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Les Eaux-de-vie de la vigne

Les familles d'eaux-de-vie de raisin

Quelques pistes pour s'y retrouver, quelques conseils…

Pour commencer cette petite série sur les spiritueux, je vais vous parler de ce que je fais (c'est plus facile et plus fiable…)
Dans le midi, le Languedoc plus exactement, je distille principalement les fruits de la vigne.

Le raisin donne 3 catégories d'eaux-de-vie :

• Les eaux-de-vie de raisin : on met les raisins égrappés ou non à fermenter dans un bidon, quand c'est prêt, on distille comme n'importe quelle prune ou autre fruit. Ces eaux-de-vie peuvent être plus ou moins fruitées selon le cépage. Le muscat ou le grenache peuvent donner d'excellentes eaux-de-vie blanches (qui ont vieillies dans une bonbonne de verre ou un fût en inox), mais la plupart des cépages seront trop neutres pour être bus sous cette forme : il faudra les faire vieillir en fût de bois (chêne le plus souvent) ou les utiliser pour faire d'autres spiritueux (liqueurs, vins de fruits, pastis, absinthe…).
• Les eaux-de vie de vin : on presse le raisin avant (pour les blancs) ou après (pour les rouges) fermentation, on distille le jus. Ce sont les Fines, les Cognacs, Armagnacs et autres Brandy (vin "brûlés", c-à-d. distillés). Ces eaux-de-vie n'ont en général pas assez de caractère pour être bues blanches : on les élève en fût la plupart du temps (le fait que les eaux-de-vie de vins soient assez neutres est un atout pour un mariage facile avec le tonneau). Il y a des exceptions à cette tradition d'eaux-de-vie de vin ambrées, de plus en plus et l'on trouve maintenant des Cognacs et des Armagnacs blancs, ainsi que des fines de cépage (par exemple, la fine de Terret que j'ai distillé pour le domaine La fontude à Brénas), souvent fruitées. Ma Fine de Muscat, souple et fruitée, en est un autre exemple. Ce sont les eaux-de-vie blanches de vins peu fruitées qui fournissent les meilleurs alcools "neutres" destinés aux préparations (liqueurs &c…)
• Les eaux-de-vie de Marcs, enfin, sont très connues : marcs de gewürtzraminer ou de muscat d'Alsace, Grappas italiennes, marcs de Bourgogne… Ces marcs sont les résidus du pressurage du raisin. Ils contiennent beaucoup d'éléments solides (rafle, pépins…) qui leur donne un caractère très puissant. Ils peuvent être traités comme des fruits : dans ce cas, les fermentations sont courtes et la distillation n'attend pas, les eaux-de-vie seront alors fruitées et feront des eaux-de-vie blanches (l'Alsace fournit les meilleurs expemples) Les cépages sont des cépages fruités, souvent issus de raisins blancs. En Bourgogne, et dans d'autres régions, on a l'habitude de laisser les marcs fermenter longuement en silo, marcs de raisins rouges. Ces eaux-de-vie sont moins fruitées et sont élevées en tonneau (eaux-de-vie ambrées).

Blanches ou Ambrées ?
Vous avez compris, les eaux-de-vie de caractères sont en général bues blanches, les autres, plus souples et plus neutres ont droit à un long élevage en tonneau. Pour les blanches, l'élevage dure quelques années : le temps que l'alcool et l'eau se mélangent et que les arômes s'y retrouvent., Pour les ambrées, traditionellement, plus le temps passé sous bois est long, meilleurs c'est. Dans une certaine mesure, c'est vrai : complexité, mariage alcool/bois &c… augmentent, mais c'est au détriment de la simplicité (qualité souvent négligée) et du fruit et les plus nobles ne sont pas toujours les plus agréables. Je travaille au développement de techniques permettant d'allier les qualités du bois (rondeur, douceur, sucrosité…) avec celles des eaux-de-vie blanches (fruité) avec des passages en bois plus brefs. Les zones du palais ou de la gorge éveillées par ces deux familles ne sont d'ailleurs pas les mêmes.

