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Café Flambé

 

le café se flambe comme l'absinthe

 

Carlos et Leslie, torrefacteurs & cafetiers ambulants, à Ganges (fête de Ganges 1900, le 5 septembre 2011) flambent le café pendant que je fais une démonstration de fabrication de pousse-café distillation à l'ancienne à côté de leur stand.

Apparemment, le café se flambe comme l'absinthe : on verse l'alcool sur un sucre posé sur une cuillère au dessus du café, on flambe, et on éteint avant qu'il ne soit trop tard…

Souvenirs d'un bouilleur ambulant de l'Hérault

Un bouilleur ambulant de la vallée de l'Orb & du Jaur

Henri Marsal est le dernier bouilleur ambulant à avoir offert ses services aux bouilleurs de cru de l'Hérault avant que je ne reprenne le flambeau quelques années plus tard. Il a totalement cessé son activité en 1994, il avait 74 ans.
Je ne connais pas la date du début de son activité, mais je crois qu'il avait repris l'atelier de son père, probablement un peu avant ou un peu après la seconde guerre mondiale.

Au départ, Henri Marsal distillait les marc des prestations viniques avec un alambic à vapeur à 3 vases installé en poste fixe au Poujols/Orb et faisait les tournées avec un petit alambic à jet continu pour distiller le vin des bouilleurs de cru.
Après l'explosion spectaculaire de l'alambic à vapeur en 1957, Henri Marsal s'est cantonné aux tournées ambulantes de la région. Il occupait les ateliers publics de Faugères et de Caussiniojouls ou j'ai distillé moi-même bien des années plus tard, ainsi que celui de Saint Étienne d'Albagnan où j'ai en projet l'ouverture d'un atelier traditionnel. Ses collègues Camberoque d'Hérépian, Pinroux de villeneuve les Béziers, Dupin de Bédarieux, et Lamarque de La Tour/Orb lui ont tour à tour cédé leurs tournées en prenant leurs retraites, ce qui nous rappelle que les alambics étaient à l'époque aussi communs qu'aujourd'hui les cafés, les pharmacies dans les villages…

Voici l'alambic destiné au vin des bouilleurs de cru des hauts cantons de l'Hérault. Alambic ambulant à jet continu

Le vin était pompé avec la pompe manuelle placé sur le chassis de l'installation (visible à gauche de la bétonnière) dans le cylindre de cuivre située en haut de l'appareil pour couler dans la colonne de gauche. Sous celle-ci se trouve le foyer alimenté ici au bois ou au charbon : les plateaux de la colonne sont le lieu d'échange du vin (qui descend)  et de l'alcool (qui monte) ; les déchets (eau, tanins…) sont évacués en bas de celle-ci. Les vapeurs sont conduites dans le concentrateur situé à droite de l'appareil (en passant à travers le cylindre de vin, le pré-chauffant à la même occasion), pour être recueillies condensées, au degré désiré (en général plus de 80°). L'alcool ainsi concentré est refroidi par l'eau qui coule depuis la citerne noire située tout en haut de l'appareil.
Ce type d'alambic, qui est finalement un genre de colonne midi encore courante dans l'industrie, est habituel pour la distillation de l'Armagnac et souvent du Calva. Il a la particularité de permettre un réglage précis du degré alcoolique du distillat, ce que ne permettent pas les alambics à fonctionnement discontinus (comme les charentais), en revanche, il ne distille que des matières liquides.

