…

Le bulleur demande d'être hermétique et il est préférable de ne pas avoir à bouger le bidon pour éviter les fuites. Personnellement, comme je ne suis ni ordonné ni bricoleur, j'ai toujours préféré fermer mes tonneaux avec un simple couvercle qu'il ne faut pas oublier d'ouvrir de temps en temps pour admirer la fermentation en action et pour laisser le gaz carbonique d'échapper.

Les distilleries pros préfèrent souvent un troisième système pour fermer les cuves mises en fermentation qui est sûr et simple d'emploi, c'est la cuve à chapeau flottant (avec un joint hydrolique, comme les chapiteaux de certains vieux alambics).

Le chapeau flottant, pour moi, c'est l'idéal pour faire-mon-thé, mais ce n'est pas trop le sujet ici, pardon…

ps., si ma vidéo ne fonctionne pas encore, c'est que la fermentation n'a pas encore commencée, heu, je veux dire, je vais essayer de réparer ça…

Pour nettoyer son alambic : la pariétaire

Pariétaire


À l'automne, dans certaines régions comme la Drôme provencale, il existe certains distillateurs traditionnels qui distillent les plantes aromatiques l'été, la lavande surtout, et remettent les marmites en chauffe à la morte saison pour les fruits. Dans ces régions, on trouve un type d'alambic particulièrement adapté pour ces types de distillations assez différentes (un bain-marie traditionnel pour les fruits, qui permet éventuellement l'injection de vapeur dans la cuve pour les huiles essentielles). Malgré tout, il n'est pas toujours très heureux de distiller de la poire après avoir terminé sa saison de lavande (la gnôle supporte assez mal les parfums de prairies !).

De l'un de ces bouilleurs ambulants habitué à ces pratiques infernales (il faut travailler l'été et l'hiver !), j'ai appris comment nettoyer efficacement mon alambic : entre les distillations différentes : il suffit de faire une chauffe de pariétaire. La pariétaire, souvent appelée "casse-muraille", parfois "Herbe à bouteille" (mais je ne sais pas pourquoi) contient de la potasse (salpêtre) qui est peut-être responsable du nettoyage réellement efficace.


La pariétaire se trouve un peu partout au pied des vieux murs, c'est une petite plante vivace, un peu poisseuse, très commune.
On en met une certaine quantité dans l'eau ou dans la marmite si on distille à la vapeur, on distille, on peut rincer mais le nettoyage est très efficace : toutes les odeurs ont disparues comme par enchantement.
Il m'est même arrivé d'utiliser la pariétaire pour nettoyer un alambic après une passe de laurier (qui a une odeur encore plus tenace que la lavande) pour ensuite distiller de la rose avec succès.

J'ai entendu dire que certains utilisent la prêle en place de la pariétaire. Je n'ai jamais essayé. Dans ce cas, on peut penser que c'est la silice de la plante qui sert d'abrasif.

Parie taire 2Une touffe de pariétaire

Essenciers

Mon ami Emmanuel Dalla Favera, collectionneur, distillateur, et restaurateur d'alambic à partums du pays de Digne fabrique des petits essenciers, ou vases florentins, en cuivre.

Essencier petit modèleEssencier grand modèle

 

Il propose 2 modèles : Le premier, photo de gauche, fait 85 cl pour alambics de 0 à 15 litres et le second, photo de droite, fait 215 cl pour appareils de 15 à 30 litres. Il est possible de faire plus gros sur demande.

Le morceau de sucre sur les photos, c'est pour l'échelle, pas pour le canard !

Le prix est de 40-45euros pour le petit et 50-55 euros pour l'autre + port.


Pour voir le travail de restaurateur et de collectionneur de Manu, voyez cet article : http://www.devenir-distillateur.com/blog/les-plantes-aromatiques-et-medicinales-pam-distillation-et-autre/une-magnifique-collection-de-materiels-de-distillerie-de-lavande.html

Contact : Emmanuel Dalla Favera : dalla-favera.emmanuel[voussavezquoi]orange.fr

Mise à jour du 27 avril 2015 :

Voici, à droite, un nouveau modèle avec entonnoir :

Essenciers, 2 modeles

PS de septembre 2016 :
L'on vient de m'envoyer un lien vers un autre fabricant d'essenciers, en Russie. Alors pour les distillateurs de pin de Sibérie : http://alambik.com.ua/vspomogatelnye-materialy-i-oborudovanie/302-razdelitel-dlya-efirnogo-masla.html
Si vous essayez, vous me direz !