Le degré
On remarque que le degré alcoolique des spiritueux a une tendance générale à la baisse : même le bouileur de cru qui réglait autrefois sa gnôle (ne voyez dans ce terme aucune marque péjorative à ce joyau du patrimoine rural que j'admire pour de nombreuses raisons qui dépassent les qualités gustatives) à 50° bien tassés descend aujourd'hui sans regrêts, ou presque, jusqu'à 45° (degré habituel en Alsace). Pour une fois, c'est l'industrie des spiritueux qui a amorcé le mouvement, mais pour des questions financières plus qu'autre chose.
J'étais partisan des réglages à 45°, mais je dois reconnaître que j'apprécie plus maintenant les degrés plus faibles (sauf pour certaines eaux-de-vie de caractère très puissant, comme mon eau-de-vie de pomme-de-terre -non commercialisée).
D'une manière générale, une mauvaise eau-de-vie est toujours trop forte, mais cela ne vient pas de l'alcool, mais du manque d'arômes qui produit un déséquilibre.
Il y a un art de choisir le degré très précis qui convient à chaque eau-de-vie, je reconnais avoir négligé cette attention qui est une spécialité rare chez les distillateurs (c'est très difficile à gérer). Je propose deux eaux-de-vie de vin assez proches, l'une (Fine Faugères 2000) est réglée à 45° (45%vol) ce qui rajoute à sa noblesse et sa puissance, longueur &c…, l'autre (Fine Faugères 2005) est descendue à 40°, ce qui met en valeur son fruité et la rend plus souple et facile. Je n'ai d'ailleurs pas de préférence entre les deux (vous pouvez essayer les deux ;-).

Les arômes
Indépendamment de la pureté des arômes (qualité de la matière première, pureté de l'eau de réglage, et malheureusement aussi, adjuvants et caches-misères divers), des types d'arômes, et de l'équilibre arôme/alcool qui est capital, je voulais noter une chose simple et qui n'attire pas souvent l'attention : certaines eaux-de-vie blanches sont plutôt mono-aromatique comme la poire ou le muscat, alors que d'autres sont beaucoup plus complexes (comparez muscat et grenache, ou pomme et poire sur ce plan). Les eaux-de-vie plutôt mono-aromatiques sont moins facilement moyennes, elles sont soit excellentes, soit sans intérêt.
Les eaux-de-vie vieillies en tonneau sont forcéments plus complexes, ce qui n'est d'ailleurs pas toujours à leur avantage, mais les rend plus plus facilement moyennes, et plus faciles à apprécier. Allier complexité et excellence n'est pas une chose simple. Les eaux-de-vie complexes sont plus exigeantes au niveau de l'équilibre fruité/corsé.

A quelle température boire ?
René Dumay dans son Guide des alcools rappelle les 5 façons d'améliorer ou de boire un mauvais alcool : édulcorer (sucre), aromatiser (plantes…), boire vite, mettre en tonneau, et, boire froid.
à de rares exeptions (la framboise par ex.), la plupart des bons alcools se boivent à température ambiante. Essayez, et choisissez, je n'ai de meilleur conseil…

Quelle quantité faut-il boire ?
Heu, là en fait, vous voudrez bien m'excuser mais on m'appelle… je reviens très bientôt !

Merci de m'avoir bu…
Et merci de visiter ma boutique !
Matthieu

Noël, les bonnes et les mauvaises idées de cadeau…

Bonjour,

Deux nouvelles à l'approche de Noël, deux bonnes et une mauvaise…

L'Alambic, l'Art de la distillation
La mauvaise d'abord, pour en finir, c'est que l'Alambic, le livre qui révolutionna le monde de la distillation en France est épuisé (l'auteur aussi d'ailleurs, mais moins grave)… Ce qui est positif en revanche, c'est que l'éditeur qui se charge de la réédition ne fait pas les choses à moitié et cette seconde édition sera augmenté non seulement de nombreux chapitres, mais aussi d'un DVD où l'on verra l'auteur distiller et enseigner bien sûr, mais aussi d'un tas de choses dont je n'ai pas encore la moindre idée puisque Boris Perrin qui l'a réalisé pour Les Mutins de Pangée a aussi son parcours dans le monde de la distillation. Je me réjouis, comme vous espère-je, de découvrir bientôt ce film (il y aura notamment une dégustation d'Absinthe avec Benoît Noël, des images de distillation de Rhum à Marie-Galante &c…).
A l'heure actuelle, Boris et Les Mutins attendent mes corrections pour imprimer cette nouvelle édition qui est prévue pour la fin de l'hiver…

Bouteilles d'eaux-de-vie
La seconde bonne nouvelle, à l'approche de Noël, c'est que je suis sur le point de mettre en vente sur ce site une gamme d'eaux-de-vie que j'ai distillées entre 2000 et 2005 et que vous pourrez très bientôt commander en ligne.
Vous trouverez des eaux-de-vie de Bière (c'est une eau-de-vie ambrée de la famille des whiskies), des eaux-de-vie de vin du Languedoc et de Faugères, des marcs et des fines de Muscat et de Grenache (eaux-de-vie blanches, fruitées ou corsées selon le cas) &c…

Laissez-moi juste quelques jours pour fignôler la boutique, merci !