Cette colonne située au-dessus du foyer est composée de plusieurs anneaux de cuivres.colonne de rectification Au début de la saison, Henri Marsal allait acheter un sac de farine pour en faire les joints : le sac en toile de jute était découpé en bandelettes pour former les joints et la farine servait de ciment pour luter hermétiquement l'ensemble. 
Merci à Richard Marsal, son fils, pour le témoignage.  Matthieu et Richard Marsal

Post-Sriptum (mis à jour le 27/7/11) :

Claude Caumette, le fils du dernier bouilleur ambulant de la dommune de Faugères me signale que cet alambic est d'un modèle identique à celui utilisé par son père de 1941 à 1957, date de la cessation de son activité, et date de l'explosion du premier alambic d'Henri Marsal justement. L'alambic de Caumette appartenait alors à Techené, bouilleur ambulant du faugérois (Faugères, Causiniojouls, Gabian…) jusqu'en 1941, il a été détruit par les indirects en 1957. Ce type d'alambic semble avoir été courant dans la région (un autre appareil, non en service, est exposé durant la foire des vieux métiers de Murat -Tarn- au mois d'aout chaque année), mais je ne connais pas le nom du fabricant.

J'ai goûté chez Claude l'alcool produit par cet appareil dans les années 50' : c'était un 3/6 assez fort (environ 90°), très fin.

C'est également Claude qui a fourni les informations sur la distillerie Noël Salles dans cet article.

La distillation en camping…

Imaginez vous en camping, il fait beau, la glacière est pleine, l'ouvre boite (ou le tire bouchon) est là, tout va bien…

Sauf… mauvaise surprise ! le shnapps est resté en carafe, ou la bouteille s'est renversée dans la cariole…

Pas de problèmes, ne vous inquiétez pas : voici un procédé de secours très efficace pour sauver la fin de la soirée (à condition de s'y prendre pendant que le soleil chauffe) :

 

Distillation solaire de vin…

 

Ce système de distillation sauvage est à l'image du premier alambic de Tepe Gaura, le plus vieux système de distillation connu et qui a plus de 5000 ans. C'est un système qui fonctionne en circuit fermé : le liquide à distiller (ici, du Faugères, domaine Léon Barral) est placé au fond d'un saladier en verre. Au centre, on pose un plus petit saladier pour recevoir le précieux distillat. Un film plastic alimentaire sert de couvercle, un petit caillou est placé dessus, au centre pour lui donner une forme d'entonnoir pour faire retomber les gouttes distillées dans leur récipient. Nous avons placé l'ensemble sur une plaque de fonte (ici, un couvercle de cocotte) pour augmenter la température.

L'alcool va se volatiliser doucement (il ne faut pas être pressé !), et se condenser sur le film (rafraichissement à air) pour retomber dans le petit récipient.

 

et voila le travail !

 

                             Voici le résultat, c'est tout à fait concluant sans pour autant mettre en péril les lobbies de l'alcool…

Les jours de nuages, il ne vous reste plus qu'à utiliser le barbecue…

Distillation sur le barbecue

En fait, l'idée de départ est la distillation solaire qui est utilisée en alchimie. Avec ce système, je distille de l'esprit de vin (d'un degré sommes toutes assez modeste…), l'eau salée des déliquescences (eau des anges), &c…

D'après une idée de Thierry/Chrysopée

Mais Thierry avait-il lu ce Pif Gadget n° 583 d e mai 1980 ? :

Couverture Pif Gadget 583, mai 1980 l'Alambic solaire de Pif gadget, p.1 l'Alambic solaire de Pif gadget, p.2 l'Alambic solaire de Pif gadget, p.3

l'éducation de la jeunesse, c'était quelque chose…

Répertoire des bouilleurs ambulants et des distillateurs

Distillateurs d'eau-de-vie et d'huiles essentielles, si vous souhaitez être répertoriés sur ce site, envoyez vos coordonnées : je créé un repertoire des distillateurs à disposition des bouilleurs de cru &c…

Voici le premier : Luc Boechat, bouilleur ambulant dans le Gard  :

Luc Boechat, bouilleur ambulant

pour consulter ce répertoire : c'est ici

pour s'inscrire : c'est là (contact).

 

De Vini - Arnaud de Villeneuve

J’AFFIRME qu’il est utile pour la santé de faire l’éloge du vin.
Non, ce n'est pas de Pasteur, c'est Arnaud de Villeneuve (env. 1238-1311) qui commence ainsi son livre des vins.