Stage distillation à Autignac

Deux jours à la distillerie d'Autignac

                                                         Martial Berthaud, aux manettes de sa machine spatio-temporelle…

Martial explique la distillationLes 13 et 14 septembre 2014, j'ai donné une formation distillation d'eaux-de-vie/Spagyrie dans les locaux de l'Atelier du Bouilleur, dans la distillerie coopérative d'Autignac, au nord de Béziers, qui appartient à l'Union des Distilleries de la Méditerrannée (UDM).

Il s'agit de mon ancien atelier qui est maintenant tenu par Martial Berthaud et Quentin Le Cléac'h, et qui distille vins de Faugères et d'ailleurs, fruits et tout ce qu'un bouilleur de cru d'aujourd'hui peut imaginer pour satisfaire sa passion pour les spiritueux maison.

Le programme était : une journée de distillation de vin autours d'un alambic à repasse, très simple. Techniques de fermentation, distillation &c… jusqu'à la dégustation finale des productions des participants (eaux-de-vie, liqueurs, et même quelques huiles essentielles et hydrolats).
Nous avons commencé le second jour devant un Kethar marocain (distillation de romarin) à parler de l'histoire de la distillation et des pratiques connues dans le monde, différents systèmes de distillation, différents spiritueux, différentes essences en tentant d'enrichir notre pratique, professionnelle notamment, de ces expériences très multiples.
Après un apéritif alchimique à base d'eau et de soleil dont vous trouverez la recette ici, nous avons réalisé un élixir spagyrique d'Absinthe, ce qui demanderai un peu plus qu'une petite journée, mais on a fait avec ce que l'on a pu, et je crois que tout le monde était plutôt content. L'élixir a été gouté en fin d'après midi sous la forme de granules homéopathiques.
Nous avons abordé d'autres travaux alchimiques qui peuvent intéresser les distillateurs/liquoristes ou autres tels que la pierre du vin, qui est un véritable viatique, ou d'autres voies plus fameuses.

C'est toujours un grand plaisir que de faire ce programme improbable qiu va du bouilleur de cru à l'alchimiste, car ces passionnés respectifs ne communiquent pas souvent alors que leur rencontre est réellement enrichissante pour tous. Les participants avaient d'ailleurs chacun des centres d'intérêt penchant plus pour les spiritueux pour les uns et pour les spirituels pour les autres, ce qui, présenté comme cela, montre une certaine appartenance à la même grande famille.

Les documents suivants ont été remis aux participants et vous pouvez les télécharger gratuitement en gardant à l'esprit que ce sont des supports de stage, et la pédagogie n'est pas celle d'un cours par correspondance ou d'un livre.

Histoire croisée de la distillationhistoire-croise-e-de-la-distillation.pdf (3.36 Mo)

1 initiation a la spagyrie et aux médecines alchimiques1.-initiation-a-la-spagyrie-et-aux-me-decines-alchimiques.pdf (174.4 Ko)

2 initiation a la spagyrie2.-initiation-a-la-spagyrie.pdf (140.79 Ko)

Pour un résumé de la technique de distillation à repasse, vous pouvez vous reporter aux pages de "l'alambic" données sur ce site, et particulièrement ici :

La distillation illustrée 1

La distillation illustrée 2

La goutte fait maintenant partie du patrimoine français

L'Alambic au patrimoine !

La revue de presse du Centre International Des Spiritueux (CIDS) nous apprend en relayant cet article (http://www.rtl.fr/actu/politique/bieres-et-spiritueux-inscrits-dans-le-patrimoine-de-la-france-7772861062) que l'alambic vient d'entrer, non pas encore au Panthéon, c'est encore trop tôt pour l'enterrer, mais au rayon "Patrimoine de la France" !