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Cidre & Calvados en Pays d'Auge, un livre de Benoît Noël

Cidre & Calvados en Pays d'Auge couverture-cidres.jpg

par Maud Guichard et Benoît Noël
 
Il y a peu, je donnais un stage de distillation en Normandie. C'était l'occasion de passer de bons moments avec Benoît Noël qui habite dans le Pays d'Auge et avec qui je partage au moins deux passions : la Fée Verte et la Normandie…

Benoît Noël qui connait tous les bons distillateurs et cidriers a considérablement amélioré ma culture en la matière…
Il faut dire que Benoît venais de finir un travail très important sur le sujet et sur son pays, qui vient juste d'être publié : il s'agit de Cidre & Calvados en Pays d'Auge, écrit en collaboration avec Maud Guichard, historienne à Caen.

C'est le livre sur le cidre et le calva le plus documenté que je connaisse, abondamment illustré et, comme toujours avec Benoît Noël, très agréablement écrit.


Livre broché avec rabats
. Format 22x25 cm, 
260 pages, 300 illustrations couleur, 
Prix : 28,00 €
Disponible sur commande à : editions-bvr@orange.fr
(paiement par chèque ou PayPal, franco de port)

http://www.herbaut.de/bnoel/

Distillation en Asie : première partie, chez Kosapan

Distillation en Asie
première partie : Chez Kosapan

Pas d'articles cet été, et pour cause : j'ai passé deux mois en Thaïlande et au Vietnam autour des alambics et des fruits du coin…
La première partie de ce périple se passait dans la banlieue de Bangkok pour la société naissante Kosapan, une société franco-thaïlandaise qui ambitionne de ressembler à celle-ci et qui m'avait demandé de diriger la mise en place de la distillerie (installation et mise en route des distillations). En clair, il s'agissait d'essuyer les plâtres, bien qu'il s'agissait plutôt de béton. Beaucoup de défis pour réussir des fermentations à plus de 40°c. (sans climatisation) avec une eau de refroidissement qui ne sort jamais à moins de 30°c. dans des locaux en travaux perpétuels… disons que les résultats ont été à la hauteur des conditions assez difficiles et c'est déjà pas si mal ! mon-nouveau-jouet-vient-d-arriver.jpg

La Thaïlande est un pays très riche en fruits : mangues, litchis, durians, mangoustans, longans, bananes, ananas, canne à sucre ou mandarines, sans parler des fleurs…




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il y a des expériences fascinantes pour le distillateur. La plupart des fruits se préparent d'une manière toute à fait traditionnelle, il faut parfois utiliser la technologie moderne (surtout levurage) pour régler certains problèmes de fermentations (la mangue par exemple n'est pas un fruit facile). L'idéal est de s'en passer au maximum, ce qui demande un peu de temps pour expérimenter.

Hormis cette distillerie de grande classe (www.1772.at/), d'origine autrichienne, il existe également en Thaïlande  une distillerie spécialisée dans le rhum qui est tenue par des français. Je n'ai malheureusement pas eu le temps de la visiter et je ne peux pas en dire grand chose sinon que je crois savoir qu'elle importe la canne du continent pour en faire le rhum blanc que les touristes boiront dans les mois qui suivent son élaboration : c'est simple et efficace (Magic Alambic à Koh Samui).

J'étais plutôt content de travailler pour cette nouvelle distillerie qui semblait promettre : travail soigné, beau mélange de techniques traditionnelles française adaptées au fruits locaux. Le côté marketing extrêmement développé (les bureaux ont été finis avant l'atelier, le design des bouteilles fait avant la récolte des fruits) ne me dérangeait pas dans la mesure où j'avais, où j'aurais du avoir, les moyens de travailler dans les meilleures conditions (et que les eaux-de-vie soient bonnes).
Dans la réalité, j'ai appris que selon l'usage local, les employés ne travaillaient qu'après avoir été payés, entièrement (je n'avais en partant (et n'ai toujours) que la moitié de mon salaire). Cela fait que la distillerie était presque terminée à mon départ, et je n'ai pas grand chose à vous faire goûter…

En fait, le petit, mais très joli alambic alsacien que j'ai dégotté à mes enthousiastes entrepreneurs ne pouvait suffire qu'à faire des essais et de la promotion. La production proprement dite se passerait ailleurs, la société Kosapan est associée avec une industrie chimique locale.