Arnaud de Villeneuve est l'une des figures emblématiques de la médecine et de l'alchimie en Languedoc et en Catalogne, on lui doit des travaux sur l'eau ardente ou eau-de-vie. C'est l'un des pères de la médecine alchimique.
De vini donne 50 recettes thérapeutiques à base de vin. Certaines donnent des procédés qui nous sont encore utiles, d'autres ne sont plus guère que des curiosités…
Ce livre est un témoignage important sur les formulaires de cette époque.

Traduit du latin, présenté et annoté par Patrick Giffreu, éditions de la Merci (Perpignan). 168 pages, 20 €.

Élixir floral de Rose

La pharmacopée familiale, les remèdes du Docteur Bach

Si la distillation familiale des eaux-de-vie a longtemps été regardée comme un vecteur de l'alcoolisme, et donc ennemie de l'hygiène et la santé publique, il faut aussi reconnaître que son histoire est indissolublement liée à la pharmacopée familiale. Plus encore, depuis toujours le distillateur est le compagnon du préparateur en pharmacie (voyez par exemple l'Officine de pharmacie pratique de Dorvault).
En parallèle à mon activité de distillateur professionnel, j'ai étudié un certain de nombre de pratiques familiales de santé. Ces médecines d'amateurs demandent tôt ou tard l'utilisation de distillats : alcools, huiles essentielles ou hydrolats. La législation de nombreux pays ne rend pas toujours facile l'utilisation légale d'un alambic, mais il y a des possibilités que je m'efforce de proposer (je suis un partisan de la distillation et des pratiques de santés légales, dans le but (illusoire) de faire évoluer la législation).
Parmi ces pratiques personnelles de santé on trouve, au premier rang, les élixirs floraux du Dr. Bach dont la paraphrase célèbre "Guéris toi toi-même" est emblématique de son système.

Je ne vais pas décrire en détail le système de cette médecine naturelle qui se trouve déjà dans mon livre "L'ALAMBIC, l'Art de la Distillation", je me limiterai à décrire la fabrication pas-à-pas de mon élixir préféré : l'élixir floral de Rose. désolé pour le sens de l'image…

Voici le programme * :

1. Au cours de l'hiver, distillez quelques litres d'alcool à l'atelier public de votre village que vous destinerez à une macération de pétales de roses (je recommande un alcool de vin à un degré assez fort). Si votre malheureux village est dépourvu de ce service public, vous pouvez toujours vous adresser au bouilleur ambulant de la région (pour les adresses : un peu de patience, le syndicat des Bouilleurs Ambulants va bientôt mettre son site en ligne). Si votre région est sinistrée par l'absence de ce genre d'activité, il vous reste la possibilité de créer, avec vos amis et voisins, un atelier syndical qui vous permettra de disposer légalement de cet appareil incontournable pour une vie saine et heureuse. Gilbert, ou Guy, sauront vous guider dans ces démarches qui sont, je le reconnais, un peu plus complexes qu'elles en ont l'air dans cet exposé enthousiaste.

2. Début mai (c'est-à-dire maintenant), lorsque vos rosiers sont en fleurs, vous pouvez mettre des pétales en macération dans votre alcool, 48 heures sont suffisantes. filtrez. Vous pouvez redistiller, ou laisser ainsi votre teinture de rose.