C'est une bonne nouvelle qui va tout-à-fait dans le sens de la loi sur les bouilleurs de cru de 2003 qui actualise ce statut au titre de la sauvegarde des vergers et donc du paysage français.

Il ne reste plus qu'à l'administration des douanes qui est maintenant en charge de la gestion de ce patrimoine d'intégrer cette notion dans leur politique interne et la Goutte du bouilleur de cru sera sauve (saine, elle l'est déjà, il ne restait que le second terme à gagner) !

Mais on sait que le travail des douanes reste très proche de la loi et on peut être assuré de leur bonne volonté à protéger le patrimoine, même quand il ne rapporte pas grand chose au trésor.

Merci à tous !

Trinc !

Distillation des roses 2014

La distillation des roses sur site

Distillateur, dur métier…
La petite saison des roses est toujours un enchantement pour moi : récolte et distillation sur le site de l'eau florale, camping parmi les fleurs…
Ma propre plantation est toute jeune et ne produit pas encore suffisamment, je pars donc distiller chez mes amis Marie-Laurence et Bernard Million (Roses et délices) à Massac, dans l'Aude sauvage. C'est d'ailleurs avec eux que j'ai commencé le travail sur la fleur des fleurs lorsqu'ils m'ont demandé, en 2007, de distiller l'alcool de leur vin de roses pour en faire des élixirs floraux (les fleurs de Bach).

Le travail avec la rose est, pour moi, extrêmement enthousiasmant, et à la fois une discipline rigoureuse : la rose est une fleur très exigeante qui demande une perfection dans le travail à tous les niveaux (propreté du matériel, qualité de l'eau, soin dans la cueillette, et bien sûr, une admiration pour elle qui confine à la dévotion pour le plus universel des symboles de l'Amour…).

Les difficultés techniques propre à notre fleur sont infinies, ce qui explique que les alcools "de rose" soient en général des amélioration chimiques d'alcools de litchis ou tout simplement des alcools neutres aromatisés grâce aux miracles d'une technologie dont notre civilisation moderne est si fière…
Les pétales de roses sont hydrofuges, mais ne sèchent plus lorsque la distillation est terminée, les tanins puissants de certaines roses (roses de Provins et Gallica principalement) rendent la distillation alcoolique très difficile, même au bain-Marie (c'est terriblement attachant !), pour les alcools encore, la macération des pétales dans l'alcool est assez décevante : les arômes n'apparaissent qu'avec les queues (ils sont liés aux alcools lourds qui suivent l'éthanol)… la seule solution satisfaisante que j'ai trouvée pour les extraire est la fabrication d'un sirop (pétales + sucre cuits dans l'eau), mais là encore, attention, il faut bien filtrer pour isoler le marc avant distillation : ce dernier colle toujours au fond de l'alambic.
Cette rose finalement vous révèle sa vrai nature : "tout ou rien" est sa devise, la perfection est de mise pour éviter l'échec désastreux. La rose est la féminité incarnée…Le travail des enfantsEau de rose

Mais revenons à ces quelques jours de bonheur passés en famille dans la roseraie de Roses et Délices à Massac, avec l'alambic, le camion, et le violoncelle (la distillation est une activité qui permet le calme et les loisirs).