Bref, une collaboration fructueuse et intéressante avait bien commencé qui s'est interrompue pour des raisons de choix de marché… et de profits.

Mais, si je n'ai pas pu réaliser dans cette banlieue de Bangkok ces chefs-d'œuvres que peuvent être les eaux-de-vie de mangues ou de fleurs exotiques, le reste de mon voyage en Asie m'a apporté bien des découvertes dont je vous parlerai dans un très prochain article où il sera question de distillation de mangue, de papaye, de riz et de fleurs (avec Laurent Séverac au Vietnam notamment)…


Longans au marché Thaï

Initiation à la spagyrie et aux médecines alchimiques

 

Une journée d'initiation à la Spagyrie et aux Médecines Alchimiques

                                                A Nyon (Suisse), le 3 novembre 2013

 

          Un stage pour les professionnels de la santé et les amateurs qui souhaitent s'initier à la philosophie pratique des spagyristes du passé.

 
La spagyrie n'est-elle vraiment qu'une simple technique proche de la phytothérapie ? ou bien un art alchimique qui à ce titre contient une véritable philosophie de la nature et qui, au contraire de certaines branches de l'alchimie, est axé sur la santé et comprend diverses pratiques dont certaines sont d'une simplicité et d'une efficacité remarquable ?

Cette journée d'initiation à la médecine alchimique se veut essentiellement pratique : toutes les étapes de la confection d'un élixir seront réalisées, et le fruit du travail obtenu pourra être dégusté en fin d'après-midi par les participants…

De nombreuses voies très simples seront abordées progressivement d'une manière très pédagogique qui vous permettront d'avoir en main tous les éléments pour élaborer vos préparations chez vous, sans installation couteuse et sans connaissances développées.

Une réflexion sur le thème de la santé et de la thérapeutique du point de vue de l'alchimiste est proposée, qui vous permettra d'intégrer cette pratique dans votre activité professionnelle ou dans votre vie quotidienne.

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Programme de la journée :

• Matin : autour d'une distillation de romarin : kethar.jpg

• Histoire de la distillation : époque préhistorique, alchimistes et parfumeurs dans l'antiquité ; les spiritueux très spirituels en Europe chrétienne ; Les grandes voies alchimiques et Paracelse ; la triade essentielle Santé/Bien-être/Spiritualité.

• Les principes fondamentaux de l'alchimie et leur application spagyrique.

Après-midi : atelier pratique :

• Fabrication d'un élixir spagyrique et application sous forme homéopathique ; présentation de différents travaux alchimiques.

Toutes les opérations seront présentées sous une forme simple : le matériel est réduit au minimum, même la distillation de l'esprit-de-vin peut être réalisée n'importe où, sans risque, ni désagrément pour l'environnement familial…

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La description alchimique de la voie du pauvre, ou voie brève, qui se résume en "Une matière, un vase, une opération" rentre dans notre cadre et sera décrite en détail. L'application thérapeutique qui en découle est simple, sans risque, et d'une efficacité extraordinaire…

L'animateur de ce stage, Matthieu Frécon, distillateur professionnel dans le sud de la France et alchimiste depuis plusieurs décennies, est connu pour sa pédagogie et son intérêt pour la transmission des savoirs traditionnels. Son site www.devenir-distillateur.com est une référence dans le milieu des distillateurs (alcools et plantes aromatiques) comme dans celui des amateurs ou praticiens des médecines naturelles et alchimiques. Il est également l'auteur de "L'Alambic, l'Art de la Distillation, alcools, parfums, médecines".

Les photocopies du cours sont habituellement données aux participants en début de stage pour faciliter l'acquisition de ce programme très dense.

 
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Voyez aussi l’article sur les formations distillation avec les commentaires des stagiaires ici :

(http://www.devenir-distillateur.com/blog/annonces-livres-stages/stages-de-distillation.html)

 (Merci à Benoît Noël pour les photos)

 Renseignements et inscriptions :

Lieu : La Colombière, 13 ruelle des moulins, Nyon.