3. Pendant la macération alcoolique, distillez de l'eau de rose avec un petit appareil comme celui-ci distillateur personnel d'hydrolats (ce système de distillation n'étant pas assez performant pour distiller de l'alcool, n'est pas soumis à la réglementation sur les alambics : vous pouvez le posséder en toute légalité). Si vous n'avez pas cet appareil (que l'on trouve à la médina de Fez, au Maroc), vous pouvez faire bouillir (à feu très doux) vos pétales dans une casserole fermée, dans ce cas, filtrez, votre décoction fera office d'hydrolat (eau de rose). l'eau servant cette opération proviendra de la source la plus proche. Distillation familiale d'eau de rose

4. Un beau jour, de plein soleil, préparez votre élixir floral.
 

L'extraction :

Il y a plusieurs façons de faire cette extraction.
Si vous avez préparé une eau de rose (voir 3.), vous pouvez l'utiliser, si vous n'en n'avez pas eu le loisir, vous pouvez sauter cette étape et utiliser de l'eau de la source voisine (c'est comme ça que faisait Bach). le panneau "eau non potable" indique l'absence de chlore…

Les trois façons d'extraire l'élixir de la fleur :
a. La manière traditionnelle : déposer les pétales à la surface de l'eau, exposer en plein soleil, sans nuages, au moins 4 heures. le récipient doit être en verre pour laisser passer la lumière.

les fleurs baignent dans l'eau et dans la lumière (nb. le cuiseur ne chauffe pas) extraction traditionnelle des élixirs floraux

b. Pour pouvoir faire des élixirs floraux avec des fleurs protégées, on a développé une technique qui consiste à plonger la fleur dans le bassin, pour la libérer à la fin de l'opération. D'après la petite expérience que j'ai de cette technique, je trouve que l'on concentre mieux les énergies subtiles de la fleur. J'ai l'habitude de poser le petit saladier sur un miroir.

la fleur, attachée, reste vivante pendant l'extraction


c. Il est parfois simplement bon de déposer la fleur coupée, mais entière, à la surface de l'eau (essayez la technique b. avec la violette pour voir…).

fleurs coupées, entières, pendant l'extraction



La durée d'exposition est au minimum de 4 h., mais il n'y a pas de limites, et on peut aussi exposer plusieurs séries de fleurs dans le même liquide, qui sera plus concentré.

La fixation de l'élixir :
Pour protéger votre élixir des altérations (fermentation, moisissures…), on ajoute un alcool pour le fixer. Bach utilisait du Brandy (eau-de-vie de vin vieillie en fût de chêne, comme le cognac par exemple) pour des raisons de goût personnel parce que la vigne et le chêne sont des plantes traditionnelles de cette médecine.
Si vous avez pu faire une macération de rose (voir 1.) : utilisez-là, sinon, prenez votre schnapps maison, si vous avez déjà tout bu n'en n'avez pas, mettez un cognac, un armagnac, ou une fine que je vous vendrai lors d'une visite à mon atelier.
Le degré final doit titrer aux alentours de 20 % d'alcool.

Votre élixir est prêt !

Bach, qui était médecin homéopathe, avait l'habitude d'en faire une dilution au 10°. Il s'agit de diluer 1 part d'élixir dans 10 parts d'alcool (celui qui vous a servi pour fixer l'élixir), le degré final doit rester approximativement au même degré.
Je ne pratique pas cette dilution, et j'ai l'habitude de faire des élixirs un peu plus alcoolisés, ce qui les rapprochent des eaux-de-vie et des liqueurs (question de goût)
Il se consomme à volonté, vous trouverez vous-même le sens qu'il a (c'est-à-dire l'effet qu'il produit), il n'y a pas d'effets indésirables (du moment que la fleur utilisée n'est pas toxique). La posologie habituelle est de quelques gouttes dans un verre d'eau, mais je ne crains pas d'en prendre une demi cuiller à café si une envie irrésistible se fait sentir…

Essayez, c'est très facile, et cette petite expérience très agréable sera peut-être le début d'une nouvelle aventure entre la nature et vous !

 

Marie-Laurence Million dans sa roseraie ("Roses et Délices")

 

Marie-Laurence (photo) et Bernard Million, producteurs et transformateurs de roses dans l'Aude ("Roses et Délices"). Nous fabriquons ensemble eau et alcool de rose, élixirs floraux &c…


Pour en savoir plus sur les élixirs floraux : vous pouvez vous reporter au petit livre de Bach : "La guérison par les fleurs".