Une déclaration à mon douanier préféré pour signaler le déplacement de la machine (on ne déplace pas sans grandes précautions une machine qui tient en même temps de la cocotte-minute, de la soucoupe volante, et, un peu, de la centrale nucléaire en suractivité émotionnelle) suffit pour cette opération qui n'est pas liée à la production d'alcool (sinon, il aurait fallu que le conseil municipal publie une autorisation d'ouverture d'atelier public de distillation, que les douanes agréent le lieu choisi, qui ne sera pas le lieu de production, sauf dans certaines régions ou c'est le contraire qui se pratique (?). Il aurait ensuite fallu que le distillateur fasse des déclarations aux douanes pour les dates de passage dans le bled, qu'il signale l'identité des bouilleurs de crus, lesquels doivent aller chercher à la recette "locale" (il y en a au moins une par département) le laissez-passer, ils font une description des fruits à distiller et justifient de la provenance. Ensuite le distillateur (c'est-à-dire le bouilleur ambulant) fait une déclaration de déplacement d'alambic (visée avant et après par la recette "locale"), et peut, si l'administration ne s'est pas emmêlée les pinceaux (ce qui arrive à chaque fois qu'une telle opération se met en route pour la première fois), commencer la distillation. A ce moment, il devra se plier aux horaires de travail de l'administration (non, pas les horaires de travail des douaniers eux-même, mais les horaires de travail autorisé définis par les douaniers, il faut quand-même travailler un peu), et remplir les formulaires pour décrire le déroulement des opérations (heure de remplissage, quantité et type de matière première, informations sur le bouilleur de cru, résultat estimé). Il pourra alors mettre en route sa machine de rêve, ou de cauchemar selon que l'on soit bouilleur ou contrôleur, et aura alors un peu de loisir pour surveiller les aller et venues des petites voitures blanches et douteuses qui pourraient circuler (mais non, si vous n'avez rien à vous reprocher, enfin !)…
Voilà le scénario auquel j'échappais avec mon alambic à PPAM (plantes à parfum aromatiques et médicinales)…

Je m'installais donc comme je le désirais, à l'heure qui m'a plu, sans craintes ni contraintes, sur le bord de la plantation, près de la rivière… Mon camion aménagé était garé sur le côté.
Je me sentais juste libre… Je ne me rendais pas compte de la tension permanente dans laquelle je vivais avec mon activité de distillateur d'alcool, toujours à me demander ce que l'on allait avoir à me reprocher, ce que l'on allait encore bien me demander de faire de plus pour avoir juste le droit d'exercer mon activité, toujours à calculer ce que je dois faire pour éviter les complications…

C'était tellement beau, ces roses, le camping, la rivière, l'alambic chauffé au bois ramassé sur les rives…

A part ça, il a beaucoup plu cette année, mais bon, c'est la vie…

A cause des conditions climatiques difficiles, la cueillette n'a pas été idéale et je n'ai produit que 80 litres de bonne eau de rose en 4 jours de travail (la cueillette aurait pu s'étaler sur 3 semaines, mais je ne suis pas un vrai nomade).
Nous avons eu le (beau) temps de faire quelques élixirs floraux, et quelques macérations solaires de pétales dans l'huile (huiles de soins et de massages). Et des salades sauvages avec notamment l'ail sauvage et les fleurs de la plantation…
Les roses l'alambic et les amis 1
J'en ai aussi profité pour prendre un cours d'interprétation musicale avec le rossignol du coin (une bonne leçon !).

Le bonheur vous dis-je !Days of bach and roses

Quelques visites ont agrémentées le séjour (il y a toujours du monde pour la cueillette des roses !), notamment celle de Caroline et Michel (Wine-LR), pour un joli reportage qu'ils ont publié ici dans cette revue en ligne : http://www.winelr.fr/home/n-26-special-rose_article_mignone-allons-voir-si-la-rose.html (vidéo), http://www.winelr.fr/home/n-26-special-rose_article_matthieu-frecon.html (article).
Les roses l'alambic et les amis 2
Pour finir, avant que j'abandonne mes souvenirs pour retrouver la réalité (en l'occurrence, faire le désherbage de mes propres rosiers), si la vie paradisiaque que peut procurer le travail avec la rose vous attire, je vous signale que Marie-Laurence et Bernard Million souhaitent transmettre leur exploitation (plantation, labo de transformation, locaux). Vous trouverez le détail ici : http://www.leboncoin.fr/ventes_immobilieres/666707365.htm.
L'heureux repreneur, s'il n'est pas en mesure de distiller seul au début, pourra peut-être me voir pour la belle saison du mois de mai. Je suis évidemment prêt à l'aider dans l'installation de la distillerie des roses Gallica de Massac.

Cette petite fille n'est pas a plaindre

Photos : Luc Micola (merci !)

(Comme d'habitude, passez la souris sur les photos pour lire la légende)