Horaires : 9.30 h. - 12.30 , 14.00  - 18.00

Prix : 100 CHF (80 €) ; 80 CHF (65 €) pour AVS-AI-chômeurs

Contacts et inscriptions : Contacter Matthieu


Stages de distillation

Stage de distillation alcools

Depuis quelques années, je donne une formation de deux jours sur la distillation des alcools. Cette formation a au départ été conçue pour les membres du syndicat SIMPLES qui sont en général des récoltants et utilisateurs de plantes aromatiques et médicinales (PPAM), voire des distillateurs d'huiles essentielles qui veulent découvrir l'autre face de l'alambic : celle qui fait la goutte.
L'alcool, pour les professionels des PPAM, c'est une matière première nécéssaire à la fabrication des teintures mères, des parfums &c… C'est une matière première indispensable et précieuse et il n'est pas toujours facile d'en trouver de bonne qualité. L'un des but du stage étant d'apprendre les techniques et les possibilités légales pour produire son propre alcool de bonne qualité.

Première journée : autour de l'alambic cours-pratique-conditions-reelles-ariege.jpg
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Les techniques : Le stage se passe autour d'un alambic traditionnel de bouilleur ambulant de 50 ou 100 litres, système simple à repasse. On distille du vin (ou du cidre en Normandie, en septembre 2013 par exemple) pour produire un "esprit-de-vin" qui est un alcool fort (environ 75°) qui convient à l'élaboration de teintures-mères, de liqueurs, ou autres préparations. On aborde les méthodes pour enlever les têtes et les queues &c… le tout d'une manière très simple, avec la technologie la plus simple possible (les principaux instruments de contrôles sont organoleptiques : on touche, on goûte, on sent…). discussions-au-coin-du-feu-jura.jpg
Les possibilités légales : Ce sont en général l'agrément de distillateur (distillateur d'alcool donc), avec ou sans entrepôt ; ou bien l'utilisation ou la création d'un alambic syndical comme il en existe beaucoup dans l'Est de la France : les alambics communaux régis par une association.
La journée se termine avec une dégustation (les stagiaires amènent leurs productions), qui est un toujours moment aussi important qu'agréable…

Seconde journée : Spagyrie et médecines naturelles second-jour-en-salle.jpg
L'alchimie de l'alambic, en pratique et en philosophie…

La matinée commence avec l'histoire de la distillation :
Premiers alcools, premières essences. Médecines, cosmétiques et boissons au cours de l'histoire avec les techniques primitives. La matinée se continue avec une réflexion sur la relation entre la santé, le bien-être, et la spiritualité (dit autrement : "du spiritueux au spirituel" - ou vice-versa) qui est une question que se sont posé les inventeurs des grandes boissons telles que les élixirs des Chartreux, ou l'Absinthe… et qui intéressera ceux qui sont à la frontière du bien-être et de la santé. Un Kethar marocain distille son eau de lavande pendant la matinée.

L'après-midi est consacrée à un exposé pratique sur la spagyrie.
La spagyrie est une médecine alchimique qui a hérité de sa philosophie alors qu'elle laisse un peu de sa spiritualité au profit de la santé. J'ai l'habitude de parler de l'alchimie à la manière de "La Nature Dévoilée" qui est un livre très profond tout en restant toujours très clair et très imagé (et qui n'emploie pas de jargon ou ne parle jamais de façon codée), c'est-à-dire de manière simple et pratique. On voit en détail la fabrication d'un élixir spagyrique, ainsi que plusieurs autres travaux tradtionnels simples et très utiles. Toutes les étapes seront réalisées en pratique pendant l'après-midi (ce qui demande un peu d'attention parce qu'une demi journée pour réaliser ce programme, c'est court !). On utilise des systèmes de distillation simples tels que la cornue ou la tête-de-Maure, des systèmes de distillation solaire &c…
Je termine en général avec des éléments de technique homéopathique qui permettent une utilisation des produits spagyriques.

Le cours complet est donné sous forme photocopiée aux stagiaires en début de stage.

Certaines sessions sont plus axées sur la distillation des eaux-de-vie alors que d'autres développent plus le programme spagyrie. Ce programme est modulable selon la demande. Je vous parlerai plus tard d'autres programmes de stages que je donne également autour de la distillation, en milieu scolaire notamment.