 

Hélianthème, "Rock rose", méthode classique

Hélianthème des apennins "Rock rose", méthode "réflechie" ;-)

 

 

 

 

 

 

Hélianthème des apennins. À gauche : exposition solaire classique, à droite, le récipient est posé sur un miroir. Le "Rock rose" du Dr. Bach est l'Helianthenum Nummularium, il n'y en a pas dans ma région alors j'essaye de faire avec ce que j'ai (Bach préconisait la simplicité).

Elixir de fleurs de cerisier

                                                               Extraction de l'élixir de fleurs de cerisier

 

 
* programme complet, peut-être un peu complexe ; mais pour les débutants et les non-distillateurs, il est tout à fait possible de simplifier en passant directement au § 3. en utilisant un cognac et de l'eau de source, comme faisait Edward Bach lui-même.

 

NB : passez la souris sur les images pour lire les légendes.

Les Huiles Essentielles, un livre de Gérard Claeys

Les Huiles Essentielles

Par Gérard Claeys, Aromatologue. Les Huiles Essentielles, par Gérard Claeys


Gérard est connu des lecteurs de ce blog pour une excellente recette de shampooing traitant qu'il nous a offerte.
Son livre, qui n'en n'est plus à sa première édition, n'est pas une simple formulaire d'aromathérapie : il expose d'abord une approche anthroposophique de la botanique aromatique qui induit une relation plante/maladie/approche thérapeutique.
Puis, vient un exposé détaillé sur les formes galéniques et les voies d'absorption permettant au lecteur d'acquérir une connaissance très complète des méthodes d'utilisation des huiles essentielles.
C'est dans la partie suivante "l'esthétique aromatique" que cette ouvrage se distingue avec notamment des recettes de cosmétiques et des programmes de soins, qui sont la spécialité de Gérard.
La dernière partie est consacrée au formulaire d'aromathérapie, et à l'aromathérapie vétérinaire.

Ce livre est en fait un cours très complet sur la question, très complet et pourtant très accessible.
Je le recommande à tous ceux qui ne considèrent pas l'aromathérapie comme une simple variante "naturelle" de l'allopathie, mais qui veulent se soigner en aromathérapeutes rééls et conscients.

Gérard est aromatologue et pédagogue, il anime régulièrement des stages et des formations annoncées sur son site aromavéra. Son cabinet est installé tout près de mon atelier de distillation et nous avons souvent l'occasion de partager, autour de l'alambic ou dans son laboratoire, nos expériences et nos pratiques.

Un livre de 203 pages 15X20 cm. à commander à l'auteur (Aromavera). 23 €

Alerte à l'Atelier Public de Distillation

   Alerte !


Une fuite a été détectée à l'entrée du réfrigérant de la marmite n°3 de l'Atelier Public de Distillation d'Autignac (notre photo)

des vapeurs suspectes ont donné l'alerte


Matthieu Frécon, responsable sécurité et communication déclare :

"Chez nous, les Bouilleurs français, tant que ça fuit, ça n'explose pas !" Tant que ça fuit, ça n'explose pas !

 

 

Les gamma GT tiennent bon !

 

 

 

 

 

 

                                Les gamma GT tiennent bon, le degré est stable, les générations futures peuvent compter sur nous !

 

 

Au vu du très fort taux de radio-passivité… les risques de nous inquiéter sont extrêment faible !