Vous trouverez le programme partiel des stages sur l'agenda de ce site, si vous ne trouvez pas votre bonheur, vous pouvez m'écrire ici.

Si vous avez suivi l'un de ces stages, merci de laisser un commentaire !



Merci à Boris Perrin (Les Mutins de Pangée) qui a filmé plusieurs stages dont vous retrouverez l'essentiel dans le DVD qui accompagnera la réédition prochaine de "L'ALAMBIC". Les photos ci-dessus sont extraites de ces images.

Comme d'habitude, passez la souris sur les images pour avoir les légendes.

Absinthe

Une convergence d'éléments me ramène, c'est d'ailleurs chronique, à l'absinthe…

Tout d'abord, je reviens d'un long voyage en Asie où j'ai eu l'occasion de distiller, entre des mangues et des litchis (je vous en parlerai très bientôt : en Thaïlande pour le compte d'une distillerie naissante, au Vietnam &c…) de l'Artemisia Annua, la variété asiatique de l'absinthe. Cette plante, plus que les autres apparament, est souveraine contre le palud.

Rappelons que l'on doit le développement de l'absinthe (et de pas mal d'autres produits classés depuis parmis les drogues proscrites, LSD en tête) par l'armée. En l'occurence l'armée française en Afrique du Nord au XIX° siècle qui a trouvé avec notre fée un moyen de lutter contre la fièvre, entre autre.

Actuellement, l'Artemisia Annua a toute l'attention de l'OMS qui voudrait en interdire l'usage généralisé dans le cadre de la lutte contre le paludisme pour empêcher les mutations de la maladie et réserver ce traitement reconnu aux malades les plus désespérés (j'admire cette politique de réserve que j'aurais aimé voir appliqué à l'usage des antibiotiques ou autres vaccins contre la grippe, ça viendra en son temps).

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Distillation d'huile essentielle d'absinthe

Lors d'un séjour au Vietnam chez mon ami Laurent Séverac (qui présente son travail dans les pp. 179 à 186 de la 1° éd. de "L'Alambic"), nous avons distillé cette absinthe précieuse. Distillation classique à la vapeur. Laurent utilise son huile essentielle dans ses parfums et dans une liqueur, une Absinthe aux huiles essentielles, que nous avons eu l'occasion d'apprécier au cours de belles soirées à Hanoï. C'est une liqueur forte et très corsée, très particulière et qui a, comme les nôtres, cette faculté de faire ressortir du fond de notre être profond cette nostalgie qui redonne la force et surtout l'espoir devant l'infini…

Huile essentielle d'absinthe ? relèverons les spécialistes de l'histoire populaire de la chandelle verte… En effet, l'huile essentielle d'absinthe (l'extrait d'absinthe pour être précis) a été interdite en France en 1907, soit 8 ans avant l'interdiction de la boisson elle-même, pour cette fameuse question de teneur excessive en thuyone. Les analyses faites par Laurent Séverac à Grasse infirment une fois de plus le bien fondé des attaques contre notre fée : l'huile essentielle d'Artemisia Annua ne contient pas de thuyone en taux excessif.
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La muse des poètes : "L'Absinthe" d'Aleister Crowley


Cette journée magique de distillation d'absinthe me rappelle cette page écrite en français vers 1917 par le mage et poète Aleister Crowley publiée par le musée virtuel de l'absinthe et à l'époque dans la revue new-yorkaise The International (La légende de l'Absinthe sous le pseudonyme de Jeanne la Goulue, qui était une danseuse connue à Montmartre à cette époque). Crowley, personnage aussi extravant que complexe est l'un des plus grands explorateurs de l'imaginaire de tous les temps, ses cocktails contiennent parfois de l'absinthe, il pratiquait aussi les mélanges de grands vins dans le verre (voir son journal intime parisien "John St. John"), et toute sortes de choses moins recommandées par l'OMS notamment et qui auront pourtant un impact décisif sur la civilisation naissante de l'après 2° guerre mondiale. Alpiniste, il a signé une première sur le K2 himalayien en 1902. Enfin, la nécessité ou l'aisance l'ont parfois poussé à gagner sa vie en jouant aux échecs jusqu'à 6 parties simultanément, à l'aveugle évidemment.

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(Pour en savoir plus sur l'actualité éditoriale de Crowley, voyez ici)


& pour finir en beauté Benoît Noël

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Pour  achever de vous mettre en bouche et avant d'enfin vous servir une petite verte (vous ne pourrez plus résister à l'envie), le délicieux écrivain et spécialiste entre tous de l'absinthe Benoît Noël a fait cette jolie "interview au coin du feu" que je relaie maintenant.