 

   Au vu du fort taux de Radio-passivité, les risques de nous inquiéter sont extrêmement faibles…


(musique) "Tout va très bien"


Pour votre sécurité, n'oubliez pas de vous procurer l'indispensable manuel de survie de notre époque :

L'ALAMBIC, l'Art de la DistillationL'Art de la Distillation, un manuel de survie à l'époque nucléaire…  

 

 

 

 

 

seulement 25 €, chez tous les bons libraires et sur tous les bons sites de distillation…


Visite & interview à l'Atelier Public de Distillation, vidéos

Distillation de prunes :

L'Office du Tourisme de Murviel les Béziers, duquel dépend Autignac, a organisé une visite de mon atelier public de distillation. Dans la vidéo suivante, j'explique en détail le processus de distillation des fruits pour les bouilleurs de cru.

Merci à l'Office du Tourisme pour cette visite très bien organisée, et à Autignacois pour la réalisation de ce film.

(cette vidéo se mettant en route automatiquement, musique comprise, j'ai du défaire le lien que je mets ici, cliquez ici, pour voir la vidéo)

Distillation d'eau-de-vie de Faugère :

J'ai reçu il y a quelque temps les journalistes de la télé régionnale, FR3, qui ont diffusé la vidéo suivante :

 

Il s'agit de l'eau-de-vie de Faugères qui est l'une des eaux-de-vie que je distille, mais heureusement pas la seule. Ce travail a ça de particulier qu'il est le résultat de la collaboration des vignerons du faugérois (syndicat de l'appelation Faugères), de la distillerie coopérative d'Autignac qui dépend maintenant de l'Union des Distillerie de la Méditerrannée (UDM), et de mon activité de SDF (Sans Distillerie Fixe), de bouilleur ambulant. 3 structures totalement différentes et indépendantes qui collaborent à une production dont l'intérêt est légèrement décalé par rapport à l'économie moderne…

Le syndicat est l'organe de communication entre les vignerons, l'UDM, et moi. Il propose les achats groupés de barriques, de bouteilles… l'UDM met les locaux de la distillerie à disposition pour que je puisse y travailler, gère aussi l'entrepôt des barriques d'eaux-de-vie sur les plans administratif et pratique, propose le suivi de l'élevage &c…, et moi je distille, je goûte…

Ce travail de distillation à façon que je fais pour des professionnels qui vendent leurs eaux-de-vie est une partie importante dans l'économie de ma micro-entreprise. Cela reste complémentaire avec le service que je propose aux bouilleurs de cru, ces amateurs qui distillent, ou qui font distiller -selon leur choix, leurs bonbonnes d'eau-de-vie de fruits pour leur consommation familiale…

Merci à France 3 pour ce reportage.

Alchimie

Alchimie

Sur le site d'un bouilleur ambulant, une partie consacrée à l'alchimie peut surprendre… Je dois donc donner quelques explications sur le sens qu'a cette partie importante de mon activité - activité personnelle plus que professionnelle je dois dire.

Qu'est-ce que l'alchimie ?
C'est d'abord une passion qui vous prend pour ne plus vous lâcher, et qui vous pousse à chercher l'endroit où se cache la vie dans la matière. En tant qu'alchimiste, je suis un peu comme un enfant qui regarderait un ours en peluche animé par un ressort et qui voudrait l'ouvrir pour voir comment ça marche.
Cet émerveillement de l'enfant devant son ours à ressort en peluche qui remue la tête, c'est le même que je ressens lorsque j'observe le glou-glou produit par la fermentation des fruits dans le tonneau, le même encore lorsque l'eau-de-vie, ou l'hydrolat, se met à couler de l'alambic, le même toujours quand je coule un régule d'antimoine ou que je calcine mes sels de rose au soleil…
L'alchimie est donc pour moi une tentative ludique de répondre à la question "Comment ça marche ?" ou encore "Qu'est-ce qu'il y a dedans ?"
C'est, dit la tradition, un jeu d'enfant.