Merci à Benoît pour son aide dans mon travail sur l'absinthe notamment, et surtout pour consacrer son talent à transmettre l'esprit subtil de la Fée Verte dans ses publications qu'il présente ici : http://www.herbaut.de/bnoel/ et que je vous recommande absolument.


On recherche des distillateurs !

Aujourd'hui, j'ai reçu ces deux courriers…

Bonjour,
Je dispose d'une quantite de fruits particulierement des poires comment proceder et qui contacter dans le nord aveyron pour les distiller?

et

Bonjour, tous les ans nous avons des fruits a distiller et ou trouver un ambulant ou un lieu proche pour faire distiller ?
Nous habitons dans le 64 près du gers et haute Pyrénées.
voila notre soucie; un métier qui ce perd et des fruits aussi, reste le compost ; dommage, l'alcool de prune c'est quand même délicieux.
cordialement

Avis aux amateurs !

Je rappelle qu'il y a sur ce site un (trop) petit répertoire des distillateurs qui reste très incomplet… S'il vous plait, alcoollegues bouilleurs ambulants, prenez un instant pour vous manifester, merci !

Arnica 5 CH : Faites-le vous-même (et en vacances) !



L'été dernier, lors d'un petit voyage en camping en Suisse, l'arnica était en fleurs. C'est une fleur magnifique et j'ai eu envie d'en faire ma dilution homéopathique (notre fille d'un an apprenait alors à marcher…).


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Nous étions en camion, le laboratoire se composait d'un pot de yaourt en verre avec son couvercle à vis, vide et bien nettoyé, d'une bouteille d'eau-de-vie de prune maison (45°), et d'un tube de granules vierges que l'on trouve dans les pharmacies françaises sous le nom de "saccharum lactis 2 DH ou 2 CH… Ce n'était certes pas assez pour recevoir l'approbation de l'agence du médicament, mais avec un peu de connaissances (que l'on trouve dans l'Organon d'Hahnemann, et dans cet excellent livre ;-) c'était bien assez pour pouvoir sans risques tenter l'expérience !

Voici comment procéder :
1. La teinture : Mettre quelques fleurs dans l'alcool (pour ceux qui seraient rassurés par des indications précises, disons que l'on met les fleurs dans le flacon, moitié plein, et on ajoute l'alcool jusqu'au niveau des fleurs).
Quelques heures, ou quelques jours plus tard, la teinture est prête : il ne reste plus qu'à diluer.

2. Verser la teinture par terre (oui, vous avez bien lu…). Le flacon est resté humide, remplissez-le d'une centaine de gouttes d'alcool, c'est-à-dire d'un fond d'alcool (toujours la prune si vous n'avez pas autre chose !), refermez le flacon pour le secouer vigoureusement 100 fois en le tapant fortement sur une bible écrite en caractères gothiques reliée cuir (c'est mieux, mais on peut s'en passer si l'on ne dispose pas de cet accessoire dans son matériel de camping). Votre "Arnica 1 CH" est prêt, il ne vous reste plus qu'à le verser par terre lui aussi (oui oui, vous avez bien lu…).
Refaites le plein d'une centaine de gouttes de prune (à vu de nez, ça fait une dose de schnaps pour un petit buveur) et retapez le tout encore 100 fois : votre "Arnica 2 CH" est prêt, à retourner à la terre… Continuer jusqu'à la dynamisation du 5 CH (la dynamisation, c'est l'étape ou l'on tape).
Ne jetez pas votre dilution 5 CH : c'est elle que l'on utilise pour soigner les bobos (mais si vous vous êtes emporté et que votre 5 CH est déjà par terre, faites une 6 CH, ça marchera pareil).

3. Vous pouvez maintenant utiliser votre dilution de Arnica 5 CH telle qu'elle : 1 goutte sur la langue, ou sur un sucre avant ingestion. En plus, pour consoler des bobos, une petite goutte d'eau-de-vie, ça peut aussi aider (non, je plaisante, il ne faut pas dire des choses comme ça…).
Personnellement, je préfère la forme de granules. Je trouve ça plus pratique à utiliser, et ma fille aime bien les "dadounes" (mais en fait, je ne sais pas si elle aimerait la forme alcoolisée, je n'ai pas essayé… manque de rigueur scientifique !). Pour ça, je verse le contenu d'un tube de granules vierges (Saccharum Lactis 2 DH, ou 2CH donc) sur une feuille de sopalin que j'ai posée sur un bol pour faire un petit creux, j'imbibe de quelques gouttes et je laisse sécher au soleil. Quand c'est sec, je les remets délicatement dans le tube (de préférence sans les toucher). C'est prêt.

4. Essais. Dans ces domaines, il est inutile d'ergoter sur ce qu'il faut faire, ou ce qu'il est hérétique de faire : il faut essayer.
Si vous n'avez pas d'enfant turbulent en bas âge qui se fait des bobos tout le temps et qui sera votre cobaye, vous devrez essayer vous même sur vous (je plaisante, il faut toujours essayer d'abord sur soi quand on fait ce genre de choses). Choisissez la méthode qui vous conviendra le mieux pour avoir l'occasion de tester l'efficacité de ce remède contre les coups et les chocs. Personnellement, j'attends que la providence m'en donne l'occasion, sans forcer le destin à coups de marteau sur le doigt, mais vous êtes libre de choisir ce qui conviens le mieux à votre sensibilité.
Après l'avoir testé sur moi-même donc, sans d'ailleurs avoir de raisons (je suis devenu sensible à mes préparations homéopathiques), ma fille m'a suggéré par un cri très expressif, et juste après avoir tenté un nouveau pas dans une zone encombrée de la maison, de lui donner 3 granules. Les cris et les larmes ont stoppées dès que les granules de papa étaient dans sa bouche.
Que tirer comme conclusions ? Placebo ? Hasard ? Efficacité extraordinaire ?
Seule l'expérience pure compte…
D'ailleurs l'expérience a été répétée souvent, avec succès.

Il existe de nombreuses préparations du genre que l'on peut se faire soi-même avec du matériel que tout le monde peut avoir chez soi. Cette pratique de la pharmacie homéopathique familiale est assez peu répandue en France, c'est dommage. Je donne quelques applications dans mon livre, mais j'imagine qu'iil y en a beaucoup d'autres que je ne connais pas.

Et vous, avez-vous des recettes similaires ? (donnez-nous vos trucs en commentaires !!!)

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Quelques précisions :

l'homéopathie, comment ça marche ?
J'en sais rien, franchement, je n'en sais rien du tout. Ça ne me gène pas ? Non, pas le moindre du monde, mes granules d'Arnica soignent les bobos, ça me suffit.

Hahnemann (CH) et Korsakov (K) :
La technique présentée ici, le flacon unique, est une variante de la technique hahnemanienne orthodoxe. Elle a été élaboré par Korsakov, médecin militaire et disciple du fondateur de l'homéopathie et a d'ailleurs été reconnue par Hahnemann lui-même. Elle sert habituellement pour les dilutions extrêmement élevées (1000°, 10 000°… 1 000 000°…) mais fonctionne tout aussi bien dans les basses dilutions comme celle-ci. Elle est extrêmement pratique pour l'amateur. C'est ma méthode préférée lorsque j'ai une matière première suffisamment disponible.
Quand j'écris "Arnica 5 CH", selon le procédé donné, je devrais écrire "Arnica 5 CK", mais bon, vous avez compris…

Ces pratiques peuvent-elles être dangereuses pour l'amateur ?
A moins de prendre d'énormes quantités de granules à très basse dilution de matières toxiques (mercurius 3 CH par exemple…), les effets de l'homéopathie ne sont pas dangereux. Il faut être modéré et raisonnable comme pour tout. Il faut toujours tester sur soi-même les remèdes avant que d'éventuellement les donner à ses proches. Il faut aussi se renseigner sur les effets connus des remèdes que l'on fabrique sois-même (Arnica est un remède homéopathique classique). Je ne conseille pas de faire de l'expérimentation pure avec des matières non connues en homéopathie. Il est de toutes façons plus dangereux d'essayer une tisane d'une plante que l'on ne connait pas.
J'ai moins confiance dans bien des médicaments commercialisés que dans mes petites granules maisons (mais ça n'engage que moi…).

Vous vous posez d'autres questions ?
Merci de laisser vos commentaires !

PS. Ma fille adorée me pardonne de lui faire ce protrait injuste : elle est en fait très adroite et n'a presque jamais besoin de mes soins d'urgences !