Quel rapport y a t-il entre mon activité de distillateur et celle d'alchimiste ?
Et bien, on doit aux alchimistes la moitié de la tradition qui a développé notre eau-de-vie, alchimistes arabes en particulier qui ont développé l'art de la distillation parallèlement à celui de la médecine. Dans le Sud de la France et en Catalogne, Arnaud de Villeneuve et Raymond Lulles ont été leurs ambassadeurs dans la chrétienté à qui l'on doit les termes d'eau-de-vie et d'esprit de vin -l'autre moitié de cette tradition des spiritueux étant le fruit du christianisme particulier à Saint Patrick, inventeur d'une Eau Bénite appelée par lui en gaélique Whisky Beata, c'est lui qui a introduit l'usage de l'alcool consacré comme boisson, la transubstantiation étant d'ailleurs une forme d'alchimie.
Je me suis initié à l'art de la distillation par la fabrication de teintures-mères spagyriques et phytothérapeutiques au sein d'une association d'alchimistes dirigée par Jean Dubuis : Les Philosophes de la Nature.

L'alchimie est-elle un art difficile et obscur ?
La tradition l'a fait, ou l'a rendu, ainsi. Cette obscurité hermétique n'est pas le fait de la nature même de cette science, mais de la complexité de l'humanité : croyances religieuses, jeux de pouvoirs, complexes d'infériorité ou de supériorité (égo) ont compliqué et occulté la pratique de l'alchimie. Dans la réalité, il ne me semble pas qu'être alchimiste soit plus difficile qu'être musicien, ou bouilleur de cru : c'est une question d'engagement personnel : on excelle là ou l'on s'engage tout entier. Il n'est pas non plus impossible d'être un amateur dans cette discipline, ce qui peut aussi donner de grandes joies et être très utile pour son hygiène de vie (les préparations alchimiques sont d'abord des médecines pour la santé).

Sur quoi travaille l'alchimiste ?
La matière première sur laquelle travaille l'alchimiste est la vie, ou l'origine de la vie. Cela se trouve en observant (en admirant devrais-je dire) la nature. Pour moi, la vie est dispensée par le soleil. J'ai appris de Stéphane Barillet l'utilisation de l'énergie solaire en alchimie (ainsi que l'aisance de vivre l'alchimie d'une façon naturelle, décomplexée, désoccultée).
Ensuite, les matières utilisées (j'emploie maintenant le terme de matière au sens propre) sont celles qui vont avoir un sens au travail particulier de chacun :
Les végétaux d'abord, pour la facilité à en faire des médecines, et parce qu'il est simple de comprendre leur composition (en les décomposant en leur principes). Parce que le monde végétal est généreux, et parce que les végétaux sont capable de réaliser la photosynthèse, c'est-à-dire de transformer la lumière solaire en sucre, ce qui n'est pas rien dans l'aventure de la vie… L'alchimie végétale est à l'origine directe ou indirecte de bien des médecines naturelles comme la spagyrie, l'homéopathie ou les élixirs floraux du Dr. Bach (voyez mon livre l'Alambic - l'Art de la Distillation - Alcools, Parfums, Médecines).
Le monde animal est aussi plein de ressources pour l'alchimiste : tout d'abord, les produits de la ruche (miel, cire, propolis), les œufs, qui donnent une belle teinture, et puis d'autres produits nettement moins appétissants comme les poissons ou les crustacées (la fermentation du poisson donne de l'ammoniaque, qui est au règne animal ce que l'alcool est au règne végétal) &c… L'incursion dans le règne animal pose des problèmes d'éthique personnelle et n'est pas aussi équilibrant et épanouissant que le règne végétal. Je ne conseille pas de l'aborder avant une sérieuse pratique de l'alchimie végétale. Dois-je préciser que je ne tue pas d'animaux dans mon travail alchimique ?
Enfin, le troisième règne traditionnel en alchimie, le règne minéral est le plus aride et le plus éloigné de notre appréhension de la vie. C'est celui où commence (je pense…) et où termine le cycle terrestre de la vie (là c'est mon expérience d'alchimiste qui me l'apprend). Règne aride et alchimie souvent sèche, art du creuset, de la fusion, qui utilise des matières souvent toxiques pour notre santé (antimoine, mercure…). Il existe toutefois des minéraux délaissés par les voies minérales classiques très utiles dans les opérations mixtes (qui utilisent plusieurs règnes) comme les silicates (l'argile par exemple). Cette partie de l'alchimie est souvent réputée être la plus profonde, pas toujours à juste titre à mon avis (pour exemple, je ne changerais pas une médecine universelle pour la santé contre une poudre capable de transmuter le plomb en or). Cette partie reste tout aussi passionnante que les précédentes et mérite sans aucun doute l'intérêt que la tradition lui porte.
Il existe d'autres voies alchimiques peu connues utilisant les champignons (et je ne pense pas aux psilocybes !) ou les levures, qui sont des êtres qui décomposent les autres matières, il y a des voies qui mélanges les règnes… il y a autant d'alchimies que d'alchimistes… La question est de savoir ce que l'on cherche.

Que cherche l'alchimiste ?
Je disais il y a un instant qu'il existait autant d'alchimies qu'il y a d'alchimistes, autant de buts donc… l'important reste de savoir ce que l'on cherche soi-même, et de s'assurer que l'alchimie est la bonne voie pour chacun.
Personnellement, j'ai un peu été pris en otage par l'alchimie, par passion, ce qui ne m'a pas aidé à trouver ma voie au départ. Un ami à moi a cherché dans l'alchimie un moyen de guérir un proche d'une maladie réputée incurable : il savait ce qu'il cherchait, il l'a trouvé (il a complètement réussi).
Le but avoué le plus commun est de découvrir l'esprit dans la matière pour se spiritualiser soi-même (initiation, développement personnel), un but très fréquent également est le rétablissement de la santé. Le but inavoué le plus commun reste de trouver un moyen de s'enrichir par la transmutation, ce qui est tout à fait illusoire vu l'énorme travail mis en œuvre et la difficulté que l'on doit avoir à écouler l'or produit (mais je parle au conditionnel : je n'ai moi-même jamais vu d'or alchimique).

Devant la difficulté de trouver une voie qui me corresponde, ce qui est nécessaire pour comprendre un minimum les principes et les procédés alchimiques, je me suis tourné vers la distillation des eaux-de-vie, qui est une activité des plus concrètes, et vers la spagyrie et les médecines naturelles que j'ai citées plus haut. Ces intérêts parallèles à l'art hermétique m'ont permis de mieux cibler mon objectif, et de mieux reprendre mes recherches alchimiques. Cet objectif, double, est d'une part trouver le "comment ça marche ?" (autrement dit : qu'est-ce que la vie ?) et ensuite, rétablir ou entretenir la santé pour moi et mes proches.

Les pages qui suivront dans cette catégorie développeront tous ces aspects, la pratique thérapeutique surtout, dans un but de partage des connaissances comme il est habituel sur ce site : profitez-en, et faites nous profiter de vos travaux si vous êtes sur le même mode d'échange de savoirs.

En Occident, l'un des plus grands alchimiste européen a aussi été l'un des plus grands médecins : Paracelse. Dans l'Orient médiéval, cela a aussi été le cas avec Avicenne. La recherche de la vie et celle de la santé ont souvent été de pair en alchimie.
Je dois préciser que je suis bouilleur ambulant et non médecin, et que je ne pratique pas la médecine. J'ai fait mienne la devise du Dr. Bach "Guéris toi toi-même", mais les méthodes proposées n'ont pas la prétention de se substituer à la consultation d'un médecin.
Personnellement, je considère qu'il est aussi fou de vouloir se passer aveuglément de la médecine que de de lui abandonner totalement la prise en charge de sa santé…

Les articles sur l'alchimie qui feront suite à cette introduction ne suivront pas nécessairement la voie alambiquée du serpentin qui forme le fil conducteur de ce blog et seront donc classés dans une catégorie à part.

Matthieu